Cravache, le debat : vos premieres reactions ont ete nombreuses !

Autres informations / 25.03.2012

Cravache, le debat : vos premieres reactions ont ete nombreuses !

Dans notre

précédente édition, Alain de Royer Dupré nous a fait part de ses propositions

pour une nouvelle utilisation de la cravache. L’entraîneur cantilien a ainsi

ouvert le débat et, en réaction à ses suggestions, nous avons reçu de

nombreuses réponses. Nous les publierons toutes dans les prochains jours. Ce

dimanche, nous en publions une première partie.

 

GILLES

BARBARIN

Complètement

d'accord avec Alain de Royer Dupré. D'ailleurs, lors d'une rencontre

commissaires– journalistes, en 2010, j'ai soumis cette évolution à MM. Alain de

Kermadec et Jean-Pierre Colombu, en même temps que d'autres suggestions

(obligation pour les jockeys de soutenir leurs partenaires jusqu'au poteau,

sous peine de figer la situation sur l'échelle des valeurs, demande d'explication

systématique en cas de contre-performance d'un cheval avec visite véto...). Ils

ont été attentifs mais n'ont pas donné suite. Pourtant, quelques exemples

flagrants existent : la lutte Darjina – Finsceal Beo dans une Poule d'essai des

Pouliches tourne à l'avantage de la première nommée après que Christophe

Soumillon a dépassé le nombre de coups autorisés. Deuxième exemple : la

victoire de Confidential Lady dans le prix de Diane (coups de cravache

supérieurs à trente). Ceci peut avoir une importance réelle sur la valeur d'un

futur étalon. Imaginez que dans une "Poule d'essai des Poulains" ou

un "Jockey-Club", un poulain soit devancé d'un nez par un autre

auquel son jockey aurait administré un nombre de coups de cravache supérieur à

celui autorisé par le code. Certes, la sanction peut paraître disproportionnée

par rapport à la faute, mais ne l'est-elle pas lorsqu’un jockey se pèse avec

quelques grammes en moins et voit son partenaire distancé? À la différence que

le distancement pour problème de poids est ancré dans les esprits depuis

longtemps... Alors, oui, oui et oui pour une réforme dans ce sens pour

l'utilisation de la cravache.

 

GERALDINE

ET DIDIER BOUQUIL

Le mot

est lâché : « ... la cravache peut être comparée au dopage... » Donc, si l’on

autorise un peu de "cravache", je pose la question suivante : Peut-il

y avoir un peu de dopage?... La cravache est l’arbre qui cache la forêt des

chevaux qui ont l’autorisation de courir tous les trois jours. On constate que

le jockey d’un cheval qui a peu couru dans son année peut se voir sanctionné...

pendant que d’autres s’adonnent à des cadences infernales, en restant dans les

“clous” de la cravache. Rigolons un peu : 8 coups de cravache = gentil jockey,

9 coups = méchant jockey... chez les commissaires. Le même débat existe : pour

ou contre la pénalisation de la fessée... imaginez un instant la règle : 1

claque sur les fesses tous les jours = gentils papa et maman 2 claques sur les

fesses de façon occasionnelle .... "chez m’sieur le juge !" Un cheval

qui court dix fois dans son année, alors que son voisin se présente vingt fois

au départ, fera l’économie de quatre-vingts coups de cravache! Quand messieurs

les handicapeurs n’ont plus d’argument, vous vous entendez dire : « Courez,

vous serez baissé... » Ceci, bien évidemment, avec la sacrosainte bénédiction

de France Galop : « Vous pouvez courir tous les trois jours... mais doucement

le bâton !!! »

ATTENTION

A L’"USAGE ABUSIF DU RIDICULE"

Donc,

avec la bénédiction de France Galop, certains entraîneurs font un "usage

abusif des stalles de départ" en toute impunité !!! Otez-moi d’un doute,

M. de Royer Dupré, c’est bien le cheval que l’on veut protéger... en priorité

???!!! dans ce débat faussé à la base, je propose une mesure d’urgence : un

minimum de dix jours entre chaque course avec un maximum de quinze courses dans

l’année (dix pour les 2ans.) Il y aura toujours quelques usages abusifs de la

cravache... mais de la fatigue et du stress en moins et, surtout, des milliers

de coups de cravache évités. C’est le but... non ?!

 

DANIEL

LAHALLE

Mon ami

Royer-Dupré, souvent très judicieux, prend là une position jusqu'auboutiste,

qui serait une occasion de plus pour le parieur de râler à juste titre : après

les chevaux rétrogradés derrière un adversaire gêné, qui passe de la place x à

la place x-1, sans toucher pour autant la moindre allocation, voilà qu'ils

verraient leur cheval passer le poteau premier sans gêner personne et être

rétrogradé ou disqualifié (ARD ne précise pas). Ou, pire encore, qui verrait

son quarté, enfin touché, se volatiliser parce que le quatrième a été cravaché

quatre fois. tout cela ne paraît pas bien raisonnable. À tant faire, on devrait

plutôt interdire totalement la cravache en plat – comme jadis dans certaines

épreuves – ou limiter à un ou deux coups très rapprochés dans la ligne

d'arrivée pour indiquer au cheval que le moment est venu de passer la

surmultipliée. Je regrette que Royer-Dupré, dont j'ai toujours apprécié le

respect des parieurs, ait suggéré une mesure qui serait d'une grande

impopularité. Le parieur a cent façons de ne pas toucher un cheval. Cette cent

unième serait bien indigeste.

 

GERARD

SAMAMA

Propriétaire

depuis la nuit des temps (1963), je suis absolument d'accord avec les

propositions de M. Royer dupré quant à la limitation à trois des coups de

cravache autorisés dans la ligne droite. Pourtant, la motivation qui m'amène

aux mêmes conclusions est absolument différente (comme quoi tous les chemins

mènent à Rome) de son raisonnement. En effet, j'ai toujours considéré qu'un

jockey énergique et poussant aux bras était beaucoup plus efficace que

plusieurs coups de cravache. Mes jockeys témoigneront, et je pense en avoir

utilisé beaucoup plus d'une centaine, que chaque fois que je suis aux ordres je

leur précise que je ne veux pas les voir dépasser ces trois coups et qu'en

poussant aux bras ils obtiendront un meilleur résultat qu'en tapant comme un

sourd. Par contre, pour le distancement du cheval, dont le jockey aurait abusé,

je suis beaucoup plus réservé parce que cela punirait, outre le jockey, toute

la chaîne qui n'a rien à se reprocher et cela ouvrirait la voie à des

poursuites judiciaires à n'en plus finir, car il y aurait un préjudice grave dû

à une faute professionnelle du jockey. Imaginez un instant un gagnant de

l'"arc" distancé parce que son jockey l'aurait cravaché à dix

reprises !!!