La grande interview : nicolas clément : « il faut revoir les conditions de course du "jockey club

Autres informations / 12.06.2012

La grande interview : nicolas clément : « il faut revoir les conditions de course du "jockey club

Une

semaine après le "Jockey Club", Nicolas Clément nous a donné des

nouvelles de French Fifteen, tout en exprimant sa position sur le Gr1 cantilien

nouvelle formule.

JDG. –

CINQ JOURS APRÈS LE "JOCKEY CLUB", COMMENT VA FRENCH FIFTEEN ?

Nicolas

Clément. – French Fifteen est rentré avec plusieurs atteintes. Son moral est

bon. Il n'a pour ainsi dire pas couru, et nous allons le diriger vers son

prochain objectif, le Prix Jean Prat.

QUEL EST

VOTRE RESSENTI DU DÉROULEMENT DE LA COURSE ?

Je suis

bien évidemment déçu que French Fifteen n'ait pas pu s'exprimer. Le

"Jockey Club" ne se court qu'une fois, et il aurait été formidable de

le gagner avec lui.

QUELLE

EST VOTRE POSITION PAR RAPPORT AU DÉBAT QUI AGITE LE MONDE DES COURSES AU SUJET

DE CETTE ÉDITION DU "JOCKEY CLUB" ?

Il y a

souvent un manque de train dans ce Gr1. Il y a eu un coup de frein notoire dans

le dernier tournant [fraction la plus lente de la journée, des 1.000m aux 400m

en 38'8", là ou la course devrait se décanter et où certains devraient

avancer, ndlr]. La course de dimanche a prouvé que les bons chevaux n'arrivent

pas à s'exprimer. Il y a tous les ans un nombre trop élevé de partants. Tout le

monde ne peut pas courir le "Jockey Club". Je comprends évidemment

les entraîneurs et propriétaires qui sont attirés par les importantes

allocations. Je ne suis pas contre l'idée de diviser par deux les allocations

attribuées du deuxième au cinquième. Le cinquième du "Jockey Club"

gagne plus qu'un vainqueur de Gr3... Mécaniquement vous aurez moins de partants

et probablement moins de bousculades. Je suis tout aussi amer face au manque de

respect de certains jockeys durant le parcours. Ils devraient être sévèrement

sanctionnés, par une mise à pied beaucoup plus importante dans les classiques,

parce que ces comportements dangereux le sont pour les autres, mais aussi pour

eux.

ET QUE

PENSEZ-VOUS DE LA DISTANCE DE NOTRE DERBY ?

Ne

jugeons pas la nouvelle distance de cette épreuve uniquement sur cette édition.

Prenons un peu de recul : je pense qu'un bon 3ans doit être polyvalent et doit

pouvoir gagner tout aussi bien sur 2.100m dans une course régulière que le

Grand Prix de Paris. Ou bien avoir un break et aller sur "l’Arc" avec

une préparatoire dans le "Niel". Le problème cette année n’était pas

lié à la distance mais au manque de train, qui a induit de fortes bousculades

avec autant de partants. Le "Jockey Club" nouvelle vague permet à des

milers allongés de rencontrer des chevaux de distance intermédiaire et

classique. Sur le long terme, il permettra de bien fixer la hiérarchie de la

génération française et peut-être européenne. Il ne sera pas en concurrence

avec Epsom. Shamardal a été un très bon gagnant du "Jockey Club"

nouvelle version, et il est devenu un étalon remarquable. Le "Jockey

Club" ancienne version a vu des champions tels Montjeu, Darshaan, Top

Ville mais aussi des vainqueurs moyens. Qui se rappelle de Hours After, Blue

Canari, ou Polytain ? Ont-ils amélioré la race ? Zarkava n’a-t-elle pas gagné

la "Poule" sur 1.600m, le "Diane" sur 2.100m et ensuite le

"Vermeille" et "l’Arc" sur 2.400m, rentrant ainsi dans

l’histoire comme une des meilleures pouliches de l’après-guerre ? Les vrais

bons 3ans gagnent sur toutes les distances et contre les "vieux" au

deuxième semestre. Les éleveurs veulent plutôt des étalons de distance

intermédiaire avec un coup de rein qui, avec le courage, le pedigree et un bon

physique, sont les ingrédients nécessaires pour faire de bons reproducteurs. Il

faut aussi revoir le programme des préparatoires et proposer au moins une

alternative pour les 3ans à ce "Jockey Club" : il n’existe aucune

course mieux dotée pour eux que la cinquième place du Derby en juin ! Enfin, même

si cette édition a ressemblé a une course de stock-car, et que de nombreux

participants ont été très gênés, n’enlevons rien à ce conte de fées, et au

mérite de Saônois, cheval très courageux, 100 % français de conception et de

naissance, et félicitons son entourage sympathique et adroit.