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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Les crédos de fabrice chappet

Autres informations / 25.02.2012

Les crédos de fabrice chappet

Avec un

effectif d’une quarantaine de chevaux, et sans l’aide de grandes casaques, si

ce n’est celle de Gérard Augustin-Normand, Fabrice Chappet enregistre chaque

année un taux de réussite élevé. C’est aussi un fidèle du meeting de

Cagnes-sur-Mer, où il n’hésite pas à amener ses meilleurs éléments, à l’image

de Sant’Alberto (Colossus), qui disputera samedi le Grand Prix du Conseil

général des Alpes-Maritimes (L).

JOUR DE

GALOP - VOUS PARTICIPEZ CHAQUE ANNEE AU MEETING DE CAGNES-SUR-MER. POUR QUELLES

RAISONS ?

Fabrice

Chappet - Les chevaux de petite et moyenne catégories trouvent les mêmes

opportunités de courir l’hiver à Cagnes que le reste de l’année. Je préfère les

courir quand ils sont en forme plutôt que leur imposer un break hivernal. Bien

entendu, les chevaux ne peuvent pas être "au top" douze mois sur

douze, mais il est plus judicieux de leur accorder une période de repos quand

ils en éprouvent le besoin,  par exemple

en juin ou juillet, lorsque la décentralisation leur fait traverser la France au

moment des fortes chaleurs. En outre, le bilan de Cagnes ne se tire pas au 25

février, mais plutôt en avril. Il n’est pas rare que les chevaux ayant effectué

le meeting de Cagnes profitent de leur forme pour gagner en région parisienne,

face à des chevaux moins affûtés.

VOUS

PARLEZ DE CHEVAUX DE PETITE ET MOYENNE CATEGORIES, MAIS VOUS FAITES EGALEMENT

COURIR SUR LA COTE D’AZUR VOS MEILLEURS REPRESENTANTS…

La

P.S.F. de Cagnes est l’une des meilleures françaises. Elle est très bien

entretenue et toujours de qualité égale. Je préfère donc courir mes bons 3ans

sur cette piste plutôt que sur les terrains alourdis de fin de saison. Le fait

de ne pas courir les 3ans pendant l’hiver appartient à la culture hippique

européenne, car il y avait autrefois très peu de courses à cette période, mais

aux États-Unis, où j’ai eu la chance de travailler, les entraîneurs n’hésitent

pas à courir les meilleurs jeunes chevaux dans les meetings en Californie ou en

Floride. Il est évident, cependant, que si l’on a un cheval pour les classiques

de juin, ce n’est pas l’idéal del’avoir déjà "au top" en février.

SANT’ALBERTO

DISPUTERA SAMEDI LE GRAND PRIX DU CONSEIL GENERAL DES ALPES-MARITIMES (L).

COMMENT EVALUEZ-VOUS SA CANDIDATURE ?

Pour sa

rentrée, et ses débuts sous mon entraînement, le cheval s’est imposé dans la

première préparatoire. Il est beaucoup monté en condition sur cette course, et

essaiera de profiter de sa forme pour remporter la première Listed de sa

carrière. Il en a les moyens.

CETTE

LISTED EST AUSSI LA PREMIERE ETAPE DU DEFI DU GALOP. QUE PENSEZ-VOUS DE CE

GENRE DE "CHALLENGE" ?

Ce type

de "challenge", avec un bonus à la clé, est très intéressant, tant

par son côté médiatique que par son aspect sportif. Il permet de motiver

entraîneurs et propriétaires et fait découvrir notre sport aux

non-initiés.  De tels

"challenges" sont plus fréquents à l’étranger qu’en France. Ils

permettent de créer un véritable engouement autour des acteurs des courses, que

ce soient les chevaux ou les hommes.

PARMI

VOS AUTRES BELLES VICTOIRES DU MEETING, ON RETIENDRA AUSSI CELLE DE LORD

SINCLAIR…

C’est un

poulain que j’ai toujours estimé, et j’ai préféré le débuter ici, sur une bonne

piste. Il a gagné, comme nous l’espérions, face à des poulains déjà

expérimentés, ce qui n’est jamais évident. Il est possible qu’il dispute

maintenant le Prix Montenica (L), à Deauville, pour le laisser sur la surface

et la distance de ses premiers pas.

VOUS

AVEZ ACHETE LORD SINCLAIR, COMME PARIS VEGAS, LAUREAT DU POLICEMAN (L) IL Y A

DEUX ANS, ET D’AUTRES ENCORE, AUX VENTES DE KEENELAND. POURQUOI ALLER ACHETER

DES CHEVAUX AUX ETATS-UNIS ?

Lord

Sinclair, qui a été élevé par la famille Morange, est le seul poulain que j’ai

acheté à Keeneland en 2010. On trouve de bons chevaux partout, en

Grande-Bretagne, en Irlande, aux États-Unis et, bien sûr, en France. L’intérêt

des ventes de Keeneland, c’est le nombre de yearlings présentés. Ils sont

environ cinq mille, soit dix fois plus qu’à Deauville au mois d’août. Cela

permet d’acheter des poulains avec du modèle et du papier, à des prix

intéressants. Il est certain que, dans le but d’une revente ultérieure, les

papiers des chevaux sont très commerciaux.

VOUS

PARLEZ DE VENTE DE YEARLINGS… LES DERNIERES EDITIONS DES VENTES FRANÇAISES ONT

MIS EN EVIDENCE LE MANQUE D’INVESTISSEURS FRANÇAIS. COMMENT L’EXPLIQUEZ-VOUS ?

Les

propriétaires ont les moyens d’avoir un certain nombre de chevaux à

l’entraînement. Tant que leurs chevaux d’âge gagnent leur vie, ils n’ont pas

intérêt à investir dans des yearlings, étant donné la configuration du

programme des courses françaises. Je suis pour un retour sur un investissement

plus rapide, et je le dis de façon d’autant plus détachée que j’ai une majorité

de chevaux de petite valeur dans mon effectif. Cependant, je pense qu’il faut

avoir une vision globale pour tendre vers un idéal.

LES

CHEVAUX AMERICAINS SONT REPUTES POUR APPRECIER LES PISTES SYNTHETIQUES. NE

SOUHAITERIEZ- VOUS PAS VOIR PLUS D’EPREUVES DE SELECTION SUR CE GENRE DE

SURFACES DANS NOTRE PROGRAMME ?

Il est

vrai que ces chevaux aux origines américaines sont à l’aise sur les pistes

fibrées, mais je pense que tous les chevaux vont sur le gazon, à partir du

moment où celui-ci est de bonne qualité. Pour en revenir aux courses sur

P.S.F., il me semble que les bonnes épreuves se développeront naturellement sur

cette surface et qu’il n’y a pas lieu de précipiter les choses. Avec

l’accroissement de l’offre, la qualité va s’améliorer d’elle-même. La création

de bonnes courses sur les pistes synthétiques sera alors toute naturelle.