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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Alain de chitray : « la victoire de teejay flying n’est pas un coup d’eclat »

Autres informations / 22.05.2012

Alain de chitray : « la victoire de teejay flying n’est pas un coup d’eclat »

À 22

ans, Alain de Chitray est l’étoile montante des jockeys d’obstacle. Il a

remporté dimanche à Auteuil le premier Gr1 de sa carrière, en enlevant le Prix

Ferdinand Dufaure (Gr1). Nous sommes allés à sa rencontre pour connaître un peu

mieux le jeune homme.

J.D.G. –

DIMANCHE, DES LARMES DE BONHEUR COULAIENT SUR VOTRE VISAGE. QUARANTE-HUIT

HEURES APRES VOTRE SUCCES DANS LE PRIX FERDINAND DUFAURE (GR1) REALISEZ-VOUS CE

QU’IL VOUS EST ARRIVE ?

Alain de

Chitray. – Une fois le poteau franchi, je n’avais pas du tout réalisé ce qu’il s’était

passé. Mais quand nous sommes revenus au rond de présentation, la ferveur du

public, les applaudissements, le monde… Là j’ai compris que nous avions réussi

quelque chose de fort. Je ne suis toutefois pas encore bien conscient de ce que

cette victoire va changer pour moi. Il y a très peu de Grs1 dans l’année et

j’en ai gagné un, ça suffit pour me rendre très heureux.

AVANT LA

COURSE, IL ETAIT DIFFICILE D’IMAGINER SAINT PALOIS BATTU. AVIEZ-VOUS MIS UNE

TACTIQUE AU POINT AVEC VOTRE ENTRAINEUR POUR METTRE A MAL LE CHAMPION?

Thomas

Trapenard m’avait donné ses ordres, mais nous n’avions pas élaboré de plan

particulier. À dire vrai, je ne devais pas prendre la course à mon compte. Je

devais monter mon cheval dans le sillage des leaders et venir au dernier

moment. Mais Teejay Flying en a fait un peu trop dès le départ et je me suis

retrouvé devant. Il m’avait déjà fait ça en haies et s’était bien détendu devant.

Là encore, il était bien posé. Je dois avouer que pendant un temps j’ai eu très

peur de faire une "connerie". Je me suis dit que je risquais ma place

au sein de l’écurie, mais, dans le dernier virage, j’ai vraiment cru en mes

chances.

PENSIEZ-VOUS

AVOIR UNE CHANCE DE REMPORTER VOTRE PREMIER GR1 DIMANCHE?

Teejay

Flying venait de débuter en steeple-chase. Il a fait ses premiers pas sur les gros

obstacles en passant le parcours extérieur. C’était déjà osé et il s’est très

bien comporté. Nous avions fini deuxièmes, tout près d’Ulyssia Royale

(Poliglote) et j’auraidû gagner ce jour-là. Sa performance était bonne et lui

donnait le droit de participer au Gr1, avec une bonne marge de progression. Je

devais le monter pour une place et le cheval en a décidé autrement. Ceci dit,

Michel Jaunon, le premier garçon de l’écurie, travaille le cheval tous les

matins et il m’avait confié qu’il était au top et qu’il pouvait l’emporter. Contrairement

à Saint Palois, nous nous présentions sans aucune pression, c’était plus simple

à gérer. Dorénavant on nous attendra au tournant. Le cheval a montré qu’il

était très bon car il s’est imposé à la manière des forts. Il a fait subir la

course à ses adversaires, ça n’est pas un coup d’éclat.

DIMANCHE

A ETE UNE JOURNEE MAGNIFIQUE POUR VOUS PUISQUE VOUS AVEZ AUSSI REMPORTE UNE

LISTED RACE AVEC PIERROT BAY…

Faire un

coup de deux le jour du "Grand Steeple" et qui plus est remporter un

Gr1 et une Listed, ça n’est pas donné à tout le monde. Il y a bien eu Sylvain

Dehez l’année dernière, qui avait réussi à enlever les deux plus belles

épreuves de la réunion. Mais ce que j’ai obtenu dimanche, c’est déjà

merveilleux et inespéré. Les chevaux de l’écurie sont en grande forme en ce

moment, alors j’étais assez confiant. Je regrette simplement d’avoir obtenu la

victoire avec Pierrot Bay après enquête. Le cheval n’avait pas besoin de cet

incident pour s’imposer. C’est une victoire sur tapis vert qui enlève un peu de

saveur. Je suis un compétiteur et j’aime gagner à la loyale.

COMMENT

ETES-VOUS ARRIVE DANS LE MONDE DES COURSES ?

Je suis

originaire de Château-Gontier en Mayenne, une région très ancrée dans les

courses de chevaux, tant au trot qu’au galop. Mon père a toujours été passionné

par les courses et un jour il a acheté une jument de chasse. Il en a quand même

fait une poulinière car elle avait un papier de trotteur et il en est sorti le

miracle Dryade des Bois, qui a gagné le Prix d’Amérique (Gr1) à Vincennes en

1998. Mon père m’emmenait sur tous les hippodromes et dès que j’ai eu 14 ans,

je passais mes week-ends et mes vacances chez Étienne Leenders, qui m’a appris

ce qu’étaient les courses. La passion est née en Mayenne et s’est poursuivie à

Gouvieux, à l’Afasec, pendant deux ans. J’ai ensuite fait mon apprentissage

chez Henri-Alex Pantall, où je suis aussi resté deux années. Les problèmes de

poids se sont imposés à moi, alors je suis entré au service de Jehan Bertran de

Balanda, à Maisons-Laffitte. Après un an chez lui, j’ai intégré l’équipe de

Thomas Trapenard qui revenait au métier. Il devait tout reprendre à zéro et avait

peu de chevaux au début, d'ailleurs, la plupart étaient à lui. Il m’a fait

monter, m’a beaucoup appris et j’ai gagné ma première course en 2008 avec

matchd’Ouilly. Pendant deux ans je suis resté à son service, puis je suis

devenu free-lance pendant un an. Au départ j’avais dans l’idée de rentrer au

service de Guillaume Macaire, mais il n’avait plus de place. Je suis resté à

Maisons-Laffitte chez Carlos Lerner. Il m’a permis de monter ailleurs alors

j’ai remonté pour Thomas Trapenard, pour Marie-Lætitia Mortier…

C’EST

D’AILLEURS AVEC UN DES PENSIONNAIRES DE MARIE-LÆTITIA MORTIER QUE VOUS AVEZ

REMPORTE VOTRE PREMIER QUINTE PLUS…

Avec

Diamant de Beaufai. J’ai monté mes premières courses événement avec ce cheval,

il m’a permis de franchir un cap. Le meeting d’été de Clairefontaine m’a aussi

aidé dans ma progression. J’avais encore une décharge à ce moment-là et j’ai

gagné vingt-neuf courses de juillet à décembre, ça s’est enchaîné très vite.

Grâce aux meetings de Cagnes-sur-Mer et Pau, j’ai perdu ma décharge très

rapidement à la reprise des courses parisiennes. J’ai de la chance car la

transition s’est bien passée. J’ai continué de monter des bons chevaux et j’ai

réintégré l’écurie de Thomas Trapenard, dont l’effectif avait considérablement

évolué.

QUE

PEUT-ON VOUS SOUHAITER DESORMAIS ?

Que tout

cela continue, simplement. J’ai eu de la chance jusqu’ici. La chance d’avoir du

monde derrière moi, un soutien indéfectible. C’est beaucoup plus facile

d’avancer quand on est bien entouré.

LES

MOMENTS CLEFS DE SA CARRIERE

5

décembre 2008

1re

victoire en obstacle avec Match d’Ouilly

14

novembre 2010

1re

victoire dans un Quinté + avec Diamant de Beaufai

1er mars

2011

35e

victoire et perte de décharge avec Turfina d’Oudairies

20 mai

2012

1re

victoire de Gr1 avec Teejay Flying