Calas, le centre névralgique du sud-est

Autres informations / 31.03.2012

Calas, le centre névralgique du sud-est

Après la

découverte du C.R.G.O. (Centre Régional du Galop de l’Ouest), à Senonnes, nous

vous proposons la suite de notre série sur les centres d’entraînement de

province, avec celui de Calas-Cabriès.

Situé

entre Aix-en-Provence et Marseille, le centre d’entraînement de Calas-Cabriès

fournit la majorité des partants du Sud-Est, mais les entraîneurs installés sur

place n’hésitent pas à se déplacer dans toute la France. Le centre a d’ailleurs

déjà donné des gagnants de Groupe à Paris. Jacques Deshayes est le responsable

des lieux. Directeur technique du G.T.H.M. (Groupement Technique des

Hippodromes Marseillais), en charge du centre de Calas, il est arrivé sur place

en novembre 1975 et a vu le complexe se construire en totalité.

JDG :

POUVEZ-VOUS RETRACER L’HISTORIQUE DU CENTRE DE CALAS ?

Jacques

Deshayes : Le centre de Calas appartient à la Société hippique de Marseille,

qui gère également les deux hippodromes de Vivaux et Borély. Jusqu’en 1980, les

galopeurs étaient entraînés à Borély. Dans les années 1970, les deux sociétés

de courses de Marseille ont acheté ensemble cet espace de cent hectares. Les

pistes ont été construites en 1975, puis les boxes, entre 1978 et 1981, et les

premiers chevaux se sont installés au printemps 1980.

QUELLE

EST LA CAPACITE DU CENTRE ?

Nous

avons 660 boxes, qui sont occupés à 95 %. Depuis fin 2008, le taux de

remplissage est élevé, après avoir connu une baisse un peu avant, où nous

avions 20 % de boxes vides. Vingt-quatre entraîneurs sont locataires d’écuries

et onze personnes sont employées à plein temps sur le Centre. La taille moyenne

des écuries est d’une trentaine de boxes, mais quelques entraîneurs, comme

Jean-Marc Capitte, Frédéric Rossi ou encore Thierry Larrivière, ont des

effectifs plus élevés. Des entraîneurs installés à côté du Centre utilisent

également nos pistes. Cela correspond à une centaine de chevaux. Nous ne

pouvons pas en accueillir plus, sinon les pistes seraient surchargées…

DE QUEL

OUTIL DE TRAVAIL BENEFICIENT-ILS ?

Nous

avons plusieurs pistes en sable de silice, provenant de carrières situées au

pied du Mont Ventoux. La piste extérieure fait 3.300 mètres de tour. Deux

herses passent en continu. Nous avons également une piste de trotting qui fait

la même taille, et une en mâchefer, qui sert à marcher les chevaux. La piste en

gazon s’étend sur douze hectares. On l’utilise deux fois par semaine, les

mercredis et samedis. On peut travailler sur 1.600 mètres ou bien plus, grâce à

un anneau de 1.200 mètres. Enfin, nous avons un anneau en sable de 1.200

mètres, constitué d’une piste plate, d’une piste de haies et d’une piste de

steeple. À l’extérieur, nous avons réalisé à l’automne 2009 une P.S.F. de 1.250

mètres de tour, sur cinq mètres de large, en même temps qu’a été créée la

P.S.F. de Vivaux. Nous maintenons l’activité "obstacle" bien que nous

n’ayons plus qu’une quarantaine de sauteurs sur le Centre.

CETTE

P.S.F. ETAIT-ELLE INDISPENSABLE DANS VOTRE REGION?

Nous

sommes dans une cuvette, et il peut faire très froid. À présent qu’il y a des

courses toute l’année, la P.S.F. était indispensable pour travailler les

chevaux 365 jours par an, car la piste en sable gelait régulièrement. C’est

aussi pour cette raison que, l’hiver, nous arrosons au minimum. Du coup, la

piste en sable peut devenir un peu pénible, mais c’est une contrainte

nécessaire.

LE

CENTRE NE SE RESUME PAS AUX ECURIES ET AUX PISTES…

Non, en

effet, nous offrons également des logements pour le personnel des écuries.

Comme l’immobilier est très cher sur la région de Calas, nous avons construit

des studios et des appartements dans les écuries, ainsi qu’un bâtiment avec

dix-sept appartements T1 ou T2. De plus, un centre de l’A.F.A.S.E.C., avec un

internat, est installé à Calas. Les anciens élèves fournissent la très grande

majorité des employés (cent jeunes) des écuries. Le Centre propose une dizaine

de villas et un foyer de jeunes travailleurs, avec une vingtaine de chambres.

LES

ECURIES ONT PLUS DE TRENTE ANS. AVEZ-VOUS DES PROJETS DE REHABILITATION ?

Les

bâtiments sont amiantés et ont mal vieilli. Nous avons "démonté" une

écurie de vingt-quatre boxes, qui servira en quelque sorte de laboratoire. Il

nous faut trouver le bon équilibre financier, car le coût d’une telle

réhabilitation est élevé. Néanmoins, elle est indispensable, ne serait-ce que

pour se mettre aux normes de sécurité. Cette première étape sera terminée fin

avril. Ensuite, il faudra trouver les fonds pour continuer la réhabilitation.

 

L’AVIS

DES ENTRAINEURS INSTALLES SUR PLACE

DANIEL

RABHI : « LES ECURIES ONT BESOIN D’ETRE REHABILITEES»

Daniel

Rabhi entraîne une trentaine de chevaux à Calas, après avoir exercé à

Maisons-Laffitte. S’il est venu s’installer dans le Sud, surtout pour la

qualité de vie dont il bénéficie, il déplore l’architecture des écuries : « Les

écuries ont un grand besoin de réhabilitation. Elles ont été construites à la

fin des années 70 et ne sont ni très fonctionnelles, ni esthétiques, ni

conformes aux règles de sécurité. Elles ressemblent un peu à un camp militaire

! C’est dommage, car le centre est situé en pleine nature, et ces bâtiments

dénaturent la beauté du cadre. En revanche, les pistes sont très correctes, et

même si elles pourraient être bien entretenues, on peut y entraîner de bons

chevaux. De plus, nous sommes bien placés, avec de nombreux hippodromes à

proximité, et nous pouvons également rayonner dans toute la France. »

 

MICHEL

GENTILE : « DES AMELIORATIONS EN COURS »

Michel

Gentile connaît parfaitement le centre de Calas, qu’il a vu évoluer depuis des

années. « Je pense que la nouvelle génération d’entraîneurs qui s’est installée

va permettre de faire bouger les choses et d'améliorer le centre. Évidemment,

les écuries, qui sont amiantées, ont besoin d’être réhabilitées. Mais les

pistes sont formidables, avec une vue magnifique sur la Sainte-Victoire, et je

n’aurais pas envie d’entraîner ailleurs. On a progressé au niveau de la

sécurité, grâce à la création d’allées cavalières et à l’interdiction de

circuler pour les camions jusqu’à 11 h 30. En revanche, nous sommes

obligatoirement locataires des boxes, et c’est toujours mieux de pouvoir

acheter son écurie. »