Louis-philippe beuzelin : « j’ai envie de faire une bonne carriere ici »

Autres informations / 13.01.2012

Louis-philippe beuzelin : « j’ai envie de faire une bonne carriere ici »

Nouveau

visage dans les rangs des jockeys tricolores, Louis-Philippe Beuzelin revient

de loin, au propre comme au figuré. Enfance aux Barbades, apprentissage

remarqué chez Sir Michael Stoute, survie à un terrible accident de voiture.

Portrait d’un talentueux jockey en quête d’un avenir radieux en France.

UN

PARCOURS ATYPIQUE

Natif de

Brest, Louis-Philippe Beuzelin a rapidement quitté la métropole pour la

Guadeloupe avant une installation aux Barbades. C’est là qu’il rencontre le

monde des courses grâce à son père, Jean-Louis, entraîneur, éleveur et

propriétaire sur l’hippodrome de Garrison Savannah. « J’ai monté dans toutes

les Caraïbes, Martinique, Trinidad et les Barbades. C’est alors que Sir Michael

Stoute [originaire de l’île,  ndlr] m’a

demandé si je voulais être apprenti chez lui à Newmarket. Il faut dire que

j’avais monté pour son frère et gagné pour d’autres personnes qu’il connaissait

là-bas. J’ai saisi cette opportunité et y suis resté trois ans et demi. J’ai

obtenu ma première victoire pour ma première monte sur Spy Eye, une pouliche

portant la casaque Niarchos. C’était le 2 août 2008. » À l’âge de 17 ans, tout

sourit au jeune apprenti, placé sous l’aile protectrice de Ray Cochrane,

l’agent de Frankie Dettori, qui ne tarit pas d’éloges sur son protégé.

LE CRASH

ET L’OUBLI

C’est au

cours d’une halte de quatre jours aux Barbades, en instance d’un départ pour

l’Australie durant l’hiver 2009, qu’il connaît un grave accident de voiture

dont il réchappe malgré de sévères blessures. Louis-Philippe revient en

quelques semaines mais l’année 2010 démarre mal. « J’avais été vite oublié. Il

y a eu des progrès en fin de saison. Je montais alors beaucoup pour Brian

Meehan et j’ai gagné le plus grand handicap anglais, le

"Cesarewitch", en selle sur Aaim to Prosper,le 16 octobre. Je suis

alors parti rejoindre Patrick Biancone aux États-Unis, sachant qu’il avait

formé Olivier Peslier, le meilleur jockey du monde. J’y suis allé pour

l’expérience et j’ai beaucoup appris en trois mois. J’ai ensuite participé en

Italie à la Ribot Cup, une compétition réunissant les meilleurs apprentis

d’Europe en février. Il y avait notamment Pierre-Charles Boudot. Cela s’est

très bien passé. J’ai fini deuxième. Toutefois, à mon retour en Angleterre,

rien ne venait. C’était encore une mauvaise saison malgré une première victoire

pour Godolphin et Saeed bin Suroor grâce à Jameel, le 15 septembre à

Pontefract. J’ai eu une franche discussion avec M. Stoute, sur ce que je

voulais faire de ma carrière. J’ai réfléchi et pensé à la France. Mon parrain,

Marc-Antoine Berghracht, est très respecté ici. J’avais travaillé pour Robert

Collet il y a quatre ans et j’ai décidé d’aller chez lui voir comment cela se

passe. »

UN

NOUVEAU CHOIX DE CARRIERE…

Depuis

son retour en France, Louis-Philippe Beuzelin a fait le tour de plusieurs

maisons, avec l’espoir d’en accrocher une. « Après être allé chez Nicolas

Clément pendant deux semaines, j’ai commencé chez Robert Collet début décembre.

Il m’a dit que je montais bien et qu’il m’aiderait. Il faut savoir ouvrir la

bonne porte et fermer la mauvaise et j’espère aller à Cagnes-sur-Mer pour lui.

On verra bien. Mon parrain m’a également trouvé une monte pour Pascal Bary,

Amandara, avec qui j’ai gagné. Depuis, tout se passe bien et je monte pour

plusieurs entraîneurs. J’ai eu la chance de prendre une bonne place pour Madame

Pia Brandt. Elle était ravie de ma façon de monter et m’a dit qu’elle

essaierait de m’utiliser.

… DANS

LA DIFFICULTE

Louis-Philippe

est un garçon motivé et fait face à l’adversité. Bien qu’il ait avec lui

quelques bons appuis pour percer, il est confronté à une nouvelle façon de

monter. « Je n’ai pas d’agent pour l’instant et vais tenter de me faire un nom

par moi-même, que tout le monde sache qui je suis. Les courses sont différentes

de celles en Angleterre. C’est plus tactique. On cache les chevaux pour

préserver leur pointe de vitesse.  C’est

à moi de m’adapter. Je fais mes devoirs, "le papier de la course".

Bien sûr, on vous regarde lorsque vous êtes un nouveau jockey, cela peut

provoquer de la jalousie, mais moi, je n’ai pas la grosse tête. Je dis bonjour

à tout le monde dans le vestiaire et je respecte mes collègues. Mon expérience

en Angleterre m’a permis de rencontrer les meilleurs jockeys français quand ils

venaient monter les Grs1. C’est à leur côté pour l’instant que je suis le plus

à l’aise. »

LE DESIR

DE REUSSIR

Installé

chez son parrain, Louis-Philippe Beuzelin savoure un moral retrouvé: « La vie

est plus facile ici pour un jockey. On a moins de trajets à faire à la

différence de l’Angleterre. Les dotations sont meilleures, c’est intéressant

pour une carrière. Outre-Manche, j’étais en haut du monde avant de n’être plus

personne trois mois après mon accident. C’était beaucoup de travail de se

remettre sur pied. Je croyais que c’était fini. La décision de partir, tout ce

que je fais actuellement, est positif. Bien sûr, je dois tout prouver. Je suis

comme un petit poisson dans un grand bocal ! Mais je monte avec beaucoup plus

de confiance. L’expérience dans la Ribot Cup, à Pise, en Italie, m’a également

fait beaucoup de bien. J’ouvre mes yeux et mes oreilles, j’adore apprendre. Je

travaille tous les matins pour Monsieur Collet, que je respecte beaucoup et

cela se passe bien. J’adore la France ! Un changement comme celui-là, c’est

aussi bien qu’une bonne sieste. »