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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Cri d’alarme chez saonois, a nonant-le-pin

Autres informations / 06.06.2012

Cri d’alarme chez saonois, a nonant-le-pin

Quelques

jours avant de gagner le Prix du Jockey Club avec son élève saônois

(Chichicastenango), Olivier Corbière recevait des journalistes de France 3 en

son haras de Nonant-le-Pin (cf. vidéo ci-dessous). Au programme de ce reportage

: le très dangereux projet de décharge de refus de broyages automobiles, qui

peut impacter gravement tout l’élevage à la ronde…

La

société Guy Dauphin Environnement (G.D.E.) vient de lancer les travaux

d’établissement, à Nonant- le-Pin, d’un centre de stockage de déchets dits «non

dangereux ultimes» (90 000 tonnes par an) et de déchets «industriels banals»

(60 000 tonnes par an). La zone de stockage initiale représente 17 hectares, au

coeur d’un site de 170 hectares déjà acquis par G.D.E. Le mode d’exploitation

est dit semi-enterré, et s’élèverait au terme des 17 ans d’activité, à une

hauteur de 25 ou 30 mètres. GDE projette aussi de construire un centre de tri

visant à accueillir 47.500 tonnes de déchets par an : métaux ferreux et non

ferreux, déchets industriels banals, déchets d’équipement électriques et

électroniques.

HARO SUR

LE CHEVAL

Les

pires conséquences environnementales sont à craindre, présentant des dangers

évidents pour les hommes et les chevaux. Deux associations se sont créées pour

lutter contre le projet : Nonant Environnement (Noëlle Sandoz) et Sauvegarde

des Terres d’Élevage (Aliette Forien), qui regroupe déjà plus de 400 personnes

issues du monde du cheval (éleveurs, propriétaires, entraîneurs, salariés et

professions annexes). Ceux-ci viennent en large partie de la région de

Nonant-Le-Pin, Exmes, Le Merlerault et Mortrée. Néanmoins, ce projet ayant

choqué toute la profession, les adhésions commencent à venir de tous horizons.

Le 23 mai, les deux associations ont mené une journée d’information et de

sensibilisation. Ce fut l’occasion, pour le Docteur Lesné, de prononcer une

allocution très remarquée. Ce professeur de médecine de Rennes connaît bien la

question, puisqu’il a travaillé sur un projet équivalent à Plouray, en

Bretagne. Et ses conclusions valent pour Nonant…« Ce stock recèlera donc en

grand nombre et en grandes quantités des composés toxiques qui présentent un

danger potentiel très sérieux pour la santé de la population et pour

l’environnement. (…) des millions de m3 de biogaz – et plus probablement

environ le double –seront dispersés dans l’environnement. Cette émission

diffuse dispersera ainsi de nombreux composés chimiques, plus ou moins

malodorants et toxiques tels que le sulfure d’hydrogène, l’ammoniac, des acides

gras et de très nombreux autres composés organiques volatils. Des nuisances

olfactives régulières qui peuvent devenir très intenses, présenteront un

caractère quasi insupportables avec parfois des nausées et être perçues à

plusieurs kilomètres du site. La perception répétée, quasi quotidienne, de

mauvaises odeurs aux alentours des sites de stockage des déchets a un

retentissement important sur la santé des riverains, même en l’absence d’effets

toxiques. L’importance des mauvaises odeurs dégagées sur le site est reconnue

par le groupe G.D.E. qui envisage même l’utilisation de produits « masquants »

... ce qui est une fausse «bonne idée» notamment parce qu’elle peut faire

perdre la perception et la conscience de la présence de gaz dangereux. Ces importantes

fuites de biogaz entraîneront également dans l’atmosphère de nombreux métaux

toxiques (mercure, plomb, cadmium, chrome, manganèse ...), qui se seront

mélangés au biogaz pendant la phase de fermentation, en particulier au contact

des résidus de broyage automobile. Ces polluants retomberont ensuite sur terre

au gré des courants aériens. La contamination des populations vivant à

proximité d’un site polluant comme le centre d’enfouissement de Nonant-le-Pin,

se fait par deux voies principales : la voie respiratoire et la voie digestive.

Les impacts sur la santé de la population, par la voie respiratoire –la seule

prise en compte dans cette note – peuvent concerner toutes les composantes de

l’appareil respiratoire, premier exposé. À partir de cette porte d’entrée, les

cibles peuvent se situer dans tout le reste de l’organisme, en particulier sur

les autres organes les plus vitaux : le sang et le coeur, le cerveau et le

système nerveux dans son ensemble, le foie, les reins…Les effets toxiques

peuvent survenir immédiatement, directement provoqués par la dispersion

intense, de gaz irritants. Ce sont les effets les plus couramment connus car

plus facilement perceptibles. D’autres effets, très graves, peuvent apparaître

plus sournoisement, à retardement, parfois très longtemps – dix, vingt ans,

voire beaucoup plus – après l’exposition à ces produits toxiques. Ce sont des

cancers, des anomalies de la reproduction (malformations, stérilité ...) et

plus. […]Les erreurs et les défaillances de l’exploitant aboutiraient

inéluctablement, dans le contexte d’une installation telle que celle envisagée

par le groupe G.D.E., à des pollutions graves de l’environnement et à

l’apparition d’effets redoutables sur la santé de la population. L’impact

sanitaire d’une telle installation ne peut pas être complètement évalué sans

prendre en compte la possibilité d’incidents ou d’accidents, d’autant que les

«feux de décharge » sont des accidents bien connus et assez courants : ces

incendies constituent la cause principale d’accidents (2/3) sur les

installations de stockage de déchets. » Édifiant…En plus de cette étude

alarmante, les associations ont les plus vives inquiétudes quant au risque de

pollution des eaux : cette région nommée château d’eau de la Normandie, est

traversée par de nombreuse rivières qui se jettent dans l’Orne dont la source

est aux environ de Sées et l’embouchure à Ouistreham. Un ru traverse le site de

G.D.E. et se jette dans la Dieuge, affluent de l’Orne. L’on craint que des

problèmes surviennent sur la qualité des alvéoles d’enfouissement (incendie,

destruction accidentelle de la couche de protection) avec infiltrations de

produits polluants dans le sol. Si de tels accidents se produisaient, la

qualité des eaux de ces cours d’eau s’en trouverait durablement affectée.Ce

sont des eaux qui mouillent les terres agricoles et d’élevage de tout le

département et même du Calvados (sur le trajet de l’Orne).

GUY

DAUPHIN ENVIRONNEMENT : UN NOM PAS VRAIMENT RASSURANT…

Guy

Dauphin Environnement (G.D.E.) est le deuxième exploitant français de métaux de

récupération, son siège est établi à Rocquancourt (Calvados), où est aussi

situé son centre de retraitement des déchets. Possédant de gros broyeurs, elle

émet dans ses installations des rejets qui ont obligé certaines DREAL à leur appliquer

les normes de rejet des incinérateurs, alors que ces broyeurs ne sont pas

équipés de système de traitement des effluents gazeux. Elle est régulièrement

mise en cause pour non respect des arrêtés d’autorisation (broyage de véhicules

sans dépollution ni démontage, de matériaux interdits, rejets gazeux). La

commission d’enquête de Nonant-le-Pin a pu constater de visu, lors de son

déplacement programmé à Rocquancourt, la véracité de ces propos. C’est une des

raisons du refus motivé de cette commission d’enquête. Les actionnaires de

G.D.E. sont condamnés dans le cadre de l’affaire Trafigura (21 morts en Côte

d’Ivoire suite au déversement de déchets toxiques) et de celle de Versainville,

Calvados, pour le dépôt illégal de 150.000 tonnes de déchets dans la nature.

CALENDRIER

D’UN CAUCHEMAR

octobre

2006 : G.D.E. sollicite l’instauration de servitudes d’utilité publique sur

certaines parcelles situées dans un rayon de deux cents mètres.

février-mars

2007 : déroulement d’une enquête publique sur le centre de stockage et le

centre de tri. Le public s’exprime majoritairement contre ce projet.

avril

2007 : la commission d’enquête rend un avis négatif sur le centre de stockage.

janvier

2010 : le préfet refuse de délivrer l’autorisation d’exploiter à G.D.E.,

mars 2010

: G.D.E. introduit un recours de plein contentieux contre cet arrêté.

février

2011 : le tribunal administratif de Caen annule l’arrêté du préfet et le

contraint à prendre un arrêté de prescriptions et un arrêté portant création de

servitudes d’utilité publique. Le préfet ne reçoit pas du ministère de

l’Écologie l’autorisation de faire appel de la décision du tribunal.

juillet

2011 : le préfet publie ces deux arrêtés. Il changera de poste aussitôt après.

septembre

2011 : la direction des affaires culturelles publie un arrêté contraignant

G.D.E. a effectuer des fouilles préventives. Des vestiges datant de la Tène

sont mis à jour. Il est donc imposé de faire des fouilles complémentaires sur

4,6 hectares (fouilles en cours).

février

2012 : le tracé de la route D 438 est modifié pour permettre aux camions de

G.D.E. de tourner à gauche en venant de Sées.

mars

2012 : la société G.D.E. entame les travaux d’installation.

mai 2012

: les associations de défense organisent une grande manifestation pour

sensibiliser la population locale et l’opinion publique.