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Olivier corbiere : « j’ai voulu reproduire vision d’etat »

Autres informations / 04.06.2012

Olivier corbiere : « j’ai voulu reproduire vision d’etat »

Une fois

de plus, le gagnant du Prix du Jockey Club (Gr1) est né en Normandie, dans

l’Orne. C’est même à Nonant-le-Pin, dans l’un des plus ancien haras français du

même nom, que Saônois (Chichicastenango) a vu le jour. Olivier Corbière, le

propriétaire des lieux, a regardé avec émotion son champion rentrant au rond de

présentation sous les applaudissements. Il nous a avoué « c’est grâce à de

Vision d’État que j’ai croisé la mère de Saônois à Chichicastenango ». Au

moment où Saônoise (Homme de Loi) est allée à la saillie de Chichicastenango,

Vision d’État n’avait pas encore remporté le Derby français. Il était invaincu

en quatre courses, dont le Prix de Suresnes (L.) et commençait à se faire un

nom. Olivier Corbière a donc été inspiré. « Je n’ai qu’une dizaine de

poulinières. Une bonne souche, que mon père avait achetée en 1964, a généré

Saônoise dont la mère était par Garde Royale. C’était à peu près le même

croisement que Vision d’État [sa mère, Uberaba, est une fille de Garde Royale,

ndlr], alors j’ai voulu faire la même chose. » Un croisement qui fonctionne et

qui a déjà fait ses preuves, avant et après Vision d’État. Notamment avec

Chichi Creasy, le facile vainqueur du Prix de Fontainebleau (Gr3) 2007, avec

trois longueurs d’avance sur Lawman (Invincible Spirit), futur vainqueur du «

Jockey Club». Plus récemment et modestement, il y a eu Septime Severe,

vainqueur du Prix Diatome (B) l’an dernier à Saint-Cloud, ou les gagnants de

handicaps Chichi Royale et Beat Chris, entre autres. Jean-Pierre Gauvin connaît

bien l’élevage et la famille du poulain, car il entraînait déjà sa mère,

Saônoise (Homme de Loi), une honnête jument de handicaps, qui a couru jusqu’à

l’âge de 8ans. Elle a déjà donné au haras Sainte Baume (Enrique), qui a évolué

dans les petits handicaps ou les «réclamer». Dans le pedigree du poulain, on

trouve le nom de Scalene (Jefferson), la mère de Sarepta (Grandchant), lauréate

du Grand Prix de Vichy (Gr3), et Samovar (RB Chesne), gagnant de Listed.

DEJA

DEUX PRIX DU JOCKEY CLUB POUR CHICHICASTENANGO

On

souligne beaucoup que le disparu Montjeu a déjà produit quatre gagnants de

Derby d’Epsom (Gr1). Mais, en France, Chichicastenango, également mort cette

année, a, lui, deux Prix du Jockey Club au compteur. C’est un petit exploit et

cela souligne le potentiel améliorateur de ce cheval –comme celui de la lignée

Smadoun - Kaldoun - qui n’a pas eu une jumenterie exceptionnelle. Mais il fait

de vrais chevaux de course, combatifs, comme Saônois, Vision d’État, héros du

Jockey Club 2008, ou encore Bubble Chic, deuxième de Reliable Man dans le Derby

français 2011. Avec trois partants dans le «Jockey Club», Chichicastenango a

réussi à le gagner deux fois et à prendre une deuxième place. Vendu au Japon

fin 2008, Chichicastenango y a sa première production, âgée de 2ans, et ses

foals ont été bien reçus l’an dernier aux J.H.R.A. Select Foals sales. Quatre

de ses produits dans cette vente de sélection ont été vendus pour une moyenne

de 430.000 €.

LE ROLE

CLE DE JULES SUSINI

Octobre

2011, Deauville. Un jeune agent de jockeys repère un poulain qui vient de

gagner à réclamer. Il suit sa sortie suivante, à Maisons-Laffitte, où le cheval

est troisième. Il est alors engagé à Lyon, en P.M.H. « J’ai beaucoup insisté

pour qu’Antoine le monte… » Le jeune agent, c’est Jules Susini, l’un des

derniers arrivés dans ce métier devenu indispensable. Le poulain, Saônois, et

le jockey, Antoine Hamelin… À Chantilly, dimanche, Jules était tout aussi ému

que le proche entourage du poulain. Il en avait le droit, car lui aussi a joué

un rôle important dans ce succès, en contactant Jean-Pierre Gauvin à la fin de

l’année pour lui proposer la monte d’Antoine Hamelin. Ce fut le point de départ

d’une collaboration qui s’est avérée particulièrement fructueuse, de Cagnes et

la victoire dans le Prix Policeman, jusqu’à ce sommet dans le «Jockey Club», en

passant par la perte de la décharge le 1er avril à Lyon, lors d’un coup de

trois dont deux succès acquis pour Jean-Pierre Gauvin. « C’est une grande

fierté, ce succès dans le Prix du Jockey Club, parce qu’avec Antoine, nous

sommes amis depuis sept ans, nous a confié Jules Susini. C’est avant tout une

histoire d’amitié. Nous habitions tous les deux Courbevoie. Je montais beaucoup

à l’entraînement, puis j’ai fait des études de finance. Mais ma passion m’a

rattrapé. Plusieurs amis m’ont demandé de les aider, cela s’est développé et

j’ai fini par quitter Dauphine après la licence… J’ai choisi ce métier d’agent

parce que j’aime les gens, j’aime les chevaux, et j’aime la compétition. Il

réunit les trois. » À vingt-deux ans, Jules Susini s’occupe également de

Mickaël Forest et Tony Piccone.