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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Much to do about nothing (beaucoup de bruit pour rien)

Autres informations / 16.05.2012

Much to do about nothing (beaucoup de bruit pour rien)

Faire

abstraction d'une vision d'intérêt économique dans l'immédiat exclusivement

permettrait de comprendre à moyen et long terme l'importance de cette

proposition établie lors du comité du 21 mars dernier. En effet, le Syndicat

des éleveurs propose la mise en place d’un système d’encouragements mettant

l’accent sur les trois premières générations en course (2, 3 et 4ans), inspiré

par le modèle anglais qui a augmenté récemment ses dotations sur les

allocations des courses réservées à ces mêmes générations, dégageant ainsi

suffisamment de ressources pour garantir des montants alléchants dans leurs

courses de Groupe devenues de vraies vitrines à l’international. Les

"acteurs chevaux" de ces classiques voient leur cote appréciée et

convoitée par des éleveurs-acheteurs du monde entier. La rareté fait la valeur.

Si nous diluons l'argent sur toutes les générations avec des allocations

similaires, il n'y a plus aucune motivation à se surpasser et à investir pour

produire des chevaux aux origines prestigieuses. Nous perdons donc en

compétitivité par rapport à nos voisins européens. Aujourd’hui, l'écart entre

une Listed et une course de handicap de première épreuve est vraiment minime. À

terme, le cheval de 5ans et plus, dont la valeur est faible, a une espérance de

gains égale ou supérieure à son prix d’achat s’il était réclamé. Le rêve

originel de tout propriétaire de s'illustrer dans des courses classiques est

oublié et il doit se contenter d'un cheval moyen qui lui apporte de succinctes

satisfactions une ou deux fois par an. Plus grave encore, il ne cherche pas

dans de jeunes élèves la relève pour son écurie, ce qui s'effectue au détriment

de notre élevage, d’un équilibre offre-demande et de la santé financière de nos

exploitations. Si notre choix se porte sur une re-dynamisation pour cette jeune

génération, le programme de courses se trouve par là même transformé, ce qui

n'est pas sans conséquences, mais le jeu en vaut la chandelle. Instituer plus

de courses à conditions pour que les chevaux de ces catégories aient leur

chance de gagner à plusieurs reprises et ainsi satisfaire leur entourage. Sans

idée de protectionnisme outrancier, le simple fait que notre système soit sain

et même bénéficiaire, attise les convoitises extérieures. Il ne faut pas perdre

à l'esprit que dans quelques années, notre "gâteau" sera divisé en

parts de plus en plus réduites, beaucoup plus d'acteurs seront présents pour

profiter de cette manne, inexistante dans le reste de l’Europe. Quand il ne

restera que les miettes, puisque nous ne nous serons pas donné les moyens

d'améliorer notre parc d'étalons, les projecteurs s'orienteront vers d'autres

pays plus en pointe et /ou sur d'autres jeux plus lucratifs ! Nous devons

rester vigilants dans ce système libéral, car à l'image des entreprises qui

implantent leurs usines dans les pays émergents, nous délocalisons notre

élevage. En envoyant systématiquement nos meilleures poulinières en Irlande ou

en Angleterre, nous faisons le jeu de nos concurrents, déjà conscients de notre

carence d'étalons de haut niveau. Nous ne dégageons pas suffisamment de

ressources financières lors d'une syndication intéressante,  notre mentalité individualiste nous divise

alors qu'il faudrait faire acte de solidarité et d'enthousiasme.  Naître en France = une contrainte… à court

terme sans nul doute. Mais un atout à moyen et long terme certainement !

Le label

"FR"

EFFET

"INSTANTANE RETARD" :

En

incitant les éleveurs à faire naître en France, nous rendons à notre élevage la

force du suffixe "FR". Par le simple jeu des vases communicants, le

suffixe "FR", qui fait cruellement défaut à tous les produits de

l’élevage français nés à l’étranger, s’éliminera du pays de naissance actuel et

viendra de plein droit renforcer nos statistiques dans la compétition

internationale. Quatre cent cinquante naissances à l’étranger, actuellement à

notre passif, se transformeront ainsi, par le jeu des statistiques révisées

cumulées, en 900 à notre crédit. CQFD.

EFFET

SECONDAIRE :

Certains

médicaments sont connus pour leurs effets secondaires: désirables ou indésirables.

Dans le cas qui nous concerne, le fait de pouliner sur notre sol avant de

partir pour la monte à l'étranger est une contrainte (effet indésirable). Pour

les juments dont le terme se situe fin avril, début mai, la présence d'étalons

de haut niveau sur le sol français devient essentielle. Cet effet contraignant

devient une motivation pour les étalonniers et les éleveurs. Ceux-ci se donnent

les moyens de faire venir de meilleurs étalons sur notre territoire (effet

désirable). En final, l'adage : la liberté des uns commence là où s'arrête

celle des autres; positivement devient : la liberté des uns commence là où elle

confirme celle des autres !

Hubert

Honoré Commission élevage du Syndicat des éleveurs