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Jour de Galop

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Lucayan : le succes de la patience

Autres informations / 14.05.2012

Lucayan : le succes de la patience

Au

retour de Lucayan (Turtle Bowl) dans le cercle du vainqueur après la Poule

d’Essai des Poulains (Gr1), les sourires éclairaient de nombreux visages. Bien

entendu, ceux de François Rohaut, l’entraîneur, et de Tony Forde et Ahmed

Mouknass, les propriétaires. Mais beaucoup d’autres personnes partageaient ce

bonheur immense, comme Jean-Pierre Colombu, l’éleveur du poulain, Philip

Prévost-Baratte, qui l'a préparé et présenté à la vente breeze-up Arqana,

Bertrand Le Métayer, qui a acheté sa mère, et enfin Edwige Le Métayer, chez qui

il est né.

UNE MERE

ACHETEE YEARLING A TATTERSALLS

L’histoire

de Lucayan débute en 2001. Le courtier Bertrand Le Métayer nous a expliqué : «

Jean-Pierre Colombu, l’un des premiers clients du haras du Buff, celui de mes

parents, m’a appelé un jour d’octobre 2011 pour me dire que nous allions

acheter une pouliche en Grande-Bretagne. Nous sommes donc partis ensemble à

Tattersalls. Nous avions repéré trois ou quatre yearlings, mais nous avions

retenu une pouliche un peu commune, mais avec beaucoup de substance, d’os et de

rayons. C’est le type de juments que j’aime, peut-être en raison de ma culture

obstacle. Son pedigree plaisait beaucoup à Jean-Pierre, car sa troisième mère

est Pasadoble, la mère de Miesque. Il pense que les grandes familles reviennent

toujours, même si celle-là était un peu éteinte quand nous avons acheté la

pouliche. Nous cherchions vraiment une future poulinière, pas un cheval de

course. Nous n’avons finalement mis qu’une enchère pour cette yearling, et nous

l’avons eue pour 25.000 Guinées. Ensuite, La Vltava (Grand Lodge) a couru sous

l’entraînement d’Alex Pantall, en se montrant plutôt honnête. Au haras, cela a

été une très bonne surprise, puisqu’elle a produit d’emblée Karluv Most (Della

Francesca), qui a gagné "l’Arc" espagnol. Nous avons choisi Turtle

Bowl parce la jument n’est pas très élégante, et espérions que l’étalon donne

son chic au produit. Lucayan,  comme sa

mère, a beaucoup de modèle et de rayons. Il a beaucoup d’amplitude… »

PASSAGE

DE TEMOIN

Bertrand

Le Métayer a donc été à l’origine de Lucayan, avant de passer le relais à sa

mère, Edwige Le Métayer, gérante du haras du Buff. Elle poursuit: « Quand La

Vltava a terminé sa carrière de courses, elle est revenue au haras pour y être

poulinière. Je ne m’occupe pas des croisements, uniquement de la partie

élevage. Lucayan était un poulain sans problème, très sain. Comme Jean-Pierre

Colombu n’avait pas connu une très bonne année en course, il a voulu le vendre

foal. Le poulain était alors nommé Karolinum, un quartier de Prague.

Jean-Pierre Colombu, qui est une personne très cultivée, aime nommer lui-même

ses chevaux. La Vltava est le nom d’une rivière qui traverse la République

tchèque et passe sous le pont Saint-Charles à Prague. » La Vltava a

malheureusement avorté de Whipper cette année. Elle a une yearling par Naqoos,

qui ressemble beaucoup à son frère, et elle est partie à la saillie de

Footstepsinthesand. La victoire de Lucayan est aussi celle de l’amitié, car le

poulain a été préparé par Philip Prévost-Baratte, très proche de Bertrand Le

Métayer, avant de passer en vente lors de la breeze-up Arqana. C’est aussi

celle de la patience et de la pugnacité de Jean-Pierre Colombu, qui n’a pas

hésité à investir dans une yearling dans le but d’avoir une poulinière. Outre

Lucayan, l’éleveur a également connu le succès tout récemment sur les obstacles

d’Enghien grâce à Pythagore (Kahyasi), qui a remporté pour ses couleurs le Prix

Romati (L).