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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Marc lerner, au naturel

Autres informations / 10.04.2012

Marc lerner, au naturel

Après un

très bon meeting de Cagnes-sur-Mer, Marc Lerner poursuit sur sa lancée. Il a

enregistré quatre victoires entre le 1er et le 4 avril, en sept montes. Valeur

montante chez les apprentis, Marc Lerner est revenu avec nous sur son parcours.

Une progression "naturelle".

JOUR DE

GALOP.– LES SUCCES S’ENCHAINENT EN CE MOMENT. SENTEZ-VOUS VOTRE CARRIERE SUR

LES BONS RAILS ?

Marc

Lerner.– Mercredi dernier, quand j’ai passé le poteau en tête à Saint-Cloud, je

n’y croyais pas. Je me suis dit : "Qu’est-ce qu’il m’arrive ?" Il n’y

a pas de mot pour ça, c’est comme dans un rêve. Mais il faut rester concentré

et continuer de travailler. L’objectif, c’est de poursuivre une progression.

Avec mon agent, Pierre-Alain Chereau, nous travaillons pour développer une

"clientèle" et gagner la confiance d’entraîneurs. C’est le plus dur

et, si cette étape se passe bien, le reste suit. Cagnes-sur-Mer a été une bonne

impulsion. Avec l’absence de grands jockeys, ce meeting représente une bonne

opportunité pour se faire connaître et obtenir des montes.

AUJOURD’HUI,

QUI SONT LES ENTRAINEURS QUI VOUS FONT CONFIANCE ?

Je monte

logiquement des chevaux de mon père, Carlos. Mais j’ai monté à Cagnes-sur-Mer

pour Werner Baltromei, pour qui j’ai gagné ma première course avec Wise Boy.

Également, je monte pour François-Xavier Belvisi. Notre association s’est faite

naturellement. Il travaille sur Maisons-Laffitte et cherchait un apprenti pour

monter Luminous Mind dans le Grand Prix des Jeunes Jockeys et Apprentis à

Cagnes-sur-Mer. J’ai gagné quatre courses pour lui, donc tout se passe bien.

RAPIDEMENT,

VOUS AVEZ TRAVAILLE AVEC UN AGENT. POURQUOI ?

Aujourd’hui,

même quand on est apprenti, c’est une nécessité d’avoir un agent. Travailler

avec Pierre-Alain s’est fait tout seul. C’est un ami de mon frère et il est

aussi l’agent de Christophe Soumillon, dont je suis proche. Ensemble, avec les

autres jockeys de Pierre-Alain, nous formons une bonne équipe.

ET VOTRE

FRERE ? VOUS DONNE-T-IL SON AVIS SUR VOS MONTES ?

Oui,

comme Christophe Soumillon également. On se connaît bien, alors ils n’hésitent

pas à dire ce qu'ils pensent. Que j'agisse bien ou mal, mon frère m'éclaire sur

son opinion. Il a été jockey et peut se mettre à ma place. Avoir l’avis de

jockeys confirmés aide à progresser.

AVEZ-VOUS

UN MODELE, NOTAMMENT CONCERNANT VOTRE POSITION A CHEVAL, QUE BEAUCOUP

D’OBSERVATEURS JUGENT TRES BONNE ?

Non.

C’est mon frère qui m’a appris à monter sur le cheval mécanique. Ma position à

cheval, disons qu’elle est… naturelle!

QUAND

AVEZ-VOUS EU LE DECLIC, EN VOUS DISANT : "JE VEUX DEVENIR JOCKEY ET RIEN

D’AUTRE" ?

En avril

2010, j’étais encore gentleman-rider, et j’ai reçu un coup de pied d’un cheval

qui m’a explosé la rate. C’était deux jours avant le mariage de mon frère… J’ai

passé trois mois à l’hôpital et les médecins m’avaient annoncé que je ne

remonterais plus jamais à cheval. Mon frère a toujours cru en moi et me disait

de ne rien lâcher. Six mois plus tard, j’ai pu remonter en compétition. J’ai su

que c’était la voie que je voulais emprunter et j’ai décidé de devenir apprenti

jockey. À partir de ce moment-là, une fois ma licence acceptée, il fallait

attendre un an avant que France Galop ne m’accorde le droit de monter. C’est la

procédure quand on passe de gentleman à apprenti.

QU’AVEZ-VOUS

FAIT PENDANT CE TEMPS ?

Je suis

allé aux États-Unis, chez Patrick Biancone. Là-bas, j’y ai retrouvé son équipe

avec des jockeys français, Julien Leparoux, Tony Farina, Florent Géroux et

Rodolphe Brisset.

QU’AVEZ-VOUS

APPRIS LA-BAS ?

Cette

expérience m’a permis de grandir, de prendre de la maturité. J’ai l’impression

d’avoir progressé et j’ai découvert une nouvelle façon de travailler. Le matin,

je pilotais de bons chevaux et cette expérience m’a beaucoup servi, même si je

n’ai pas pu monter en course. Je suis revenu avec une meilleure notion du

train. En France, les courses sont plus tactiques alors qu’aux États-Unis, les

rythmes sont plutôt réguliers du début à la fin. Travailler chez Patrick

Biancone est une chance. Il n’y a qu’à regarder son tableau de chasse avec les

jockeys qu’il a formés !

DES

VOTRE RETOUR, ON VOUS A TOUT DE SUITE VU EN SELLE…

Je suis

revenu des États-Unis à la mi-septembre, et je n’avais qu’une chose en tête :

travailler avec mon père et mon frère. J’ai fait mon apparition sur les

programmes le 7 octobre, à Lyon, avec Manapi. Je n’avais pas monté en course

depuis l’époque où j’étais amateur, c’est-à-dire depuis un an et demi. Il a

fallu un peu de temps pour se remettre dans le bain et mon nombre de montes a

commencé à s’accélérer lors du meeting d’hiver de Deauville.

PLUS

JEUNE, POURQUOI AVOIR CHOISI LA VOIE DE L’AMATEURISME PLUTOT QUE DE MARCHER

TOUT DE SUITE DANS LES TRACES DE VOTRE FRERE ?

Je ne

savais pas si jockey était un métier fait pour moi. Je voyais mon frère qui,

malgré ses efforts, avait du mal à faire le poids. J’ai préféré passer mon bac

ES, que j’ai obtenu, et devenir gentleman. J’ai pris goût à cela et, en

novembre 2010, j’ai vraiment décidé de devenir jockey.

COMMENT

CELA SE PASSAIT QUAND VOUS ETIEZ GENTLEMAN ?

En

gentleman, je dois compter six ou sept victoires. Je montais assez peu et

rarement des premières chances. C’était avant tout pour le plaisir que je le

faisais. J’ai de bons souvenirs, comme lorsque j’ai gagné pour François Rohaut

ou Maxime Cesandri.

DANS DES

SOUVENIRS PLUS ANCIENS, QU’EST-CE QUE CELA VOUS RAPPELLE SI L’ON EVOQUE ANABAA

BLUE ?

Je me

souviens bien de cette période. J’étais jeune, mais on accompagnait tout le

temps mon père aux courses. Pour les grands événements, j’étais là, notamment

quand Anabaa Blue a gagné le "Jockey Club" ou pour les victoires de

Volvoreta. Déjà, à cette époque, je voulais tout le temps monter.

ET LE

MATIN ?

Actuellement,

je monte chez mon père. Je le faisais d’ailleurs les autres années quand

j’avais le temps, avant d’aller à l’école. En fait, je n’ai pas eu besoin

d’aller à l’Afasec. J’ai eu une sorte de formation particulière à la maison.

PATRICK

BIANCONE : « JE NE SUIS PAS ETONNE DE SA REUSSITE »

Basé aux

États-Unis, Patrick Biancone, grand formateur de jockeys (Gérald Mossé,

Dominique Boeuf, Éric Legrix, Julien Leparoux, etc.), nous a livré son point de

vue concernant Marc Lerner, qui a travaillé avec lui : « Marc est venu quelques

mois chez nous et je pense qu’il y a effectué des progrès. J’étais très content

de lui quand il était ici. Cela ne m’étonne pas qu’il réussisse. C’est un vrai

homme de cheval : avec ses origines, il a le pedigree pour cela ! C’est un très

bon cavalier et, en plus, il est travailleur et courageux. Déjà, quand il était

chez nous, il ne pensait qu’à devenir jockey. C’est son but et il ne se

consacre qu’à ça. »