Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Paulin de sourniac, un anglo face aux purs…

Autres informations / 05.02.2012

Paulin de sourniac, un anglo face aux purs…

Si la

candidature de Malberaux (Michel Georges), en quête d’une passe de quatre dans

le Prix Gaston de Bataille (L), attire tous les regards, celle de Paulin de

Sourniac (Zeffir) ne peut être passée sous silence. En effet, le petit alezan,

qui défend les couleurs de Mme Pierre Nicolle et qui est entraîné par son fils,

François, est le seul « anglo-arabe » à défier les pur-sangs ou les AQPS dans

ce Grand Cross de Pau. Comme beaucoup des représentants de sa race, il montre

une agilité et une intelligence peu commune sur l’obstacle. Paulin de Sourniac

compte en effet 26,81 % de sang arabe dans ses veines, et à ce titre, il est

enregistré au stud-book de l’anglo-arabe. Ce dernier regroupe les anglo-arabes,

c’est-à-dire les produits ayant au moins 25 % de sang arabe, et les

anglo-arabes de complément, qui ont moins de 25 % de sang arabe et ne sont pas

inscriptibles au stud-book AQPS. Si les “AC” ont suffisamment de classe de plat

pour rivaliser en obstacle avec les purs ou les AQ (comme Monpilou (Saint des

Saints), anglo de complément avec 14,07 % de sang arabe), il est plus rare que

les  “AA” réussissent à les devancer. On

se souvient pourtant que Choum (Faucon Noir), anglo à 29,1 % provenant de

l’élevage d’Olivier Delègue, avait gagné le Prix Chinco, sur le steeple

d’Auteuil, et s’était même imposé sur les haies à Paris. Choum, qu’entraînait

Guillaumre Macaire, est le frère de Garde Champêtre (Garde Royale), “AC” lui,

mais vainqueur de Groupe outre-Manche.

UNE RACE

POLYVALENTE

Si

Paulin de Sourniac n’a jamais battu les “purs” à Paris, il a toutefois gagné le

Steeple-Chase National des Anglo-Arabes, la seule course réservée aux anglos

qui se dispute en région parisienne, à Enghien. Il a aussi gagné sur le cross

palois, avec 74 kilos sur le dos, sans parler de ses nombreuses victoires à

Pompadour, le berceau de la race. Lui est né un peu plus loin, dans le Cantal,

chez Simone et Michel Larroumets, qui sont installés à Sourniac, d’où l’affixe

du cheval. Ils sont également éleveurs de sa deuxième mère, Suzana Look

(Florestan II), qu’ils ont croisée avec Quart de Vin pour donner Jalousie

Sourniac, la mère de Paulin. L’une des aïeules de l’alezan se nomme Brillante

(Noveldo). Cette Brillante a donné des produits qui ont brillé aussi bien en

courses qu’en sports équestres (complet, CSO et dressage). La polyvalence est

en effet l’une des particularités de l’anglo-arabe. Les mêmes courants de sang

s’illustrent sur les hippodromes comme sur les terrains de concours, quand ce

ne sont pas les mêmes chevaux ! David de la Brunie (Fairyland) a par exemple

couru à très bon niveau en plat, avant de se reconvertir avec succès en complet

où il s’est illustré au niveau international. Zeffir (Cyborg), le père du

cheval, a remporté quatre courses, dans le Prix du Ministère, qui sert de

course de sélection aux reproducteurs potentiels. Zeffir a pour mère une fille

de Manganate, chef de race dans la race arabe. C’est à cet ascendant que

l’étalon doit ses 25 % de sang arabe. Un peu passés de mode à présent, les

anglo-arabes n’en demeurent pas moins incontournables dans les courses

d’obstacle. On les retrouve d’ailleurs dans les pedigrees des quelques-uns des

meilleurs steeple-chasers d’Auteuil. Bipbap (Dom Pasquini), qui a fait briller

l’élevage de Pierre de Mayleissie-Melun et les couleurs Détré au plus haut

niveau, descend en effet, comme son frère Azertyuiop, d’une jument arabe,

Kristine II, sa cinquième mère… Cet exemple est loin d’être le seul, et

dimanche, c’est tout l’honneur de tout un élevage, celui de l’anglo-arabie, que

Paulin de Sourniac défendra…

AUX

ORIGINES DE PAULIN DE SOURNIAC

éleveur

de Paulin de Sourniac, Michel Larroumets nous a raconté l’histoire du cheval et

de sa famille… Une famille qu’il connaît bien puisqu’elle est présente chez lui

depuis trois générations. « La troisième mère de Paulin, Iluq de Fondelyn

(Thailand), était une "anglo" à 50 %, qui battait les 25 % en plat.

C’était donc une très bonne jument, et même si elle aurait pu sauter, j’ai

préféré qu’elle devienne poulinière pour ne pas prendre de risques. Je l’ai

croisée à Florestan II, qui faisait la monte à Gelos, et elle m’a donné Suzana

Look, la grand-mère de Paulin. Avec elle, je suis allé à la saillie de Quart de

vin, à Cercy-la-Tour, sur les conseils de l’ancien directeur du haras

d’Aurillac. C’est de ce croisement qu’est née Jalousie Sourniac, qui a gagné le

Grand Steeple des 4ans à Pau. Elle ne m’a donné que deux produits, avant de

mourir de coliques. Le premier, c’est Paulin et, ensuite, elle a produit Queen

de Sourniac, également gagnante en courses et que j’ai gardée à l’élevage. Elle

est suitée de Fragrant Mix et est pleine de ce même étalon. Je suis resté

fidèle à Cercy, où j’ai beaucoup d’amis éleveurs. » Michel Larroumets, qui

veille sur huit chevaux dont deux poulinières, Queen de Sourniac et Rocky Star

Sourniac (Vidéo Rock), une soeur de Jalousie Sourniac, ne sera pas à Pau

dimanche. Dans le Cantal, il fait près de –15°C, et ce passionné préfère rester

près de ses animaux… Mais il suivra avec attention la prestation de son

protégé. « Si on est quatrième ou cinquième, ce sera déjà très bien. Vous vous

rendez compte, face aux purs ! »