La grande interview, antoine hamelin : « je vis une bonne periode, mais il faut continuer a donner le meilleur de soi-meme »

Autres informations / 10.04.2012

La grande interview, antoine hamelin : « je vis une bonne periode, mais il faut continuer a donner le meilleur de soi-meme »

Encore

apprenti il y a quelques jours, Antoine Hamelin a remporté son premier Groupe

avec Saônois (Chichicastenango) dans le Prix La Force (Gr3), dimanche à

Longchamp. Le jeune jockey au service d’Alain de Royer Dupré est revenu avec

nous sur sa victoire avec Saônois, son itinéraire dans le monde des courses et

ses ambitions.

JDG. –

VINGT-QUATRE HEURES APRES VOTRE PREMIERE VICTOIRE DE GROUPE AVEC SAONOIS DANS

LE PRIX LA FORCE (GR3), COMMENT VOUS SENTEZ-VOUS ?

Antoine

Hamelin. – Je me sens très bien. À mon âge, une semaine après avoir perdu la

décharge, remporter un Groupe, c’est superbe. J’ai reçu de nombreuses

félicitations, notamment de la part de mon patron, Alain de Royer Dupré, qui

était très fier. C’est quelqu’un qui m’a toujours conseillé. Il m’a appris à

retendre mes partenaires, par exemple.

AVANT LE

COUP, ENVISAGIEZ-VOUS LA VICTOIRE ?

C’était

difficile de se voir gagner, sachant que Beauvoir (Footstepsinthesand) est très

estimé. Avec l'entourage de Saônois, nous avions prévu d’attendre, puisque les

deux chevaux de Monsieur Augustin-Normand étaient à mon extérieur; on pensait

qu’on allait se mettre dans leur sillage. Dans le parcours, Saônois est

généralement calme, mais, dimanche, il était un peu chaud. Et dans la descente,

il a été un brin surpris car il a une avant-main assez forte. Il a tiré, mais

c’était parce qu'il "voulait y aller" car ce n’est pas un poulain qui

tire bêtement. À l’entrée de la ligne droite, je voyais Christophe Lemaire

cadencer Beauvoir et sur le coup, j’ai cru qu’il allait s’envoler et qu’on

n'allait plus le revoir, mais il n’a pas progressé. Cependant, lorsque j’ai

lancé mon partenaire, j’envisageais plutôt la deuxième place. Au passage du

poteau, c’était compliqué de savoir qui avait gagné. Ce n’est que lorsque le

cheval émetteur est venu vers moi et que sa cavalière m’a appelé que j’ai

réalisé que j’avais gagné.

COMMENT

EST NEE VOTRE ASSOCIATION AVEC SAONOIS ?

C’est

mon agent, Jules Susini, qui l’avait repéré à Deauville, lorsqu’il avait gagné

sur la piste en sable fibré, associé à Thomas Henderson. Je l’ai monté ensuite

le 20 novembre à Lyon. D’emblée, nous nous sommes imposés ensemble. Nous étions

à la corde, d’autant que c’est un cheval gaucher, et l’on avait résisté au

peloton durant toute la ligne droite. Au final, on gagnait de peu, d’un nez

seulement. Là encore, comme dans le Prix La Force, l’écart était minime. Mais

peut-être que si je n’avais pas gagné la première fois, je n’aurais pas eu la

chance de remonter Saônois par la suite. Il y a justement ce facteur chance qui

entre en ligne de compte. Il m’a apporté ma première Listed et mon premier

Groupe, une semaine après la perte de ma décharge. C’est superbe.

QUELLES

IMPRESSIONS VOUS AVAIT LAISSE SAONOIS LORSQUE VOUS L’AVIEZ GALOPE A LYON, LA

SEMAINE DERNIERE?

Les

impressions étaient bonnes. Il s’était montré très plaisant. On sentait un

cheval avec beaucoup de moral. Il avait vraiment bien travaillé.

QUELS

VONT ETRE VOS OBJECTIFS AVEC LE PENSIONNAIRE DE JEAN-PIERRE GAUVIN ?

On ne

sait pas encore s’il va courir le Prix Greffulhe (Gr2). C’est un cheval qui

doit courir s’il est bien car il aime le combat. S’il ne participe pas à cette

course, il pourrait aller directement sur le Prix du Jockey Club (Gr1). À cette

occasion, on ne sera pas trop gourmand, on essaiera de prendre une bonne place

dans cette épreuve.

ET QUELS

SERONT VOS OBJECTIFS POUR LA SAISON 2012 ?

Dans un

premier temps, je m’étais fixé comme but de gagner un Groupe. Auparavant, il y

a eu le premier Quinté Plus, la première Listed. Je dirais donc que je souhaite

rester sur cette bonne vague, tout en gardant la tête sur les épaules, et les

pieds sur terre, car c’est très important. Je vis une bonne période, mais il

faut continuer à donner le meilleur de soi-même.

VOUS

AVEZ DES MODELES PARMI LES JOCKEYS ?

Monsieur

Peslier est mon modèle. C’est quelqu’un qui a beaucoup de sang froid, qui sait

respecter ses partenaires, sans se montrer dur avec eux. De plus, c’est une

bonne personne, qui a su rester fidèle à elle-même.

COMMENT

VOUS ETES-VOUS RETROUVE DANS LE MONDE DES COURSES ?

J’ai

monté à cheval dans un centre équestre, j’ai aussi découvert les hippodromes et

rapidement, la passion et l’envie de devenir jockey m’ont habité. C’était un

rêve. D’autant que j’ai toujours apprécié la compétition et le sport.

QUEL A

ETE VOTRE ITINERAIRE JUSQU’A PRESENT ?

Je suis

resté au "Moulin à Vent" pendant trois ans et j’avais Jean de Roualle

comme maître d’apprentissage. C’est grâce à lui que j’ai appris le métier car

lorsque l’on arrive de l’extérieur, on ne se rend pas bien compte de la réalité

de ce métier. Ensuite, je suis parti chez Cédric Boutin. Chez lui, je me suis

"éveillé". C’est un professionnel dur mais il a toutes les qualités.

J’y suis resté six mois. Ensuite, je suis parti chez Alain de Royer Dupré chez

lequel je suis depuis deux ans et demi. Grâce à lui, j’ai appris à retendre mes

chevaux et tous les petits détails très importants pour bien monter à cheval, à

l’entraînement comme en course.