Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Newmarket (gb), qipco 2.000 guinees (gr1) : il a fallu un crack pour battre la french touch

Autres informations / 05.05.2012

Newmarket (gb), qipco 2.000 guinees (gr1) : il a fallu un crack pour battre la french touch

On a

vibré dans le clan français ! Mais il a fallu un cheval, un crack, pour venir

empocher la mise à la fin dans les Qipco 2.000 Guinées (Gr1). Grand favori,

Camelot (Montjeu) a prouvé qu’il était un cheval hors du commun et il a réussi

à aller contre les statistiques pour écrire son histoire. Pourtant, longtemps,

on a pu penser que les Français tenaient le bon bout dans ces "Guinées"

aux trois pelotons. Aux six cents mètres, Abtaal (Rock Hard Ten), allait plutôt

bien dans le peloton de l’extérieur. Mais il s’est éteint un peu plus loin, ce

qui a obligé Hermival (Dubawi) a venir seul, sur un vrai bout de classe. Il a,

lui aussi, fait illusion, mais c’était sans compter sur French Fifteen (Turtle

Bowl), qui s’est longtemps fait oublier avant d’attaquer dans le dernier

furlong, moment où cela remonte et où la course a totalement changé de

physionomie. « On y a cru » disait-on dans le clan de French Fifteen. Mais

voilà, Camelot a surgi et, après une lutte à couteaux tirés, il est venu à bout

de French Fifteen… d’une encolure. Il n’y a rien à redire. Camelot était bien

supérieur à tout le monde ce samedi. Il est allé contre plusieurs

contre-vérités. Celle disant que le Racing Post Trophy (Gr1) n’était pas une

bonne préparatoire aux "Guinées". Celle voulant que Montjeu, disparu

cette année et auquel Camelot a rendu un superbe hommage, était un étalon de

Derby, et seulement de Derby. Et, enfin, celle qui disait que Joseph O’Brien

montait parce que c’est le fils de son père. Samedi, il a monté une très bonne

course et il n’y a rien à redire là-dessus.

CAMELOT,

PROFIL DE CHEVAL DE DERBY

L’exploit

de Camelot est d’avoir réussi à s’imposer face une opposition ayant montré de

la qualité sur le mile, et même sur des distances plus courtes. Camelot n’a pas

le profil d’un miler, mais plutôt d’un cheval de Derby. C’est d’ailleurs cette

course, à Epsom, qui est désormais dans sa ligne de mire, comme l’indiquait

Aidan O’Brien, son entraîneur : « Nous avons toujours su que Camelot est un

cheval qui sort de l’ordinaire. Il est évident, en le regardant, qu’une course

comme le Derby d’Epsom peut lui convenir. Nous savions, en courant ici, que les

statistiques étaient contre nous, mais on savait aussi que nous avions en

Camelot un cheval qui possède beaucoup de vitesse. » Logiquement, Camelot sera

le grand favori à Epsom et il faudra un drôle de cheval pour en venir à bout.

UNE

BELLE HISTOIRE FAMILIALE

À la

remise des trophées, c’était la fierté qui brillait dans les yeux d’Aidan

O’Brien. Avec Camelot, il a permis à son fils, Joseph, de gagner son premier

classique en Angleterre. Souvent, l’an dernier, Joseph O’Brien avait été

critiqué. En fin de saison, il avait déjà calmé tout le monde dans le Breeders’

Cup Turf (Gr1) avec St Nicholas Abbey (Montjeu) et, maintenant, suite à ce

succès avec Camelot, il est certain qu’il va ne va plus être pris de haut.

Aidan O’Brien, qui gagne là ses sixièmes 2.000 Guinées – plus qu’une pour

égaler le record de John Scott établi entre 1842 et 1862 – a, après la course,

parlé de son fils en disant : « Je ne peux pas exprimer le privilège que j’ai

et dans quel état je me trouve. C’est l’un de ces jours spéciaux dont on rêve.

J’avais une idée de la manière dont Joseph devait monter le cheval. Mais, après

avoir marché sur la piste avec lui, il m’a fait plusieurs remarques. Je n’ai

rien dit et je l’ai laissé faire. Il a eu raison. »

CAMELOT

FAIT MENTIR LES STATISTIQUES

Depuis

1972 et High Top, aucun gagnant du Racing Post Trophy n’avait ensuite remporté

les "Guinées". Le dernier exemple de "dégel" ayant été St

Nicholas Abbey, qui est, comme Camelot, fils de Montjeu et entraîné par Aidan

O’Brien. Camelot a couru deux fois à 2ans sur 1.600m et depuis Dancing Brave,

en 1986, aucun vainqueur des "Guinées" n'avait couru seulement sur

1.600m ou plus. Montjeu est plus connu pour faire des chevaux de 2.000m ou

plus. Il n’avait, avant Camelot, aucun gagnant de Gr1 de 3ans et plus et 1.600m

et moins.

ON Y A

CRU DANS LE CLAN DE FRENCH FIFTEEN

Présents

à Newmarket, Aliette et Gilles Forien, éleveurs de French Fifteen « ont

vraiment cru à la victoire » quand leur élève est passé à l’attaque. Olivier

Peslier confiait également qu’il a cru pouvoir empocher ses deuxièmes 2.000

Guinées, après celles de Cockney Rebel (Val Royal) en 2007. Malgré la déception

d’être battu, dans le clan de French Fifteen on savait aussi voir que Camelot

est un cheval qui sort de l’ordinaire. Finalement, il n’y a pas d’ombrage à

être battu par lui et French Fifteen a montré qu’il était un super cheval.

Après la course, Nicolas Clément nous disait : « French Fifteen court vraiment

très bien. Il a placé une belle accélération et s’est montré courageux face à

Camelot. Il est battu à la régulière par un bon cheval. Si l’on écarte la

course de ses débuts, il n’a jamais fini plus loin que deuxième. C’est un

cheval d’exception. » Lors du "debriefing" d’après course, Olivier

Peslier indiquait que le cheval avait le profil pour réussir dans des épreuves

telles que le Breeders’ Cup Mile (Gr1), où il y aurait plus de train en

partant. De son côté, Nicolas Clément a ajouté : « Je suis content de French

Fifteen, d’autant que le gagnant est exceptionnel. Il est possible que l’on

aille sur le Prix du Jockey Club (Gr1) ou les St James’s Palace Stakes (Gr1). »

Premier Français, French Fifteen n’a pas à rougir de sa deuxième place. Il

montre que ses victoires dans le Critérium International (Gr1) et dans le Prix

Djebel (Gr3) ne sont pas dues au hasard. Il a fait du chemin et a toujours

progressé dans sa carrière, après s’être façonné en passant par la province. Il

met également en avant son père, Turtle Bowl, étalon qui a fait sa carrière de

course chez François Rohaut et qui est en France, au Haras de la Reboursière et

de Montaigu.

HERMIVAL

DU MAUVAIS COTE

La

troisième place d’Hermival peut, elle, laisser des regrets. Regrets d’avoir été

au mauvais endroit dans les stalles, à l’extérieur (petit numéro à la corde),

là où la course ne s’est pas jouée. Pendant que French Fifteen et Camelot ont

pu progresser avec les chevaux, près des tribunes, Hermival a été contraint de

lancer la course, sa course même, à quatre cents mètres du poteau. Il a même

fait illusion pour la victoire et même si Sylvain Vidal, présent à Newmarket,

"a crié tout ce qu’il a pu", cela n’a pas suffi et Hermival, seul au

monde à l’extérieur, a pris une méritoire troisième place. Il passait un vrai

test ici et c’est réussi. Il pourra un jour gagner son Gr1. Son entraîneur,

Mikel Delzangles, nous a expliqué après la course : « Il court super, mais,

bien sûr, c’est dommage d’avoir été placé du mauvais côté de la corde. On ne

sait pas ce que cela aurait donné s'il avait été de l’autre côté mais bon, on

peut tout imaginer. Hermival n’a eu personne pour l’emmener. Malgré tout, être

troisième des "Guinées" c’est super. »

LE QATAR

PRES DU BUT

Via

Qipco, la famille qatarie des Al Thani sponsorise le weekend des

"Guinées". Pour voir leurs couleurs briller à Newmarket, les Al Thani

n’ont pas hésité à devenir propriétaire et copropriétaire de French Fifteen et

Hermival. Ces deux chevaux se classent deuxième et troisième. Les

investissements étaient judicieux et les Al Thani n’étaient pas loin de la

victoire.

ABTAAL

HUITIEME

Préféré

des books parmi les trois chevaux français, Abtaal a longtemps donné

l’impression d’aller facilement. En tête du peloton de l’extérieur (qui était

en retard), il s’est fait déposer par Hermival à quatre cents mètres du but.

Néanmoins, Abtaal n’a pas totalement sombré et il a conservé la huitième place,

devant beaucoup de chevaux du wagon de l’intérieur. Quatrième, Trumpet Major

(Arakan) a longtemps fait illusion, avec Caspar Netscher (Dutch Art), quand ils

se sont sauvés du peloton. Mais, les bons chevaux sont venus fondre sur eux.

Trumpet Major se comporte bien, même si son action pour finir est plutôt

raccourcie. Dans les Craven Stakes (Gr3), il avait tenté le même coup en

partant de loin.