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Longchamp, prix d’ispahan (gr1) : golden lilac, simplement classique

Autres informations / 27.05.2012

Longchamp, prix d’ispahan (gr1) : golden lilac, simplement classique

Malgré

la maestria d’Olivier Peslier, Cirrus des Aigles (Even Top) n’a rien pu faire

contre la supériorité de Golden Lilac (Galileo) dans le Prix d’Ispahan. La

pouliche du Gestu¨t Ammerland effectuait sa rentrée, et, dans les premiers

mètres de course, elle s’est montrée brillante, attitude qu'elle avait déjà

l’an dernier, Maxime Guyon tentant de tempérer ses ardeurs. Intelligemment,

Olivier Peslier est resté à son extérieur aussi longtemps qu’il a pu, mais il a

fini par se ranger et couvrir la pouliche. Elle s’est alors progressivement

posée sur la main de son jockey. Les deux rivaux ont abordé la ligne droite en

tête, mais dans les cent derniers mètres, l’accélération de la pouliche a fait

la différence, bien que Cirrus des Aigles, comme à son habitude, n’ait jamais

rendu les armes.

UN SEUL

FAUX PAS AVEC DES EXCUSES

Magnifique

au rond de présentation et ayant encore pris de la force par rapport à l’an

dernier, Golden Lilac a prouvé qu’elle n’avait pas réalisé le doublé

"Poule d’Essai"-"Prix de Diane" (Grs1) pour rien. Il

fallait juste oublier sa sortie dans le Prix Guillaume d’Ornano (Gr2), à

Deauville, alors qu’elle était malade. Sans cela, elle serait toujours

invaincue. « Suite à cette course, elle est partie trois mois au haras, nous a

expliqué Crispin de Moubray, qui manage les intérêts de la casaque. Elle est

revenue à l’entraînement au mois de janvier, et nous avons dit à André Fabre de

prendre tout son temps. Elle avait été déclarée non-partante à Newmarket, parce

que 1.800m en ligne droite et sur un terrain souple, cela aurait été trop dur.

Je pensais que sur 1.850m en bon terrain, Cirrus des Aigles était prenable.

Quant à la suite de son programme, je ne sais pas. Elle n’est engagée nulle

part, mais peut bien sûr être supplémentée. » Golden Lilac ne dispose en effet

d’aucun engagement dans les semaines à venir, mais elle est en revanche sur la

liste du Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1), et l’on sait que le rêve de son

propriétaire, Dietrich Von Bötticher, est de gagner cette course. Même si

Golden Lilac n’a jamais couru sur 2.400m, rien ne dit qu’elle ne tiendra pas,

et l’on se souvient de Lope de Vega (Shamardal), qui, pour le même entourage,

avait découvert la distance le jour "J", et, avec un parcours plus

heureux, il aurait pu très bien faire dans "l’Arc" 2010. Cirrus des

Aigles est battu avec les honneurs, sur une distance et un terrain qui ne sont

pas ses préférés. Corine Barande-Barbe a reconnu : « Mille huit cent cinquante

mètres en terrain léger, c’est un exercice plutôt fait pour les milers. Si la

distance avait été plus longue, ou le terrain plus souple, peut-être que le

résultat aurait été inversé. Mais je ne suis pas déçue, "Cirrus"

reste un phénomène. À présent, il va falloir choisir entre Royal Ascot et le

Grand Prix de Saint-Cloud. »

NO RISK

AT ALL, UN PARI REUSSI

Pour son

retour à Longchamp, Planteur (Danehill Dancer) a très bien couru, d’autant

qu’il a été obligé de progresser à l’extérieur. Il vient échouer à une

demi-longueur de Cirrus des Aigles. Marco Botti, qui s’en occupe désormais à

Newmarket, nous a confié : « S'il avait été à la place de Golden Lilac, il

aurait peut-être pu gagner. On est très content de sa performance. Désormais,

il va aller sur Royal Ascot, mais il faut que l'on choisisse la course. »

Jean-Paul Gallorini tentait un pari audacieux, comme il nous l’avait confié, en

présentant No risk at All (My Risk) dans cette épreuve plutôt que dans une

course comme le Prix du Chemin de Fer du Nord (Gr3). Pari récompensé, puisque

l’alezan s’est très bien défendu à ce niveau, se classant quatrième, tout près,

après avoir patienté. Son entraîneur a détaillé : « No Risk at All a fait une

très bonne course. Il est un peu loin en entrant dans la phase finale, mais n'a

pas été gêné pour finir. Il a bien accéléré et termine à une longueur du

meilleur cheval européen et à poids égal, ça n'est pas rien. J'ai toujours

pensé que c'était un cheval de Groupe, il l'avait déjà prouvé et maintenant il

nous laisse penser qu'il aura peut-être l'occasion de remporter son Gr1. » Au

rayon des déceptions, on placera surtout reliable Man (Dalakhani), qui n’a pu

réellement changer de vitesse après avoir attendu. Tin Horse (Sakhee) termine

juste devant lui, mais le pensionnaire de Didier Guillemin avait l’excuse

d’effectuer sa rentrée. Cependant, le résultat du Prix d’Ispahan confirme ce

que l’on pensait : la "ligne" des classiques 2011 réservés aux mâles

n’est pas du même niveau que celle des pouliches.

FILLE DE

LA CLASSIQUE GREY LILAS

Élevée

par son propriétaire, le Gestu¨t Ammerland, Golden Lilac est le deuxième

produit de Grey Lilas (Danehill). Championne en course, Grey Lilas avait été

achetée aux ventes d’Arqana. Son premier produit, Grey Lily (Boréal), a gagné

en 2010 sa course à Paray-le-Monial, avant de s’essayer dans les "B"

parisiennes et d’être vendue aux ventes de décembre 2010 pour 95.000€. Suite à

Golden Lilac, Grey Lilas a un 3ans par Hurricane Run qui est déclaré à

l’entraînement outre-Manche. Elle a yearling mâle par Hurricane Run et a dû

pouliner cette année de Galileo. Deuxième mère de Golden Lilac, Kenmist

(Kenmare) a gagné un handicap-Listed à Ascot et s’est placée de Gr3 en Italie.

Elle a produit Kandahar Run (Rock of Gibraltar), gagnant de Listed à Newmarket

et cinquième du Prix Jean Prat (Gr1) de Tamayuz (Nayef). Troisième mère de Golden

Lilac, Mistral’s Collette (Simply Great) a gagné une Listed a Milan.