46e conference internationale des autorites hippiques : l’australie et l’italie aux antipodes

Autres informations / 11.10.2012

46e conference internationale des autorites hippiques : l’australie et l’italie aux antipodes

Lundi

dernier, le thème du débat de la 46e conférence internationale des autorités

hippiques était "l’adaptation à un environnement changeant". Deux

exemples diamétralement opposés ont été développés : l’Australie et l’Italie.

Michael Duffy, Président de l’Australian Racing Board, a expliqué comment son

pays a su relancer ses courses. L’internationalisation des courses

australiennes a, selon lui, a été l’un des deux axes de développement de

l’industrie, avec la protection et la croissance de leur chiffre d’affaires. La

venue de chevaux européens pour participer aux meilleures courses du pays, mais

aussi les succès des chevaux australiens dans le reste du monde, ont permis de

sortir l’Australie de son isolement. Le succès des courses australiennes repose

essentiellement sur les hauts niveaux d’allocations offerts aux propriétaires,

et cela nécessite des sources de revenus importants. Ces revenus reposent

majoritairement sur les paris. Dans le passé, le pari mutuel avait un monopole

dans chaque État. Le marché était captif et générait des revenus constants.

Mais le développement des paris sur Internet dans les dix dernières années a

totalement changé l’environnement des enjeux. Les revenus liés au jeu ont

stagné, voire diminué. La réponse du secteur économique des courses a été

efficace. En Australie, chaque État a un ministre des courses, qui défend les

intérêts de ce secteur auprès du gouvernement. Tous ont exercé un lobby

efficace pour que les opérateurs installés en dehors des frontières paient une

redevance, juste pour organiser des paris dans l’État concerné. Une législation

a donc été introduite dans chaque État spécifiant que chaque opérateur

utilisant les champs de partants pour organiser des paris sans l’accord de l’autorité

hippique et sans payer un droit approprié serait en infraction. Cette mesure a

permis une stabilité financière et les allocations des courses ont pu

progresser à 80.000 € de moyenne, ce qui a attiré de nouveaux propriétaires.

L’Australie s’est également assurée d'obtenir des revenus par le biais des

droits télévisuels.

LA CRISE

ITALIENNE

À

l’inverse, Francesco Ruffo della Scaletta, secrétaire général de l’ASSI, a

exposé les raisons de la crise que traversent les courses italiennes. À la fin

des années 90, les dispositions réglementaires ont totalement changé le système

des courses et des paris. Ce fut la fin de l’âge d’or des courses italiennes.

L’UNIRE, créée en 1932, est devenue par une loi datant de 1942 une agence à but

non lucratif dépendant du ministère de l’Agriculture, ayant les pleins pouvoirs

sur l’organisation des courses et des paris. En 1998, l’UNIRE a perdu ses

pouvoirs sur les paris. Un an plus tard, l’UNIRE a été scindée en quatre

parties. L’ouverture des paris sur les sports et d’autres types de jeux a

provoqué une baisse constante des jeux sur les courses. En 2011, les machines à

sous et la loterie représentaient 56 % du volume des enjeux totaux, alors que

la part des paris sur les courses n’était que de 2 %. Les agences de paris se

sont transformées en mini-casinos, offrant tous les jeux disponibles. La

situation a été encore aggravée par les paris illégaux, difficiles à contrôler

en raison de la faiblisse de la législation. Le marché des jeux et des paris a

donc totalement changé en Italie, et les courses ont perdu leur monopole. Elles

ne pouvaient plus compter que sur les subventions du gouvernement, qui ont

progressivement baissé entre 2008 et 2012. Pour remédier à cette crise, une loi

datant du 15 juillet 2011 a transformé l’UNIRE en ASSI (Agence pour le

développement de l’industrie des courses), qui a repris tous les pouvoirs de

l’UNIRE. Le but est de simplifier la structure et de lui donner plus

d’efficacité.