Retour sur la carriere de so you think, la terreur neo-zelandaise

Autres informations / 07.07.2012

Retour sur la carriere de so you think, la terreur neo-zelandaise

Malheureusement

forfait dans les Eclipse Stakes (Gr1), ce samedi, à Sandown, du fait d’une

boiterie, So You think (High Chaparral) ne sera plus revu en compétition.

Vainqueur de dix Grs1, il aura marqué l’année 2011 et le début du printemps

2012. So You think (High Chaparral) a été LA sensation sur la scène

internationale en 2011 et 2012. Acheté par Coolmore à la fin 2010, il a

remporté le Tattersalls Gold Cup (deux fois), les Eclipse Stakes, les Irish

Champion Stakes et les Prince of Wales’s Stakes, cinq Grs1 aux alentours de

2.000m. Au total, il a enlevé dix Grs1 : cinq en Australie et donc cinq en

Europe. Multi distances, So You Think a trouvé sa voie en Europe, sur les deux

kilomètres. En 2011, il a été le second cheval d’origine néozélandaise à faire

l’arrivée de "l’Arc" (4e), après Balmerino (Trictrac), deuxième

derrière Alleged en 1977.

LA

GENESE DE SO YOU THINK

Élevé

par Alex et Cecile Smith (Piper Farm Ltd) et Michael Moran, manager de Windsor

Park Stud, So You Think a grandi dans le district de Waikato, en

Nouvelle-Zélande. Il a été vendu par Windsor Park Stud pour la somme de 110.000

$NZ, soit 64.233 €, aux ventes "New Zealand Bloodstock Premier Yearling

Sale", à Karaka. Une somme abordable, d’autant que la mère de So You

Think, Triassic, s’était imposée au niveau Gr2, dans les Tristram Fillies’

Classic. Elle a gagné trois de ses six sorties, mais a dû mettre un terme à sa

carrière après une blessure au tendon. C’est pour 16.000 $A que les éleveurs de

So You Think l’ont achetée. « Son entraîneur, Brian Jenkins, était un voisin et

il nous avait dit combien Triassic était bonne, nous avait expliqué Michael

Moran. Nous avions visionné toutes ses vidéos et décidé de l’acheter. »

Entraîneur de Triassic, Brian Jenkins avait déclaré au sujet de sa protégée : «

Triassic a été une pouliche exceptionnelle. Je l’ai achetée pour presque rien

[4.000 $NZ, ndlr] et elle a gagné une course de Gr2 et plus de 100.000 $NZ.

Elle avait un superbe changement de vitesse. C’était l’une des meilleures

pouliches de sa génération. » Quand elle a rejoint le haras, Triassic a donné

huit produits. High Chaparral l’a saillie lors de sa première saison dans

l’hémisphère Sud. Sa réputation avait, elle, traversé les frontières. Et le

fruit de leur union a donné So You Think. « C’était un "crack" dès

qu’il est né, a avoué Michael Moran. Demi O’Byrne l’avait vu aux ventes de

yearlings et nous avait dit qu’il semblait aussi bon que son père. »

LES

PREMIERS PROPRIETAIRES DE SO YOU THINK

Dato Tan

Chin Nam et Tunku Ahmad Yahaya ont été les premiers propriétaires de So You

Think. Le premier est originaire de Malaisie et il est un puissant investisseur

dans la production de matériaux pour les autoroutes. Son premier cheval, Think

Big (Sobig), il l’a eu chez Bart Cummings. Et, d’emblée, Think Big lui a offert

deux Melbourne Cup. Au total, il a enlevé quatre Melbourne Cup, trois Cox Plate

et trois "Derbys" australiens. Tout comme Dato Tan Chin Nam, Tunku

Ahmad Yahaya est malaisien. Dans son pays d’origine, il a développé plusieurs

entreprises et participé à plusieurs actions de charité. Son amitié avec Dato

Tan Chin Nam l’a amené à être copropriétaire de So You Think.

DEBUT DE

CARRIERE CHEZ BART CUMMINGS

So You

Think a commencé sa carrière chez l’entraîneur australien Bart Cummings,

surnommé le "roi des coupes", en raison de son record de douze

victoires dans le Melbourne Cup (Gr1). Bart Cummings a toujours été un grand supporter

de l’élevage néo-zélandais. C’est pourquoi la carrière de So You Think a débuté

sous les meilleurs auspices. Vainqueur de sa seule et unique course à 2ans, il

a enchaîné par deux victoires en cinq sorties à 3ans. Il s’est imposé notamment

dans les Gloaming Stakes (Gr3) et il a terminé également cinquième des

Caulfield Guineas (Gr1), remportées par un certain Starspangledbanner

(Choisir), futur champion sprinter chez Coolmore. Sa première victoire de Gr1,

il l’obtient dans l’important Cox Plate, sur 2.000m. Rapidement en tête, il

écrase l’opposition dès le tournant final et gagne facilement. Il s’engage

ensuite dans les Emirates Stakes (Gr1), sur le mile et termine deuxième. Ce

sera sa dernière course de l’année 2009. Il profite après d’un bon break et ne

revient qu’au début de la saison australienne, en août 2010. C’est à ce moment

qu’il "explose". Il enchaîne par cinq victoires consécutives. Parmi

les courses qui figurent sur son tableau de chasse, il y a notamment les

Underwood Stakes (Gr1), les Yalumba Stakes (Gr1), le Cox Plate, qu’il enlève

pour la deuxième fois, et les Mackinnon Stakes (Gr1). Par la suite, il s’essaie

sur plus de 2.000m pour la première fois. Cet essai a lieu dans la course qui

"arrête un pays", le Melbourne Cup (3.200m). Sur un terrain très

souple, il termine troisième. Ce sera sa dernière sortie pour le compte de Bart

Cummings. Acheté par Coolmore, il part alors pour l’Irlande. Pour le définir et

lui rendre hommage, Bart Cummings a confié : « So You Think, c’est le genre de cheval

avec lequel vous travaillez pendant des heures et qui devient un champion sous

vos yeux. Je n’aime pas comparer les chevaux que j’ai eus à l’entraînement,

mais So You Think est certainement le meilleur. Le meilleur est à venir pour

lui. »

A LA CONQUETE

DE L’EUROPE

Très bon

en Australie, So You Think a réussi le pari de son nouvel entourage : devenir

l’un des meilleurs chevaux d’Europe. Acheté par les associés de Coolmore, ces

derniers ont logiquement placé So You Think chez Aidan O’Brien. C’est lui qui a

entraîné son père, High Chaparral. So You Think découvre les courses

européennes dans les Mooresbridge Stakes (Gr3) au Curragh. Il s’impose de dix

longueurs, sans forcer, face à une opposition assez faible. Il s’engage ensuite

dans le Tattersalls Gold Cup, qu’il remporte facilement. C’est sa première

victoire de Gr1 et la plus facile à ce jour. Par la suite, il va devoir montrer

toute l’étendue de ses qualités de lutteur. À Royal Ascot, à l’issue d’une très

longue lutte, il est dominé par Rewilding (Tiger Hill). Un peu déçu, son

entourage le présente dans les Eclipse Stakes, où il met à la raison Workforce

(King’s Best), tenant du titre dans "l’Arc". Encore une fois, c’est à

l’issue d’un long duel qu’il s’impose. Dans les Irish Champion Stakes, il tombe

sur un autre cheval de classe, dur et courageux. Une pouliche en l’occurrence,

Snow Fairy (Intikhab). So You Think attaque le premier. Snow Fairy le poursuit

et l’attaque sèchement. Mais elle ne peut jamais lui reprendre le meilleur.

Elle échoue et So You Think en sort grandi. En deux mois, il a dominé deux des

principaux favoris de "l’Arc" 2011. Pourtant, l’un de ses

copropriétaires, John Magnier, confie après les Irish Champion Stakes : « So

You Think est un grand cheval et Snow Fairy est une grande pouliche également,

donc c’était une grande course. C’est un cheval avec lequel nous sommes gâtés

pour choisir nos courses. Il pourrait courir les Queen Elizabeth II Stakes ou

bien les Champion Stakes à Ascot ou encore participer à "l’Arc". »

UN

CHEVAL CAPABLE DE TOUT FAIRE ?

En

Australie, So You Think a donné l’impression d’être bien meilleur sur 2.000m.

Son entourage le pense même capable de réussir sur le mile. Aidan O’Brien

disait d’ailleurs à son sujet : « C’est un cheval de 2.000m, mais il a plus l’allure

d’un miler. Quand il place sa pointe de vitesse, le ciel est alors sa limite.

Il n'a que l'embarras du choix pour son programme futur. » So You Think a

débuté sur la distance classique directement dans "l’Arc", concluant

quatrième. Il revient ensuite sur les deux kilomètres, mais subit la loi de

Cirrus des Aigles (Even Top) dans les Champion Stakes (Gr1) et ne peut conclure

que sixième du Breeders’ Cup Classic (Gr1) sur le dirt. Quatrième du Dubai

World Cup (Gr1) pour sa rentrée, il réalise des démonstrations dans les

Tattersalls Gold Cup et les Prince of Wales's Stakes (Grs1), les deux dernières

sorties de sa carrière.