Quel avenir pour la filiere cheval a pompadour ?

Autres informations / 05.05.2012

Quel avenir pour la filiere cheval a pompadour ?

PAR

BERNARD FAVENNEC, ELEVEUR EN CORREZE.

Ce

samedi doivent se réunir les adhérents de la Société des Courses de Pompadour.

De retour en Métropole après un accident très grave en Guyane, attaché au

cheval pour de multiples raisons, j’ai décidé de me réinstaller dans mon coin

de Corrèze. J’avais déjà bien conscience que notre cité traversait des moments

d’une extrême gravité. Lorsqu’on m’a conseillé de venir en Normandie, j’ai

refusé, considérant que si j’avais eu la chance de profiter des bienfaits d’un

si fantastique héritage, je devais m’appliquer à aider à le transmettre dans le

meilleur état possible. Avec le soutien du Syndicat des Éleveurs de

Paris-Province, des "Permis d’entraîner" de Jacques Le Dantec et de

notre société-mère, j’ai tenté de mettre en route un élevage et de participer

de mon mieux à l’activité locale des courses…Mon bâton de pèlerin m’a conduit

partout où je pouvais aider à la défense et à la promotion de Pompadour. C’est

moi qui ai remis à M. Jean-Paul Denanot, Président de notre Région, le rapport

de M. Bélinguier concernant le PMU dont il était à l’époque le principal

responsable. Je rappelle que le PMU était le principal bailleur de fonds de la

filière. Je rappelle également, avec plaisir, que M. Bélinguier vient d’être

élu Président de France Galop, notre maison-mère. Sur le plan de l’élevage, je

suis absolument catastrophé…Comment accepter une disparition totale,

définitive, des Haras nationaux ? Ce serait un suicide parce que l’image de

Pompadour est liée de façon "charnelle" à cette institution. Lorsque

je dis qu’il faudrait à Pompadour un Jean Lassalle [député Modem, auteur d’une

grève de la faim pour sauver une entreprise de sa circonscription, ndlr], c’est

la plus totale incompréhension que je lis dans les regards. Pourtant avec la

disparition des Haras, c’est notre cité qui est en train de plonger dans la

plus totale somnolence. Demain, "Pompadour Cité du Cheval" risque

d’apparaître comme de la publicité mensongère. La cité de Pompadour ne

serait-elle pas à la hauteur de ses héritages ? Mais fait-on le nécessaire pour

impliquer la population locale, toute la population !!! Une lueur d’espoir nous

viendrait de la jumenterie de La Rivière, dont je rappelle qu’elle fut la seule

jumenterie nationale de France. Il est vrai que Jérôme Bianconi et Marie-Anne

Holic relèvent un impressionnant défi. Souhaitons-leur bonne chance et espérons

que personne, au plan local ou ailleurs, ne mise sur leur échec afin de

recueillir, à l’occasion, les structures appartenant à l’État. Concernant

l’anglo-arabe, je suis à présent persuadé que Pompadour doit rester un pôle

d’élevage et d’utilisation de la race. J’ai d’ailleurs proposé à l’ANAA de

créer ici un centre d’élevage arabe/anglo-arabe. Cela pourrait s’inscrire dans

un plan d’équilibrage de la carte de la filière en France. Malheureusement, on

se heurte ici à des conflits d’intérêts. La manne des courses

"anglos" étant ce qu’elle est, on assiste, selon moi, à un repli sur

des bases dont le centre géographique se déplace toujours un peu plus vers le

sud de "l’Anglo-Arabie". Lorsque, à la réunion de Tarbes, en 2011, je

dis la nécessité de rétablir des courses "anglos" pour 3ans à

Pompadour, que je prouve, documents à l’appui, que ces courses ont été plus

nombreuses à une autre époque, on me répond que la piste est trop mauvaise pour

ces jeunes chevaux, argument que je réfute. Je me sens bien seul à défendre

notre hippodrome. Il est vrai que l’absence absolue de toute réunion du

Syndicat des Éleveurs de Chevaux de Sang de la Corrèze est malheureusement

significative de l’état de notre filière au plan local. Pourtant, je conteste

cette argumentation : la piste serait-elle pire que dans les années 80-90 ? Les

entraîneurs qui courent leurs pur-sang de 2-3ans seraient-ils des professionnels

indignes ? Tiens, mais c’est bien en plat que l’on a les partants les plus

nombreux! Il faudra bien d’ailleurs que l’on s’interroge sur certaines

curiosités. Pompadour, Centre d’entraînement secondaire ? Mais c’est une

excellente idée ! Je l’ai dit, même si, au retour d’une réunion des

"permis d’entraîner", une personne a pu essayer de faire croire que

je m’y étais montré défavorable. Un centre secondaire permettrait peut-être de

fixer des professionnels et des non-professionnels à Pompadour, qui s’y

installeraient définitivement. Un centre secondaire doit offrir aux

professionnels et aux "permis d’entraîner" qui sont – on utilise

assez l’argument – nombreux, des structures d’accueil, des pistes

d’entraînement à la hauteur des objectifs. L’accueil ? On pourrait le trouver

du côté des Haras nationaux, dont les écuries sont désespérément vides depuis

trop longtemps. Comme, effectivement, les activités de C.S.O., de Dressage, de

Complet sont encore nombreuses, et on doit s’en réjouir, ne pourrait-on chercher

honnêtement, sans a priori, des solutions acceptables pour tous ? Mais il

conviendrait de laisser les arrière-pensées au vestiaire. Je le martèle une

fois de plus, Pompadour a besoin de son Haras national, qui peut être défendu à

de nombreux titres et, par exemple, en termes d’aménagement du territoire.

Concernant les pistes, là encore, il conviendrait dans l’immédiat d’élaborer un

code de "bonne conduite" sur l’utilisation de l’hippodrome. Très

simplement, par exemple, pourquoi ne pas utiliser, les jours de "Concours

complet", des engins munis de pneus "gazon" évitant la

destruction du sol de l’hippodrome ? À ce jour, je souhaite que l’on mutualise

toutes les bonnes volontés, que l’on fasse appel et que l’on rassemble les

personnes qui sont attachées à Pompadour, à son hippodrome, et j’en ai

rencontré au cours des réunions à Auteuil, Deauville et ailleurs, afin qu’on

mette sérieusement en place des modalités de défense de notre héritage.