Bravo pour longchamp… a quand un « parisian ascot » ? par mayeul caire, directeur de jour de galop

Autres informations / 27.06.2012

Bravo pour longchamp… a quand un « parisian ascot » ? par mayeul caire, directeur de jour de galop

Je ne

veux pas dire que cette annonce est passée inaperçue, car ce serait un peu

exagéré. Mais la question des primes a suscité un tel buzz, que les bonnes

nouvelles au sujet de Longchamp et Auteuil ont presque été reléguées sur un

second plan, ce qui est regrettable. Car qu’a-t-on appris suite au conseil

d’administration de lundi ? Qu’un bail allait être enfin signé avec la Mairie

de Paris, après de trop longues années d’incertitude ; que ce bail porte sur

une période de cinquante ans ce qui, à notre époque, représente une éternité ;

et qu’il inclut Longchamp et Auteuil, ce qui signifie à la fois que le nouveau

Longchamp va pouvoir être construit et que l’obstacle est sauvé à Auteuil !

Quand on se souvient de ce qu’était la situation des mois précédents, avec

notamment une menace très forte sur Auteuil dans le cadre de différents projets

("écolos", scolaires, extension de Roland Garros, etc.), on ne peut

que pousser un triple ouf de soulagement. Aucun grand sport ne peut aujourd’hui

exister sans une grande enceinte. Et on sait par exemple ce que cette maxime

représente en termes de contraintes pour le football et le rugby, simples

locataires du Stade de France… Dieu sait que ce n’est pas toujours le cas dans

tous les domaines, mais pour une fois, les courses sont mieux loties que le

foot et le rugby ! Longchamp et Auteuil seront "à nous", si je puis

dire, puisque nous aurons la possibilité de travailler sur les bâtiments, sur

les services proposés au public les jours de course, sur les activités de

rentabilisation hors courses (restauration ? hôtellerie? loisirs ?). Fermons

les yeux et imaginons-nous sans bail à Longchamp. Repensons à ses infrastructures

vieillissantes, si éloignées de ce qu’elles devraient être dans un grand pays

de courses comme le nôtre… Ce serait une petite mort pour notre sport. Car tout

compte aujourd’hui. Et précisément, j’ai envie de dire que les primes,

intensément débattues depuis l’annonce de lundi, sont une partie importante du

problème, mais ne sont pas la seule question. Personnellement, le sujet sur

lequel je souhaiterais entendre nos dirigeants dans les mois qui viennent,

c’est la place des courses dans la société française. Je pose la question

aujourd’hui: « Pourquoi n’avons-nous pas notre Royal Ascot ? » Qu’est-ce qui

nous empêche de le mettre sur pied ? Cette interrogation, je l’ai soumise à un

élu de France Galop qui m’a répondu : « Impossible. Nous avons essayé, cela ne

fonctionne pas. » Cette réponse ressemble point pour point à celle des

footballeurs français avant et après le quart de finale France-Espagne : «

Battre les Espagnols, la meilleure équipe du monde ? Impossible ! » Eh bien

non, rien n’est impossible pour qui en a l’ambition. Cela peut prendre du

temps, demander des moyens importants, en argent et en hommes, mais il ne faut

pas y renoncer. Cette ambition est le prix à payer si nous voulons que nos

courses fassent à nouveau rêver les gens, du plus « grand » propriétaire au

plus « petit » turfiste – et même jusqu’à ceux qui n’ont encore jamais mis les

pieds sur un hippodrome. Nous devons regarder aujourd’hui la réalité en face et

reconnaître que, mis à part le jour de "l’Arc", il est actuellement

plus enthousiasmant de tenter sa chance dans un Groupe à Ascot (comme l’a fait

Guy Pariente avec Restiadargent) que nulle part ailleurs. C’est une évidence

quand on est propriétaire : nous rêvons tous, et moi le premier, d’une belle

course à Ascot ! Et il en est de même pour les turfistes, qui se pressent par

milliers à Ascot, posant un jour de congés en pleine semaine, car l’ambiance

est au rendez-vous et les services –la mère de toutes les batailles – sont au

niveau. Malheureusement pas comme le jour du "Diane", où il n’y avait

plus de bouteilles d’eau à vendre à partir de 14 heures, ce qui peut être vu

tout autant comme un succès de la manifestation– que de monde sur l’hippodrome

! – que comme un manque de service criant, surtout par un jour de grande

chaleur. Prévoir un nombre de bouteilles d’eau suffisant, qu’on ne me dise pas

que c’est impossible !