Au revoir marchand d’or, et merci !

Autres informations / 25.09.2012

Au revoir marchand d’or, et merci !

À 9ans,

riche de douze succès, dont dix au niveau Groupe, Marchand d’Or (Marchand de

Sable) se retire de la compétition pour une retraite bien méritée, qu’il va

passer au côté de sa mère, Fedora (Kendor), au haras de Sou, chez Gilles

Deroubaix. Davy Bonilla est l’une des personnes qui le connaît le mieux,

puisqu’à l’exception de sa toute première course, il lui a toujours été

associé. Il revient pour nous sur la carrière du cheval: « Marchand d’Or était un

cheval formidable, de ceux qui marquent une carrière. Il était difficile, mais

il aimait vraiment la compétition. Il a toujours connu une multitude de

problèmes physiques, mais lorsqu’il était à 100 % de ses moyens, ou même un peu

en dessous, il était le meilleur sprinteur européen. Mon seul regret, c’est

qu’il ne voyageait pas bien en avion. À chaque fois, ses problèmes de seime

réapparaissaient, et je pense que c’était lié au mode de transport. Malgré

cela, même sur trois jambes, il arrivait à terminer sixième à Hongkong, ce qui

a rarement été vu. Même à 9ans, alors que son physique lui jouait des tours, il

a réussi à prendre deux places au niveau Groupe. C’était un très grand

compétiteur, c’est ce qu’il faut retenir de lui. » Marchand d’Or a remporté cinq

Grs1. Davy Bonilla n’en détache pas un en particulier. « Toutes ses victoires

de Gr1 ont été magnifiques. Je garde un souvenir extraordinaire de notre succès

dans le July Cup, à Newmarket. Gagner un Gr1 à l’étranger est difficile, mais

gagner un sprint face aux anglais est encore plus compliqué ! Ce jour-là, dès

l’aéroport, j’avais le sentiment que j’allais gagner. Je savais que je devais

le monter de cette façon, et même s’il a gagné du minimum, j’ai fait du bon

boulot. Dans ses trois Prix Maurice de Gheest, dans lesquels il s’est présenté

à des niveaux physiques différents, il a répondu présent. Et son Prix de

l’Abbaye de Longchamp reste unique également, car courir deux fois avec un

cheval aussi compliqué, ce n’était pas simple, surtout après l’année chargée

qu’il a eue en 2008. Mais encore une fois, il a prouvé qu’il était un vrai

compétiteur. » Davy Bonilla a vécu une vraie histoire de couple avec Marchand

d’Or, et il s’est déclaré heureux qu’elle se termine ainsi. « Je suis ravi que

le cheval puisse bénéficier d’une retraite, au pré, comme on aimerait que tous

les chevaux connaissent. Je suis très content de cette fin. J’avais un peu peur

que le cheval, en raison de son amour pour la compétition, aille au-delà de la

douleur et se blesse sérieusement sur la piste. Ce n’est pas le cas, et c’est

bien là le principal. » UNE EXCEPTION GENETIQUE

Marchand

d’Or a été élevé par ses propriétaires, les époux Giral. Fedora, sa mère,

n'était pas une championne en course. Pour les couleurs Giral et l’entraînement

de Freddy Head, elle a couru six fois sans prendre une place. De plus,  ses aplombs étaient loin de l'irréprochable.

Far but Near (Far North), la mère de Fedora, n’a pas non plus brillé en piste.

Mais sa mère, Kesar Queen, a gagné les Coronation Stakes (Gr2 à l’époque) et

s’est classée troisième des 1.000 Guinées (Gr1). Marchand d’Or est donc une

sorte d’exception génétique. Il est néanmoins inbred 3*3 sur Kenmare, étalon

améliorateur qui l'a beaucoup signé.

DES

DEBUTS A RECLAMER

Cheval

non dénué de tempérament, Marchand d’Or a été castré au mois d’octobre de ses

2ans, après avoir débuté de façon anonyme à cet âge, dans un

"réclamer". Comme nous l'écrivions plus haut, c'est la seule course

de sa carrière où il n’était pas associé à Davy Bonilla. Pour son retour à la

compétition, en mars 2006, il s’impose d’emblée à Compiègne, dans une

"D", puis tente sa chance au niveau Listed, dans le Prix Djebel. Il

conclut à trois quarts de longueur de Stormy River (Verglas). Il s’impose

ensuite dans le Prix du Pont-Neuf, sa première Listed, avant de confirmer dans

le Prix de la Porte Maillot (Gr3).

UN

PREMIER "MAURICE DE GHEEST" EN 2006

Seulement

sixième du Prix de Ris-Orangis (Gr3), à l’issue d’une arrivée particulièrement

serrée, il découvre Deauville en août 2006. Son règne débute alors dans le Prix

Maurice de Gheest (Gr1), qu’il remporte nettement, de deux longueurs devant

Satri (Mujadil). Une seime va gâcher son premier semestre 2007, mais il

retrouve la plénitude de ses moyens au bon moment : il remporte de nouveau le

Prix de la Porte Maillot, termine quatrième du July Cup (Gr1) avant

d’émerveiller Deauville en dominant Dutch Art (Medicean) dans le Prix Maurice

de Gheest, le deuxième de sa carrière, qu’il remporte isolé à l’extérieur, ce

qui n’est jamais simple. Le cheval est ensuite battu de peu dans le Sprint Cup

(Gr1), à Haydock. Davy Bonilla avait été contraint de démarrer de bonne heure,

après avoir filé le favori, Sakhee’s Secret (Sakhee), qui avait cédé trop tôt

sur une piste pénible. Le gris sera aussi malheureux dans le Prix La Forêt

(Gr1), dont il prend tout de même la troisième place. Marchand d’Or tente

ensuite sa chance dans le Hong Kong Sprint, mais un problème de sabot le

contrarie de nouveau. Max Fournier intervient en urgence pour lui poser des

fers collés.

2008,

L’ANNEE DE LA PLENITUDE

En 2008,

le cheval semble plus fort que jamais. Pour sa rentrée, il remporte le Prix du

Gros Chêne (Gr2), avant de terminer sixième des "Golden Jubilee"

(Gr1), dans lesquels il était trop bien parti et s’était du coup montré allant.

Marchand d’Or enchaîne alors trois victoires impressionnante: les July Stakes,

où sa fin de course étourdissante lui permet de battre Us Ranger (Danzig) d’une

tête, le Prix Maurice de Gheest, pour la troisième année consécutive, et cette

fois en pleine piste, et enfin un Prix de l’Abbaye de Longchamp qui restera

dans les annales. En effet, la course se dispute deux fois. Dans la première

édition, Overdose sort vainqueur, sauf que le départ n’a pas été validé.

L’épreuve est recourue en fin de réunion. Overdose est déclaré non-partant et

Marchand d’Or s’impose dans le chrono de 54’’40, soit seulement un dixième de

plus que le record de l’épreuve détenu par Habibti, en 1983. Il faut attendre

mai 2010 pour revoir le gris passer le poteau en tête. Et c’est pour

l’entraînement de Mikel Delzangles, chez qui les époux Giral ont décidé de

placer leur champion. Son dernier succès interviendra en août 2011, sur la

piste de ses exploits, celle de Deauville, à l’occasion du Prix de Meautry

(Gr3).