"l’affaire" cirrus des aigles en 5 questions

Autres informations / 02.07.2012

"l’affaire" cirrus des aigles en 5 questions

Dimanche

soir, nous apprenions de la bouche de Corine Barande-Barbe que Cirrus des

Aigles avait été contrôlé positif à un anti-inflammatoire à l’issue de sa

deuxième place dans le Prix d’Ispahan (Gr1) le 27 mai. Un contrôle qui serait

banal s’il ne concernait pas l’un des chouchous du public français. Voici les

cinq questions qui se posent aujourd’hui.

1La

première est sans doute la pire qui puisse venir à l’esprit : le cheval a-t-il

été dopé sciemment par son entourage ? Réponse : non. Son entraîneur Corine

Barande-Barbe connaît les règles des courses hippiques, et entraîne depuis de

longues années. Les anti-inflammatoires sont autorisés, mais à des doses

infinitésimales. Or la dose retrouvée dans son organisme a été dite

"massive" et ne correspond pas à la volonté de soigner un cheval

avant de le présenter au départ d’une course. L’hypothèse d’un dopage

volontaire est totalement improbable.

2Une

malveillance peut-elle être la cause du contrôle positif ? Réponse : cette

thèse est la plus plausible. Les modes d’administration des anti-inflammatoires

sont variés : par voie orale, injectable ou cutanée. La voie injectable est la

moins plausible, mais pourtant la plus à même de donner une dose massive lors

du contrôle. Il est cependant difficilement imaginable qu’un tiers puisse avoir

accès au box du cheval, que ce soit dans son écurie cantilienne ou le box de

Longchamp, et lui faire une injection sans que personne ne s’en aperçoive. La

voie cutanée semble encore moins probable, car elle n’amènerait pas à une dosse

massive, à moins d’un traitement intensif. Elle aurait alors été donnée chez

son entraîneur, ce qui paraît impossible sans que celui-ci ne s’en rende

compte. Enfin, la voie orale, en sachet ou en granulés, semble la plus fiable

et elle a pu avoir lieu à n’importe quel moment.

3Peut-on

croire en une erreur d’échantillons ? Réponse : non. Le docteur Paul-Marie

Gadot, chef du département licences, livrets et contrôle à France Galop, nous a

expliqué le fonctionnement des contrôles vétérinaires d’après course : « Dans

les Grs1, les trois premiers à l’arrivée sont automatiquement convoqués pour un

contrôle d’urine et de sang. Ces prélèvements sont anonymes, numérotés et

reconnus par code barre. Ils sont conditionnés en deux parties et envoyés sous

scellé au laboratoire des courses hippiques. Les échantillons y sont alors

renumérotés. Ensuite, les analystes du L.C.H. opèrent alors sur l’échantillon A

et dans le cas où celui-ci est positif, l’Association des entraîneurs désigne

un second laboratoire d’analyse, pour opérer sur l’échantillon B. C’est

seulement après analyse des deux échantillons que l’anonymat est levé. Une

enquête est ensuite lancée par France Galop. »  

4Quand

en saurons-nous plus sur cette affaire ? Réponse : une fois les deux

échantillons analysés et confirmés positifs, France Galop a lancé une enquête.

Ce genre d’enquête ne se fait pas en quelques jours, mais dure plusieurs mois,

de deux à huit, dans les cas les plus complexes.

5Pourquoi

cette "affaire" fait-elle autant de bruit ? Réponse : de tels cas de

contrôle positif ne sont pas rares. Les produits anti-inflammatoires sont

fréquemment utilisés et retrouvés dans les organismes après analyse, mais à des

doses infinitésimales. Cette "affaire" en est devenue une car elle

touche un cheval très aimé du public. Si elle avait concerné un cheval plus

modeste, elle n’aurait sans doute pas connu telle publicité.