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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Marcel chaouat : « le nombre de partants ? c’est le probleme numero 1 du galop aujourd’hui »

Autres informations / 02.09.2012

Marcel chaouat : « le nombre de partants ? c’est le probleme numero 1 du galop aujourd’hui »

Représenté

par cassiopée au départ du Critérium de l’Ouest, Marcel Chaouat saisit

l’occasion pour mettre sur le tapis un débat brûlant : celui du nombre de

partants au galop. Son texte fera sans doute réagir…

« Je

sais que les dirigeants du galop et du PMU s’inquiètent régulièrement du nombre

de partants dans nos courses. Je partage leur inquiétude. Pourquoi “inquiétude”

? Parce que le nombre de partants conditionne les enjeux PMU… qui eux-mêmes

conditionnent le retour à la filière. Moins il y a de partants, moins les

parieurs jouent et moins cela rapporte à la filière. L’analyse du chiffre

d’affaires du PMU montre deux choses :les courses de 14 partants et plus

génèrent en moyenne 750.000 € d’enjeux ; ce résultat tombe à 500.000 € dans les

courses de 8 à 13 partants ; et s’effondre sous les 250.000 € si elles

réunissent moins de 8 partants. Or le programme des courses actuel ne tient

malheureusement aucun compte de ce paramètre. Je vais vous en donner un exemple

récent, qui concerne les deux réunions de Deauville et de Clairefontaine du 28 et

du 29 août. Le 28 août, les deux “D” et la “B” pour 2ans ont réuni 5, 9 et 7

partants – à trois reprises, les enjeux ont donc été faibles. Le même jour, le

"réclamer" pour 3ans et les deux handicaps pour 4ans et plus

réunissaient 12, 14 et 15 partants. Les enjeux ont été élevés, au moins sur les

deux handicaps à 14 et 15 partants. Quelles courses ont rapporté le plus à la

filière ? La réponse est facile : les handicaps et les "réclamer".

Pourtant, si l’on divise les allocations (+ primes) par le nombre de partants,

les trois bonnes courses à conditions ont coûté en moyenne 7.472 € par partant…

alors que les trois petites courses "réclamer"/handicaps ont coûté

2.538 € par partant. Est-ce logique que les courses qui rapportent le moins

soient celles qui coûtent le plus, et vice-versa ? Le 29 août, la situation est

pire encore. La “D” pour 3ans ne réunit que 4 partants : au PMU, le C.A. est

proche de zéro… alors qu’ils sont finalement 17 à prendre le départ du

"réclamer" pour 2ans – retour à la filière garanti ! Mais ce qui est

particulièrement choquant, ce jour-là, c’est que France Galop a été contraint

d’éliminer 11 chevaux dans le "réclamer" de 2ans ! Les gens qui me

connaissent savent que j’aime exagérer un peu pour me faire comprendre. Et je vais

exagérer : ne fallait-il pas "piquer" une partie des allocations de

la “D” à 4 partants pour financer un dédoublement du "réclamer" à 17

partants + 11 éliminés, ce qui aurait conduit à deux courses de 14 partants

très rémunératrices pour toute la filière ? Je sais ce que certains d’entre

vous, qui me faites l’amitié de me lire, êtes en train de penser : « Ça, c’est

bien du "Chaouat". Lui, il ne voit que par les handicaps et les

"réclamer" ! » Je reconnais que j’ai surtout eu des “petits” chevaux.

Mais ne croyez pas que je fasse pour autant du corporatisme. Vous en voulez une

preuve ? Avec ma pouliche Cassiopée, j’ai gagné la “D” du 28 août ! Et je

continue à profiter personnellement de ce système en courant aujourd’hui à

Craon une Listed où près de 100.000 € vont être distribués (allocations et

primes)… alors que nous ne sommes que 7 au départ, ce qui ne laisse aucune

chance au PMU de reverser une forte somme à France Galop. Malheureusement, je

n’ai pas de solution miracle. Ou plutôt si, j’en ai une : c’est d’ouvrir une

vraie discussion, un vrai débat, un vrai moment de travail sur le sujet du

nombre de partants au galop. Sans a priori, sans oeillères, sans idées reçues.

Et surtout, ce que je ne veux pas c’est que l’on repousse pour la énième fois

le problème aux calendes grecques… ou pire, que l’on fasse semblant d’y

réfléchir pour mieux l’enterrer en toute bonne conscience, selon le principe du

“comité Théodule” cher au Général de Gaulle*.

*

L'expression “comité Théodule” est une invention du grand homme. « L'essentiel

pour moi, ce n'est pas ce que peuvent penser le comité Gustave, le comité

Théodule ou le comité Hippolyte, c'est ce que veut le pays. J'ai conscience de

l'avoir discerné depuis vingt-cinq ans. Je suis résolu, puisque j'en ai encore

la force, à continuer de le faire », avait déclaré le Général de Gaulle lors

d'un voyage à Orange en 1963. Depuis cette date, l’expression est tombée dans

le langage courant, et l’on appelle “comité Théodule”  un comité ou une commission qui n'a que peu,

voire pas d'utilité. »