L’analyse des poules d’essai par pierre laperdrix

Autres informations / 15.05.2012

L’analyse des poules d’essai par pierre laperdrix

Les

favoris des "Poules d’Essai" ont vu leur chemin prendre des

directions différentes dimanche. Beauty Parlour (Deep Impact) s’est imposée et

sera rallongée pour tenter sa chance dans le Prix de Diane-Longines (Gr1).

Battu pour la deuxième fois cette année, Dabirsim (Hat Trick) sera, lui,

raccourci, pour aller tenter sa chance chez les flyers. La victoire de Beauty

Parlour (Deep Impact) dans la Poule d’Essai des Pouliches (Gr1) ne peut

souffrir d’aucune contestation. La meilleure de sa génération, voilà ce qu'on

pensait d'elle avant le coup et elle l’a dûment prouvé sur la piste. Pourtant,

tout ne fut pas si simple. En début de parcours, Regatta (Layman) a dû

"protéger" Beauty Parlour pour qu’elle ne se retrouve pas trop

longtemps parquée nez en vent. Devant et en dedans d’elle, quatre pouliches

étaient déjà rangées à leur place. Ensuite, Regatta a dû avancer pour jouer son

rôle de leader et, là, Azeville (Shamardal), offensive dans le tournant, a fini

par doubler Beauty Parlour et a pu se ranger derrière Cheriearch (Arch), qui a

avancé pour ne pas être trop loin des deux premières. Beauty Parlour s'est

retrouvée alors en troisième épaisseur, nez au vent dans la descente. La vraie place

du mort à Longchamp. D’ailleurs, son père, Deep Impact, a perdu

l’"Arc" en course car il s’est rapproché à cet endroit du parcours.

C’est une règle d’or à Longchamp, il ne faut jamais venir dans la fausse ligne

droite – même si, dimanche, Ridasiyna (Motivator) en a été l’un des rares

contre-exemples. Avec ce parcours peu aisé, Beauty Parlour, pouliche maniable

qui ne s’est pas affolée et n’a pas tiré, a mis du temps à s’équilibrer et à

vraiment se lancer dans la ligne droite. Elle n’a pas réalisé une grande

démonstration, mais a tout de même réussi à se détacher dans la phase finale.

Un cheval normal, qui n’a pas de marge, n’aurait pas gagné avec un tel

parcours. Beauty Parlour, elle, l’a fait. C’est donc une crack. À l’inverse,

Fire Lily (Dansili), dont le jockey a voulu calquer sa course sur Beauty

Parlour, a eu un parcours pire encore, se retrouvant en quatrième épaisseur

dans la fausse ligne droite. Venue comme pour faire un "truc", elle a

nettement faibli pour finir. Beauty Parlour a démontré son excellence là où

Fire Lily, elle, a prouvé qu’elle n'était qu'une bonne pouliche. Montée en

retrait, en évitant, à l’inverse de Kendam (Kendargent), les remous au sein du

peloton, Topeka (Whipper) a laissé une excellente impression visuelle. Elle

efface sa prestation moyenne du Prix Imprudence (Gr3) et montre qu’elle est

mieux sur les parcours avec courbe qu’en ligne droite. Ne pas être offensive

dimanche lui a permis de venir finir sur des pouliches qui n’en pouvaient plus.

Cela a été un élément déterminant dans sa bonne prestation. En fait, derrière

Beauty Parlour, tout pouvait arriver. Ce sont celles qui ont monté leur course,

sans s’intéresser à la championne des Wildenstein, qui ont fait l’arrivée. Il y

avait de la place pour toutes et c’est le parcours qui a fait la différence

pour prendre les places. Hormis Fire Lily, le contingent étranger n’avait pas

de quoi faire peur. Mais les irlandaises ont eu raison de venir car elles ont

pris des places qui auront des répercutions positives sur leurs pages de catalogue.

Même si elle ne s’est pas envolée, Beauty Parlour n’a pour le moment pas

d’adversaire à sa mesure pour le Prix de Diane-Longines (Gr1). Ce sera son

prochain objectif et il n’est pas sûr qu’elles soient beaucoup à tenter leur

chance face à elle. Pour l’instant, Beauty Parlour imite Golden Lilac

(Galileo). Comme elle, elle a remporté la "Poule d’Essai" après

s’être imposée dans le Prix Allée d’Amour (F), le Prix Esmeralda (B), puis le

Prix de la Grotte (Gr3).

 

LES ST

JAMES’S PALACE STAKES DE FRANKEL : UNE COURSE A PRENDRE EN REFERENCE POUR

BEAUTY PARLOUR ET DABIRSIM

Il est

intéressant de revoir les St James’s Palace Stakes (Gr1) 2011 remportés par

Frankel (Galileo). Après un parcours calamiteux, Frankel a réussi à s’imposer.

C’est d’ailleurs sa victoire acquise avec la plus faible marge au niveau Groupe

(en débutant, il a gagné d’une demi-longueur face à Nathaniel) et cela a généré

un formidable argument pour la promotion de l’étalon Zoffany (Dansili), son

dauphin. Un cheval ordinaire n’aurait pas gagné avec le parcours qu’a eu

Frankel et cette performance montre à elle seule que le fils de Galileo est un

phénomène. Cet exemple illustre pourquoi Beauty Parlour est, elle aussi, une

pouliche qui, justement, n’est pas ordinaire car, dans le cas contraire, elle

n’aurait pu gagner la "Poule" avec le détestable parcours qu'elle a

connu. Dans ces "St James’s", il est nécessaire de suivre un autre

cheval, Dream Ahead (Diktat), qui effectuait alors sa rentrée. Champion à 2ans

(Prix Morny & Middle Park Stakes), il était venu dans la ligne droite en

pleine piste, comme pour faire un "truc". Mais il a coincé pour

finir, montrant qu’il ne tenait pas la distance. Raccourci ensuite, il a enlevé

en quatre courses le July Cup, le Sprint Cup et le Qatar Prix de la Forêt (Grs1)

où il a battu la championne Goldikova (Anabaa). Comme Dabirsim, Dream Ahead ne

tenait pas face aux meilleurs sur 1.600m. C’était flagrant, car, dans sa

génération, il y avait le phénomène Frankel. Alors que Dabirsim a bien failli

s'en tirer, dimanche, compensant son manque de tenue par sa marge en classe

pure, si on le compare aux autres poulains de la "Poule d’Essai".

L’exemple de Dream Ahead montre qu’on peut être un champion, même si on ne

tient pas 1.600m. C’est la voie que Dabirsim, meilleur 2ans européen en 2011,

peut suivre pour rebondir et il a les moyens de battre tout le monde sur des

distances allant de 1.200m à

 

LE

PARCOURS A FAIT LA DIFFERENCE CHEZ LES "POULAINS"

La phase

finale heurtée de Dabirsim ne suffit pas à expliquer sa défaite. Il aurait pu

terminer plus près en fonction d’options choisies dans le parcours et en début

de ligne droite, mais il lui aurait de toute façon fallu un parcours en or

massif pour qu’il puisse s’imposer sur les 1.600m de la "Poule

d’Essai". Lucayan (Turtle Bowl) a eu le parcours dont il avait besoin et

il n’y avait personne pour l’empêcher de s’équilibrer dans la phase finale. Ce

genre de petits détails fait toute la différence. À l’inverse, le malheureux

troisième, Furner’s Green (Dylan Thomas), n’a pas eu les coudées franches au

début de l’emballage final. Il a mis du temps à s’équilibrer avant de revenir

finir fort, dépassant Beauvoir (Footstepsinthesand), battu pour la victoire

mais qui a dû être repris, comme Nutello (Lemon Drop Kid), aux abords du

poteau. Dans la "Poule d’Essai", pour Dabirsim et les autres, c’est

le parcours qui a fait la différence. Avec le contexte d’un Dabirsim

"prenable" sur 1.600m et ses adversaires qui se tiennent de près au

niveau de leur valeur, ce sont les chevaux qui ont eu le parcours correspondant

le mieux à leur aptitude qui ont fait l’arrivée. Lucayan eu du temps pour

s’équilibrer et Veneto (Panis), qui aime dérouler à son rythme devant, a pu

conserver une deuxième place inattendue car personne n’est venu le contrarier

en tête. Les faibles écarts à l’arrivée montrent que les valeurs affichées dans

cette "Poule d’Essai" sont mal établies et floues. Ainsi, si l’on

recourait cette épreuve corde à gauche ou sur 1.600m en ligne droite, on aurait

deux résultats bien différents.