Rencontre avec arnaud bourgeais, la récompense de nombreux sacrifices

Autres informations / 02.08.2012

Rencontre avec arnaud bourgeais, la récompense de nombreux sacrifices

LE MAGAZINE      

 

Arnaud Bourgeais appartient à la génération des

"grands" jockeys. Malgré ses 1,79m, Arnaud Bourgeais, âgé de 26 ans,

peut monter au poids de 55,5 kilos. Il fait partie des meilleurs jockeys de

l’Ouest, a déjà monté pour les plus grandes casaques. Lors du Festival du

Galop, à Vichy, il a remporté la première Listed de sa carrière, le Prix Madame

Jean Couturié, avec Chutney Flight (Dylan Thomas), une pensionnaire de son

beau-père, Norbert Leenders.

 

 

jDG Qu’avez-vous ressenti au passage du poteau final, lors

de votre première Listed ?

Arnaud Bourgeais Beaucoup de bonheur ! Chutney Flight venait

de décevoir dans le Derby de l’Ouest , mais elle était en période de chaleur.

Nous nous rendions à Vichy surtout pour essayer d’y prendre une bonne place,

d’autant plus que la distance semblait courte pour elle. Mais, à l’abord de la

dernière ligne droite, j’ai senti que j’avais encore beaucoup de ressources et

c’est là que j’ai commencé à croire à la victoire. Gagner ma première Listed,

c’est comme un petit bout de rêve qui se réalise. Ces courses-là font partie

des objectifs que l’on se fixe quand on commence le métier de jockey.

 

Comment êtes-vous devenu jockey ?

J’ai toujours vécu au milieu des chevaux de courses. Mon

beau-père, Norbert Leenders, qui m’a élevé et que je considère comme mon père,

est entraîneur depuis longtemps et me laissait jouer dans les écuries. Alors, à

force de traîner dans les boxes et de voir les chevaux à la piste, j’ai voulu

moi aussi monter dessus. J’ai d’abord été gentleman-rider durant trois ans.

Puis, je suis passé jockey. C’était une évidence pour moi de faire ce métier.

Je ne me voyais pas faire autre chose, j’adore ça.

 

Vous vous êtes essayé plusieurs fois à l’obstacle. Pourquoi

ne pas avoir continué ?

C’est vrai qu’en raison de ma taille, il serait sans doute

plus facile, et plus vivable pour moi, de m’orienter vers l’obstacle. Mais,

pour être honnête, je ne suis pas assez gaillard ni hardi pour faire ce métier.

Mais j’ai quand même une victoire pour dix-neuf parcours montés, ce qui n’est

pas rien ! Sauter à l’entraînement me plaît, mais le reste, je le laisse aux

professionnels de l’obstacle !

 

Vous nous parlez de votre taille. Comment gérez-vous votre

quotidien pour monter au si petit poids de 55,5 kilos ?

Déjà, avec la multiplication des réunions par semaine, c’est

beaucoup plus facile de garder la ligne. J’ai moins d’écart de poids entre

chaque réunion. Ensuite, je prends quotidiennement de l’Aloe Vera à chacun de

mes repas, ce qui est très efficace pour drainer mon corps. Et enfin, c’est

sudisette tous les matins, sans exception, pour perdre le maximum de poids

quotidiennement. J’ai également un sauna chez moi. C’est vrai que ce n’est pas

toujours évident, surtout mentalement. Mais quand la motivation est là, on

oublie les sacrifices. Et puis, mon amie, Estelle, m’aide à garder le cap. Elle

sait me remonter le moral lorsque cela devient difficile certains jours.

 

De plus en plus de jockeys de province font appel aux

services d’un agent aujourd’hui. Qu’en est-il pour vous ?

Je travaille également avec un agent, Patrick Andorin,

depuis un an et demi. Avec la multiplication des courses, c’est beaucoup plus

simple. On ne peut pas tout gérer. Il fallait que l’on se mette à la page de

"Paris". Il faut se le dire, c’est un métier de requins.

 

Et l’après-jockey, vous y pensez ?

J’aimerais pouvoir continuer le métier de jockey au moins

jusqu'à l’âge de trente ans. Ensuite, j’aimerais essayer d’intégrer différentes

écuries, aussi bien en France qu’à l’étranger, en tant qu’assistant, pour

apprendre et observer différentes méthodes de travail. Puis, je reviendrai aux

côtés de Norbert, qui m’a beaucoup appris, avant de m’installer en tant

qu’entraîneur.

 

Quelles sont vos attentes pour l’avenir ?

Atteindre les deux cents gagnants avant la fin de l’année.

Je peux vous dire que je les compte ! Cette année, je totalise vingt-neuf

victoires. Mais, depuis le début de ma carrière, j’en suis à cent

quatre-vingt-neuf succès et j’aimerais vraiment atteindre le cap des deux cents

avant la fin de l’année. Et puis, maintenant que j’ai touché du bout du doigt

le haut niveau avec une Listed, pourquoi ne pas continuer avec un Groupe ? Le

rêve deviendrait petit à petit réalité...