Algerie : grande fete populaire au caroubier

Autres informations / 26.06.2012

Algerie : grande fete populaire au caroubier

Le

mythique hippodrome du Caroubier était en fête, dimanche dernier, à l’occasion

du Grand Prix du Président de la République, épreuve reine du calendrier

hippique algérien. Malgré le temps chaud et humide, un public nombreux et

enthousiaste a assisté à cette réunion de gala animée par un groupe de

cavaliers traditionnels de Tiaret qui ont exécuté des charges de

"fantasia" avec des salves de "baroud" impressionnantes au

passage devant les tribunes et par des troupes folkloriques de Bou Saâda avec

des danseuses voilées, rappelant des scènes de tableaux orientalistes du début

du siècle dernier. Sur ce site situé en bordure de la mer, se déroula, en 1860,

une grande "fantasia" devant Napoléon III et l’impératrice Eugénie de

Montijo. Le Grand Prix du Président de la République a été crée en 1969 et

s’adressait initialement aux pur-sang anglais sur la distance classique de

2.400m. En 1986, suite à une réforme du programme, cette prestigieuse épreuve a

été réservée aux pur-sang arabes de 3ans et plus sur la distance de 1.600m.

Cette 43e édition dotée de 1.000.000 Dinars (environ 10.000 euros), a réuni

dix-huit partants, dont trois pouliches. Principal animateur du groupe de tête,

le 3ans Yamani, appartenant à Chaouki Bensafeddine et monté par Tobi Lazreg, a

accéléré de manière décisive dans la ligne droite avant de dominer le sprint

final pour l’emporter en 1’57’’ et avec deux longueurs d’avance sur la 4ans

Badr Essahra qui devançait nettement Nour el Mels, suivi de Nihed et Ariha. Les

deux premiers sont issus de l’étalon d’origine française Malibu des Vialettes

(élevage de J.-P. Raynal) et originaires de la région de Laghouet, une oasis

aux confins de l’Atlas et du Sahara et qui porte orgueilleusement le surnom de

"Porte du Désert". Le climat y est sec et rude, mais le sol y est

fertile et on y trouve de la verdure à longueur d’année, à l’ombre des

palmiers, principale richesse de la région. Les chevaux qui y sont élevés ont

la réputation d’être robustes, rustiques et vigoureux comme le souligne l’émir

Abdelkader dans ses mémoires. Le Grand Prix de l’UMA (2.000m), ouvert aux

pur-sang arabes "importés" avec douze chevaux acquis en France, a

connu une arrivée très disputée, avec cinq chevaux à la lutte. C’est d’une tête

que le 6ans Messaoud, monté par A. Boukhachba, a forcé la décision, aux dépens

de la 4ans Ghezala (Djebel Lotois) suivie de près par l’ex-pensionnaire de Guy

Dell’Ova Spirit de Carrère (Guytou de Carrère), Ange Gardien (Volpone) et Taj

Mhahal, (Al Sakbe) pratiquement groupés. Issu de Dormane et Khadija (élevage du

Gaec Campos), le vainqueur appartient à Ahmed Toumiet. Le Grand Prix des

pur-sang anglais (2.400m) avec dix partants, pour la plupart importés de

France, a été enlevé avec brio par la jument de 7ans Spirit Nazareth (Majorien

et Kerlinka) avec trois longueurs d’avance sur Amusante (Anabaa) et Tea Party

(Iron Mask). L’étape algérienne du "championnat méditerranéen des

jockeys" (1.600m) a été nettement dominée par la 4ans Sushila (Iron Mask

et Doraflor) associée au jockey algérien Sofiane Boumedienne, loin devant

Something Spanish monté par le Français Alexandre Pillet, suivi de Vicvic,

confiée au tunisien Khaled Mahfoudh. Rappelons que les jeux sur les courses

françaises, qui étaient très populaires en Algérie, ont été suspendus en 1977,

suite à la fameuse ordonnance 77/04 signée par le défunt président Houari

Boumediène. Depuis, le budget de la Société des courses hippiques et du Pari

Mutuel s’est considérablement réduit, les courses locales (600 courses par an

pour un effectif de 1.200 chevaux) n’offrent pas suffisamment d’intérêt pour

les parieurs locaux. L’élevage algérien (principalement du pur-sang arabe) est

loin de satisfaire les besoins et les propriétaires sont contraints d’importer

régulièrement des chevaux de France. Des lots de trotteurs français et de

galopeurs ont été importés à plusieurs reprises pour étoffer l’effectif. Mais

les allocations offertes restent très modestes et souvent ne couvrent pas les

frais d’achat et d’entretien des chevaux. La jeune équipe à la tête de la

Société est à la recherche de solutions pour relancer le jeu, avec un projet de

collaboration avec ses voisins tunisiens et marocains, afin d’augmenter ses

ressources et assurer l’essor du secteur hippique.