Anne-sophie pacault : « j’ai eu tout ce que je voulais… »

Autres informations / 19.06.2012

Anne-sophie pacault : « j’ai eu tout ce que je voulais… »

Lors de la

grande réunion du Prix de Diane-Longines (Gr1), dimanche dernier à Chantilly,

Anne-Sophie Pacault, sept fois Cravache d’or des cavalières, vice-championne du

monde Fegentri, a annoncé son souhait d’arrêter sa "carrière" de

cavalière. Cette annonce fut faite suite à sa victoire dans le Prix de la Reine

Marie-Amélie (D), qu’elle a remporté avec son cheval de coeur, Representing

(Rahy). Un cheval qui lui appartient et qu’elle entraîne chaque matin. Nous

l’avons rencontrée.

JDG. –

POURQUOI AVOIR DECIDE D’ARRETER VOTRE "CARRIERE" DE CAVALIERE ?

Anne-Sophie

Pacault. – Déjà, depuis ma chute l’an passé sur l’hippodrome de Lyon-La Soie,

physiquement, je souffre. Mon dos me rappelle continuellement à l’ordre. Mais

je crois que j’ai tout simplement atteint tous les objectifs que je m’étais

fixés. Cela a été très progressif. J’ai d’abord rêvé de monter en course, puis

d’en gagner une, puis de m’imposer lors d’une réunion P.H.H., puis de détenir

le record de victoires annuelles [32, ndlr], puis globales [177, ndlr]... Et

j’ai tout réussi. J’en suis tellement heureuse ! Enfin, gagner avec mon cheval,

Representing, avec qui j’ai tant partagé, était le plus cadeau que je puisse

m’offrir et, surtout, la plus belle façon pour moi d’arrêter ma

"carrière". Je suis une battante et je n’aime pas faire les choses à

moitié. Je ne voulais pas que quelqu’un décide à ma place de me mettre à la

poubelle. Dimanche, j’ai gagné avec le meilleur cheval du monde, pour la plus

belle casaque du monde. J’ai eu tout ce que je voulais.

VOUS AVEZ

TOUJOURS ETE BAIGNEE DANS LE MONDE DES COURSES GRACE A VOTRE FAMILLE. CELA A DU

ETRE INNE POUR VOUS DE MONTER A CHEVAL A VOTRE TOUR ?

À vrai

dire, oui. Je ne marchais pas encore que mon grand-père me mettait déjà à poney

au haras de Mirande ! J’ai d’abord commencé dans le C.S.O., où j’ai eu la

chance de participer aux championnats de France, puis, vers l’âge de 13 ans,

j’ai commencé à monter les chevaux de course de ma mère. C’est en 1997, à l’âge

de 17 ans, que j’ai pris pour la première fois ma licence de cavalière. Ce

n’est qu’en 2004, à Pau, que j’ai remporté ma première victoire.

POURQUOI

AVOIR CHOISI L’AMATEURISME ?

Déjà, je

voulais effectuer des études externes au monde du cheval. Et puis, je pense que

j’ai plus un esprit de camaraderie, de fidélité. Je n’aurais pas été assez

dure, je pense, pour devenir jockey professionnel. J’aime avoir une histoire

avec les personnes que je rencontre. Je préférais presque aller monter un

cheval sans aucune chance pour un ami, que de monter une première chance pour

un inconnu. De plus, à côté de cela, l’amateurisme m’a permis de monter pour

les plus grandes casaques sur les plus beaux hippodromes. Ma victoire avec

Cartel (Cape Cross) pour le Cheikh Mohammed Al Maktoum, à Longchamp, il y a

trois ans, restera, par exemple, un de mes plus beaux souvenirs.

ET

MAINTENANT, QU’ALLEZ-VOUS FAIRE ?

Je

travaille actuellement au service hippique de la mairie de Maisons-Laffitte et

je m’occupe de la promotion du centre d’entraînement ainsi que du rond Sévigné

sur lequel il nous reste des parcelles à vendre. Je vais ensuite continuer de

m’occuper de mon cheval chaque matin, avant de me rendre à mon travail. Je ne

sais pas encore si je garderai ma licence de permis d’entraîner. Suivant les

éventuelles propositions, je ne serais pas contre le fait de passer ma licence

d’entraîneur en fin d’année. Toujours est-il que je resterai au contact de mes

chevaux. Je suis heureuse auprès d’eux. Ils sont ma vie ! Je tiens à remercier

ma mère, Isabelle Pacault, et Guy Cherel, mon beau-père, ainsi que leurs

équipes, sans qui jamais cela n'aurait été possible. Je remercie également

toutes les personnes qui m’ont témoigné de leur amitié et qui m’ont soutenu

tout au long de ces années. Je ne les oublierai pas.