Petite histoire de la greve "hippique" au galop en france

Autres informations / 13.01.2012

Petite histoire de la greve "hippique" au galop en france

15 mai

2011 : LA DER DES DER

Grève

des guichetiers de l’hippodrome de Longchamp. Le mouvement n’aura duré que le

temps de la première course. Ce blocage a eu lieu suite à l’agression d’un

guichetier par un turfiste mécontent.

 

25 mai

2010 : EQUIDIA PRISE EN OTAGE

La

chaîne Equidia cesse brutalement d’émettre. Chacun triture nerveusement son

décodeur, mais rien n’y fait. On apprend rapidement que ses locaux ont été

envahis par une centaine de manifestants – syndicalistes de la filière hippique

(France Galop, Cheval Français, P.M.H., G.T.H.P., PMU, etc.). Après une journée

de tractations, les preneurs d’antenne vident les lieux. Depuis, Equidia s’est équipée

d’une entrée plus sécurisée. Sur le fond, cette grève est intéressante. Car,

pour la première fois, les grévistes n’interviennent pas sur l’hippodrome mais

dans un lieu beaucoup plus stratégique. À l’heure des réunions multiples, le

blocage d’un hippodrome ne suffit plus à perturber la recette ; d’où le choix

de bloquer Equidia, qui "est" en quelque sorte tous les hippodromes à

la fois. En ce 25 mai 2010, l’effet de surprise a pleinement joué en faveur des

grévistes.

 

24 juin

2001 : COURSES À LONGCHAMP ET AUTEUIL LE MÊME JOUR

Grève

des guichetiers de Longchamp un dimanche de Grand Prix de Paris…Les courses

vont-elles avoir lieu ? Non, car les parieurs – furieux de cette incertitude–

envahissent la piste. La réunion du Grand Prix est repoussée deux jours plus

tard. Chichicastenango s’impose quasiment à huis clos : privés de la

possibilité de parier, les turfistes avaient boycotté Longchamp et l’hippodrome

était vide. Voilà qui en dit long sur l’attractivité de notre "sport"

dès qu’il n’est plus un jeu d’argent. En ce même mardi, la réunion PMU

"normale" a lieu sur l’hippodrome d’Auteuil. C’est d’ailleurs la

seule fois, de toute l’histoire des courses françaises, qu’une réunion est

organisée le même jour à Auteuil et à Longchamp. Mais qui sait ? Avec l’explosion

des réunions dites "premium" et un bon système d’éclairage dans le

cadre du nouveau Longchamp, on y reviendra peut-être : diurne à Auteuil et

semi-nocturne à Longchamp. Il n’y aura plus, alors, qu’à louer des patins à

roulettes et des trottinettes aux turfistes pour leur permettre de traverser le

bois de Boulogne…

 

ET PLUS

LOIN DANS LE PASSÉ

1991 :

HALTE AU PILLAGE DES IMPAYÉS

Le 8

juin 1991, les socioprofessionnels unis (éleveurs, propriétaires, entraîneurs

et jockeys) conduisent à l’annulation du Tiercé du jour. Ils protestent contre

la volonté de l’État de préempter, sans concertation préalable, les 4/5e du

fonds des paris PMU impayés. Les discussions sont ouvertes avec l’État et elles

dépasseront largement le cadre des impayés, puisque ce sont elles qui mèneront,

après des mois de négociation, à la création d’une société-mère unique pour le

galop français.

1975 :

LA PLUS CÉLÈBRE

Grève

des lads le jour du Prix de Diane (Gr1). La réunion est annulée et jamais

recourue. L’événement inspire à Joyeux le dessin ci-contre.

 

1906 :

L’ÉMEUTE ADOUBE UN "ROMANET"

Les

turfistes, en rage après une arrivée mouvementée, incendient les baraquements

du pari mutuel à Longchamp. L’émeute s’affiche à la Une des plus grands

journaux de l’époque. Et un journaliste se fait particulièrement remarquer par

la qualité de son analyse : son nom est Maurice Romanet. Quelque temps plus

tard, il est recruté à la Société d’encouragement, car le vicomte d’Harcourt ne

veut pas passer à côté de ce garçon qui lui semble intelligent. Jusqu’à Louis

Romanet, la famille servira l’Institution. Un bail de cent ans déclenché par

une série d’articles de presse ! Malgré ce grand succès pour les courses

françaises,  l’expérience n’a plus été

renouvelée. Aujourd’hui, on ne transforme plus les citrouilles en carrosses… et

France Galop ne propose plus aux éditorialistes qui se sentent un peu concernés

par l’avenir des courses de prendre en charge une mission – grande ou petite –

au sein de l’Institution. O tempora o mores*, comme disaient nos ancêtres les

Romains.

* Autres

temps, autres moeurs.

À ce

sujet, Guy Thibault nous a confié un article inédit, dont voici un extrait :

« [Les]

observations [de Maurice Romanet] ayant été particulièrement remarquées, il est

chargé de rédiger le rapport final dont la teneur plaît au président des

assemblées [d’éleveurs], le vicomte d’Harcourt. Il n’est pas seulement un

important éleveur mais aussi le vice-président de la Société d’encouragement et

propose alors à Maurice Romanet de mettre ses compétences au service de la

société-mère des courses plates. Celle-ci n’ignore pas qu’elle risque d’être

une des cibles d’un organisme nouvellement créé par l’État, le comité

consultatif permanent des courses. Comme elles seraient précieuses pour la

Société, les multiples connaissances du jeune Romanet ! Il accepte l’offre.

Adieu les Contributions, la vie au grand air, l’écurie de courses ! Le 1er

avril 1907, Maurice Romanet s’installe dans un bureau 3, rue Scribe comme

secrétaire général adjoint à Georges Madeleine, titulaire du secrétariat depuis

1883. Du sang neuf s’infiltre dans la vénérable Société fondée en 1833. »