Cravache, le debat : les réactions s’enchaînent

Autres informations / 26.03.2012

Cravache, le debat : les réactions s’enchaînent

Dans

notre édition de samedi, Alain de Royer Dupré nous a fait part de ses

propositions pour une nouvelle utilisation de la cravache. L’entraîneur

cantilien a ainsi ouvert le débat et, en réaction à ses suggestions, nous avons

reçu de nombreuses réponses. Nous les publierons toutes dans les prochains

jours. Après les premières réactions publiées dimanche, voici les suivantes.

 

MARIE-GEORGES

LAVAURS

« Enfin

! Un entraîneur médiatisé propose de bonnes conditions d'utilisation de la

cravache. J’en ai déjà parlé à Brigitte Bardot qui est intervenue pour Auteuil

il y a quelques années mais cela semble stagner, et elle disait que le milieu

semblait bien fermé. Vous avez vu dans quel état rentrent les chevaux

d'Auteuil, avec trois vétos pour palier à leurs malaises tant le coeur est

poussé à outrance!! Je suis entraîneur et ne supporte pas ça ! IL FAUT

INTERDIRE L'UTILISATION DE LA CRAVACHE AVANT LE SAUT DE LA DERNIÈRE HAIE et

trois coups après. Le spectacle à Auteuil est insupportable. Je vote donc à 200

% pour que M. Alain de Royer Dupré soit écouté, les courses s'en porteraient

bien mieux car les jockeys ne respectent même plus les chevaux qu'ils montent

et qui sont leur gagne-pain, car ils sont trop protégés socialement et auront

toujours leurs salaires en fin de mois, ce qui n' est pas le cas des

entraîneurs, ni des propriétaires, qui investissent énormément d'argent dans

les pensions et achats de chevaux, sans compter les pauvres éleveurs qui ont

investi, souvent, plus d'argent et de temps qu'ils ont réellement et qui vont

voir leur jument mourir sur une haie d'épuisement et voir leurs espoirs

éventuels de poulinière s'évanouir en une seconde. Et de toute façon, les

parieurs ne sont pas dupes et se feront très bien à cette nouvelle loi car

seuls les meilleurs et les mieux entraînés seront à l'arrivée et pourront

courir plus souvent car moins fatigués et avec beaucoup plus d’entrain pour

lutter car les courses ne deviendront plus un signe de torture ! J'ai récupéré

un cheval comme ça qui ne voulait même plus aller à la piste tellement il

souffrait de partout et au bout d'un an de soins, il adorait courir et luttait

sans cravache pour la gagne. J’espère de tout coeur que cela sera appliqué très

vite ! »

 

PATRICK

MOINIER

«

L'essentiel, à mon avis, est dans l'idée que chaque jockey s'est forgé lui-même

de l'utilité de la cravache :

- une

"aide" pour donner un ordre, donner le top, indiquer un moment, et

accompagnée chaque fois de l'action de "monter"

- ou

bien un moyen d'appliquer une sanction, ou une punition pour indiquer au cheval

qu'il est de mauvaise volonté, et lui faire produire l'effort qu'il n'aurait

pas fait seul.

Dans les

deux cas, l'usage que chaque jockey fait de sa cravache est issu de sa

formation, et pour le cheval, le ressenti vient de l'entraînement. La formation

des jockeys, y compris la monte à l'entraînement,  et la qualité de l’entraînement des chevaux

seront toujours essentielles, et en particulier l'intérêt d'apprendre

l'impérieuse nécessité de "monter" fort pour bien finir une course,

ce qui fait la beauté d'une arrivée, et ce que jamais l'usage de la cravache ne

remplacera. Les règlements, toujours plus, compter les coups de cravaches,

NEUUUUFFF... Mais je rêve ! Encore un abus, mais que fait la Police ? L'usage

abusif et violent de la cravache quelquefois est sûrement vécu durement par le

cheval, mais davantage psychologiquement que physiquement. Il sert surtout à

rassurer le jockey, et à celui-ci de convaincre son entraîneur et le

propriétaire qu'il a fait de son mieux. Mais il produit une image négative de

violence qui est perçue douloureusement par nombre de spectateurs, et qui est

préjudiciable à l'image globale des couses. 

Je reste convaincu que la cravache ne "fera" jamais la course,

parce que j'ai une trop haute opinion des jockeys. Que "l'aide" qu'est

la cravache doit être maintenue. Et que la réponse est dans un usage différent

de la cravache et dans une conception différente. Je suis convaincu que la

cravache devrait être de longueur plus réduite, et être utilisée sur l'épaule

du cheval sans quitter les rênes, et que le reste n'est qu'une question de

formation, d'entraînement, et de volonté des jockeys et des chevaux. Je suis

convaincu que les modifications à apporter à l'usage de la cravache doivent

être issues d'une réflexion réunissant les jockeys, France Galop, et les

professionnels de l'entraînement. L'établissement des normes de conception des

cravaches revenant évidement à France Galop, et celles-ci seront les seules

admises sur les hippodromes. »

 

MICHEL

GAUTIER

« La

proposition d’Alain de Royer Dupré me semble une évidence. Il y a longtemps que

ce mode de jugement me paraissait incomplet. La parade est aisée, pour un coup

ou deux de bâton en trop, on prend la gagne. Les comptes sont vite faits et on

s’arrange après pour l’amende. Peut-être faudrait-il prendre en compte les

distances à l’arrivée pour distancer ? Bonne idée. »