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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Rencontre avec steeve david, premier garçon d’eric leray

Autres informations / 25.03.2012

Rencontre avec steeve david, premier garçon d’eric leray

Derrière

la réussite d’un entraîneur et de son écurie se cachent des hommes. Les garçons

de voyage, les jockeys et cavaliers d’entraînement, mais aussi ceux que l'on

appelle les "premiers garçons". Ils secondent l’entraîneur dans le

travail quotidien des chevaux : l’organisation de l’écurie, le travail des

chevaux, mais aussi les soins qui leur sont apportés. Steeve David en fait

partie. Cela fait sept ans qu’il est le premier garçon d’Éric Leray, entraîneur

sur le centre d’entraînement de Senonnes. Fairplay (Grand trésor), quadruple vainqueur

du Grand Cross de Pau, Pandolphe (Passing sale), cinquième du Grand Steeple

Chase de Paris (Gr1) en 2009, Prince de Beauchene (French Glory), grand favori

du Grand National de Liverpool (Gr1) 2012 et qui a remporté plusieurs courses

pour lui en France avant de rejoindre les hippodromes anglais ainsi que Torrens

(Passing Sale), cheval de qualité en plat et en obstacles, ont été et sont les

pensionnaires d’Eric Leray. Nous avons rencontré son premier garçon, Steeve

David, qui a vu passer ces chevaux-là à l’écurie.

QUELLE

EST VOTRE SITUATION AUJOURD’HUI ? COMMENT ETES-VOUS ARRIVE CHEZ ERIC LERAY ?

J’ai

trente ans. Je suis marié, père de deux enfants et j’habite à Senonnes, près du

centre d’entraînement. J’ai commencé à monter à cheval à l’âge de quatorze ans,

chez Éric Papon. Je suis arrivé chez Éric Leray un an plus tard, à quinze ans.

J’y suis resté le temps de mes études, puis je suis parti pendant un an et demi

chez Serge Foucher, pour être jockey. Je suis ensuite revenu chez Éric et j’ai

tout de suite eu des responsabilités. Premièrement en tant que garçon de

voyage, puis en tant que premier garçon en 2002.

POURQUOI

NE PAS AVOIR CONTINUE LE METIER DE JOCKEY ?

Je n’ai

gagné que six courses en obstacles. Pour être honnête, je n’étais pas très bon

et ce métier n’était pas fait pour moi. Une mauvaise chute à Saint-Brieuc m’a

poussé à tout arrêter.

AVEC LE

RECUL, QUE PREFEREZ-VOUS: JOCKEY OU RESPONSABLE PREMIER GARÇON ?

Sans

hésiter, premier garçon. Le métier de jockey est très excitant et attrayant par

les sensations et l’adrénaline que cela nous apporte "l’après-midi".

Mais cela comporte aussi beaucoup de risques que je ne pensais pas être capable

d’assumer. J’aime les responsabilités. On apprend tous les jours dans ce

métier-là. Le suivi quotidien des chevaux m’attire beaucoup. Savoir si tel ou

tel cheval mange bien ou mal, s’il a tendance à avoir mal au dos, aux

articulations, aux tendons… S’il a besoin de beaucoup de travail ou pas pour

bien courir, etc. Cela rend mon travail intéressant et absolument pas monotone!

QUEL EST

VOTRE ROLE EXACTEMENT AU SEIN DE L’ECURIE LERAY ?

Déjà,

dans un premier temps, je m’occupe, en gros, de l’organisation de l’écurie. Je

regarde les différents partants chaque semaine, puis je fais la liste des

chevaux à monter chaque matin en fonction de cela. Je sais comment procède Éric

dans sa façon d’entraîner les chevaux. du coup, je fais en sorte que les

chevaux "correspondent" entre eux. Qu’ils aient à faire la même chose

ensemble, pour chaque catégorie de cheval. ensuite, et c’est très important

également, je m’occupe de la santé et du bien-être de chacun des chevaux.  Je suis en relation constante avec le

vétérinaire et le maréchal-ferrant.

EST-CE

QUELQUE CHOSE D’EVIDENT ?

Cela

s’apprend. et nous en apprenons tous les jours. C’est ce qui rend le métier

intéressant et motivant. Cela est devenu au fil du temps plus évident, c’est

certain, car maintenant je connais les spécificités de chaque cheval, je

connais bien la méthode d’entraînement d’Éric et je pense être devenu plus mature.

et puis, le chef n’est jamais loin !

AVEZ-VOUS

DE BONNES RELATIONS AVEC VOTRE PATRON, ERIC LERAY, AINSI QU’AVEC LE RESTE DE

L’EQUIPE ?

Oui,

nous parlons beaucoup avec Éric. C’est très important. Nous nous sommes

toujours bien entendus. C’est lui qui m’a tout appris. Je suis arrivé tout

jeune chez lui et il m’a vu grandir. Je pense qu’il me fait confiance, car il

me laisse beaucoup prendre des initiatives. avec les autres employés et jockeys

de l’écurie, cela se passe très bien également. Nous communiquons beaucoup

entre nous et il y a une bonne entente. Je suis un peu l’intermédiaire entre

eux et Éric. Forcément, il y a des hauts et des bas, mais c’est partout pareil.

QUEL EST

VOTRE MEILLEUR SOUVENIR AU SEIN DE L’ECURIE ?

En

septembre 2004. Lorsque mon cheval de coeur, Drapsag Tiun (Gaspard de la Nuit),

a remporté le Grand Cross de Craon (L). Il tirait beaucoup le matin à

l’entraînement et pas grand monde l’aimait. Mais, moi, je m’y suis attaché. Je

le montais tous les jours et lorsqu’il a gagné cette épreuve mythique qu’est le

Grand Cross de Craon, ce fut une joie immense. Le travail payait ! Depuis, il a

eu des problèmes de santé et, pour sa retraite, ma femme m’a fait la surprise

de me l’offrir pour mon anniversaire, en 2007. Il vit maintenant devant ma fenêtre

! Nous avons la chance de travailler dehors, avec de beaux êtres vivants et,

sincèrement, c’est souvent plus un plaisir qu’un métier. Surtout quand la forme

de l’écurie est là, c’est encore plus motivant ! Comme l’année où Pandolphe a

été cinquième du Grand Steeple Chase de Paris (Gr1) [en 2009, ndlr]. Cela a été

notre meilleure année au nombre de victoires. Ce sont ses moments-là qui nous

font tenir et nous lever chaque matin.

 

ANTHONY

BLAIS : « IL EST A L’ECOUTE »

Anthony

Blais, jockey d’obstacles aux quatre cents victoires, travaille depuis quatorze

ans au service d’Éric Leray. Cela fait sept ans que Steeve David et lui

collaborent: « C’est très agréable de travailler avec Steeve. C’est un atout

essentiel pour le bon fonctionnement de l’écurie. Lorsque le patron doit

s’absenter, c’est à lui que revient le travail et l’organisation de l’écurie.

Il est à notre écoute, nous les jockeys, et c’est important. au fur et à mesure

du temps, il a appris à prendre de plus en plus d’initiatives. Lorsque des

poulains, par exemple, mériteraient une séance d’obstacles supplémentaire,

maintenant il n’hésite plus à nous les faire ressauter. Il connaît chaque

cheval de l’écurie par coeur, aussi bien au niveau de sa santé que de son caractère

et il fait en fonction. Il joue un rôle majeur. »

 

ERIC

LERAY : « JE LUI ACCORDE UNE TOTALE CONFIANCE »

Éric

Leray réalise un bon début de saison en totalisant seize victoires jusqu’à

présent. Cinquante-sept chevaux sont sous sa responsabilité et Steeve David

l’accompagne quotidiennement : « Il a commencé à travailler pour moi alors

qu’il était tout jeune et cela me fait plaisir de voir à quel point il a

évolué. Il est aujourd’hui marié et père de deux enfants, il a un travail avec

des responsabilités et a investi dans une petite propriété. Il est tout à fait

à l’image de la politique de la maison. en ce qui concerne le travail de tous

les jours au sein de l’écurie, il est évident que c’est un élément essentiel.

Je ne peux pas être partout et je sais que je peux lui accorder une totale

confiance. Il connaît tout : les chevaux, les soins, le fonctionnement de

l’écurie ainsi que ma façon de travailler les chevaux. ainsi, je peux

m’absenter sereinement les jours de courses. Il a le sens du travail bien fait

et la communication passe très bien entre nous, ainsi qu’avec les employés.

Pour un entraîneur, c’est important d’avoir une personne sur qui l’on peut se

reposer. »