Jean-pierre gauvin, une vie passee a saint-cyr-les-vignes

Autres informations / 07.06.2012

Jean-pierre gauvin, une vie passee a saint-cyr-les-vignes

Jean-Pierre

Gauvin a vécu le plus beau moment de carrière dimanche dernier, en remportant

le Prix du Jockey Club (Gr1) avec Saônois (Chichicastenango). L’entraîneur

installé à Saint-Cyr-les-Vignes, à une trentaine de kilomètres de

Saint-Étienne, est revenu sur le parcours qui l’a mené à ce sommet.

JDG. –

POUVEZ-VOUS NOUS RACONTER L’HISTOIRE DE VOTRE CENTRE D’ENTRAINEMENT, A

SAINT-CYR-LES-VIGNES ?

Jean-Pierre

Gauvin. – Originellement, mon écurie était ce qu’on appelait une “ferme

moderne”. Il y en avait quelques-unes dans la région. On y fabriquait du lait

au début du vingtième siècle. C’est cette base qui alimentait Saint-Étienne.

Mais cela ne fonctionnait pas très bien alors René Bedel, un grand

propriétaire,  a racheté les structures

et y a construit son centre d’entraînement dans les années 20. Albert Swan

Junior est venu s’y installer pour devenir l’entraîneur particulier de Monsieur

Bedel.

COMMENT

Y ETES-VOUS ARRIVE ?

J’avais

commencé à apprendre le métier à Graignes, au trot, j’avais alors 14 ans.

J’étais dans la promotion de Pierre Vercruysse et Bertrand de Folleville. Mes

parents m’ont convaincu de me tourner vers le galop, car je faisais à peine 30

kilos à cette époque. J’ai donc fait un stage chez Albert Swan, qui était

installé à 25 kilomètres de chez moi. Ce fut une révélation. Ensuite, il a

fallu que j’effectue mon apprentissage. J’aurais pu intégrer une grande écurie

parisienne, mais mes parents préféraient que je ne sois pas trop loin de la

maison, alors j’ai intégré l’écurie d’Albert Swan à la fin de l’année 1978. À

cette époque, c’est Patrick Auger qui était le premier jockey, mais quelques

mois plus tard, Robert Laplanche est arrivé. J’étais le jeune apprenti, mais je

montais régulièrement. J’ai gagné de bonnes courses à Longchamp. Ensuite, Louis

boulard a remplacé Albert Swan…Au début des années 1980, Albert Swan était déjà

un vieil homme. Il était malade et Louis Boulard a pris le relais. Il est

devenu entraîneur sur le tard, prenant sa licence en 1981, mais il avait tout

appris au contact d’Albert Swan. À cette époque, nous avions déjà toute la famille

de Saônois à l’entraînement et notamment Sarepta, qui a gagné le Grand Prix de

Vichy (Gr3).

VOUS

AVEZ ALORS COMMENCE A ENTRAINER VOS PROPRES CHEVAUX ?

C’est ce

que j’ai toujours voulu faire. Mon père, qui ne connaissait rien aux courses, a

obtenu un permis d’entraîner, mais c’est moi qui travaillais les chevaux le

matin. Le premier cheval que j’ai entraîné, Manhood, a gagné un Quarté à la

cote de 99/1 à Vichy, en 1989. Au même moment, un virus a sévi à

Saint-Cyr-les-Vignes, pendant six mois, il n’y avait que trois des

quarante-cinq chevaux de l’écurie qui couraient, alors je montais beaucoup

moins. Cette année-là a été décisive. Je me suis gravement accidenté et j’ai dû

arrêter de monter pendant six mois. J’ai passé ma licence d’entraîneur à la fin

de l’année, dans la même promotion que Jean-Luc Guillochon. Mon idée, c’était

de devenir entraîneur-jockey. Un an après avoir obtenu ma licence, je ne

m’étais toujours pas installé et j’ai alors posé mes valises à Marseille. J’y

suis resté deux ans, jusqu’à ce que Louis Boulard devienne entraîneur

particulier de Jean-Claude Seroul. Ça se passait moins bien à

Saint-Cyrles-Vignes, Robert Laplanche avait quitté l’écurie lui aussi et

Monsieur Bedel souhaitait prendre du recul. Il m’a contacté et m’a proposé la

propriété. Je me suis lourdement endetté, mais j’ai accepté.

COMMENT

SE STRUCTURE VOTRE ECURIE ?

J’ai une

cinquantaine de boxes et deux pistes. L’une en sable et l’autre qui fait le

tour, en gazon. La piste en sable fait 1.600m, c’est celle que je pratique le

plus. Nous avons utilisé plusieurs types de sables. Monsieur Bedel utilisait un

sable tamisé de rivière, mais il est devenu introuvable. Puis nous avons changé

pour un sable qui s’est révélé abrasif. Alors l’année dernière, j’ai fait

refaire intégralement la piste avec un micro-sable, dont nous avons aussi versé

une partie sur le gazon. La piste a un excellent profil, qu’elle soit corde à

droite ou à gauche, elle finit en montant sur trois cents mètres. C’est parfait

pour travailler le fond.