Jules susini : "saonois et antoine hamelin ont connu la meme progression

Autres informations / 05.10.2012

Jules susini : "saonois et antoine hamelin ont connu la meme progression

Dans l'histoire qui lie saônois, Antoine Hamelin, Jean

Pierre Gauvin et Pascal Treyve, Jules Susini, agent du jeune jockey, a joué un

rôle important. Il nous raconte comment tout a commencé...

Jour de Galop  Comment

avez vous découvert saônois ?

Jules susini  La

première fois que l'un de mes jockeys aurait dû le monter, c'était le 19

octobre 2011. Il participait à une course à réclamer pour apprentis sur les

1.900m de la

P.S.F. de Deauville. Finalement, An toine Coutier n'a pas pu

le monter, et c'est avec Thomas Henderson qu'il s'est imposé. Puis, lors de sa

sortie suivante, il est arrivé troisième

d'une course B sur la ligne droite de Maisons-Laffitte, en

terrain lourd. Je me suis dit que le poulain avait une faculté d'adaptation

intéressante. Ensuite, j'ai vu un engagement intéressant pour lui, à Lyon, en

P.M.H. De nouveau, Antoine Coutier devait le monter, mais il a été retenu au

Mans pour Gérard Augustin-Normand. Jean-Pierre Gauvin voulait un jockey avec

une décharge. Je lui ai proposé Antoine Hame lin. Il n'était pas très chaud

car, la première fois qu'il avait monté pour lui, à Vichy, cela s'était mal

passé : avant le dé part, le cheval s'était retourné dans sa boîte et Antoine

s'était cassé le nez. Mais Jean-Pierre Gauvin s'est souvenu que lorsque Antoine

était sur la civière, il lui avait promis de le refaire monter. Et comme

c'était en province, un di manche, il n'avait pas trop le choix. C'est donc la

première fois qu'Antoine a monté Saônois. Ils ont gagné.

 

Ensuite, avez-vous eu des difficultés pour qu'antoine

Hamelin, qui était encore apprenti, reste associé à Saônois ?

Lors de sa sortie suivante, il courait une "B" à

Deauville. Comme le cheval n'avait gagné que d'un nez à Lyon, Jean Pierre

Gauvin voulait de nouveau une décharge. Logique ment, comme Antoine avait gagné

avec le cheval à Lyon, il l'a laissé dessus. Là, ils se sont imposés de six

longueurs. Tout aussi logiquement, il a gardé la monte pour Cagnes, dans la

préparatoire, puis dans le "Policeman". Pour le Prix La Force, des

jockeys réputés ont appelé Jean-Pierre Gauvin pour le monter. La question du

choix du pilote s'est alors posée. Mais, d'une part, Jean-Pierre Gauvin avait

apprécié la décontraction et la sérénité d'Antoine, d'autre part, le co

propriétaire du cheval, Pascal Treyve, n'a pas vu l'intérêt de changer un

jockey avec qui le cheval s'entendait bien. An toine a donc de nouveau monté

Saônois, et ils ont gagné. À partir de là, l'association entre les deux était

acquise et nous savions que nous allions vers le "Jockey Club". Jean

Pierre Gauvin m'a dit alors que vu la façon dont Antoine avait monté le cheval

dans le Prix La Force, il en avait oublié qu'il était apprenti. Pour lui, il

avait affaire à un jockey. Fi nalement, Saônois et Antoine ont suivi la même

progres sion. Le poulain a remonté l'alphabet et Antoine a prouvé qu'il pouvait

gagner des Groupes.

 

Les succès de Saônois et d'Antoine Hamelin ont-ils changé

votre travail d'agent ?

Je n'ai pas changé ma façon de tra vailler, mais j'ai élargi

les ambitions que j'avais pour Antoine. Ses victoires nous ont ouvert de

nouvelles pistes. Cela a prouvé aux entraîneurs qu'ils pouvaient lui faire

confiance pour les meilleures courses. Avant, lorsque je les appelais pour un

Quinté, alors qu'Antoine était encore apprenti, il ne faisait pas partie de

leurs priorités, même s'ils disaient volontiers "oui" quand ils

n'avaient pu avoir leurs choix

initiaux. À présent, il est beaucoup plus facile à placer !

On m'appelle plus souvent pour s'attacher ses services et, par fois, je peux

rediriger les entraîneurs sur un autre de mes jockeys. Je m'occupe également de

Mickaël Forest, Antoine Coutier, Tony Piccone, Mathieu Autier et Eddy Hardouin.

Désormais, il faut faire des choix, et savoir expliquer à l'avance les

priorités de montes pour ne mettre aucun en traîneur en porte-à-faux, c'est un

peu plus délicat à gérer, mais passionnant.

 

Avez-vous l'impression que cette histoire vous a réellement

lancé en tant qu'agent ?

Je crois que cette histoire est le fruit de beaucoup de

travail, mais aussi le commencement de quelque chose d'autre. Cela m'a apporté

de la crédibilité auprès des entraîneurs.

 

Quelles relations entretenez-vous avec Jean-Pierre Gauvin ?

Je ne vous dirai qu'une seule chose : après les grands ren

dez-vous, il aime aller manger des sushis à Suresnes, avec son épouse, son

fils, Antoine et moi ! Je n'aime pas spécia lement les restaurants japonais,

mais, à chaque fois, je me fais avoir ! Plus sérieusement, Jean-Pierre est

quelqu'un de très abordable, ouvert à la discussion. Nous avons une re lation

de confiance, basée sur la sincérité, et nous avons plaisir à discuter

ensemble.

 

Comment êtes-vous devenu agent ?

Un peu par hasard... J'aimais les courses, les chevaux et la

compétition. J'avais envie d'entrer dans les rouages de ce monde, de servir à

quelque chose. J'ai étudié la finance à Dauphine, et mes amis Williams Saraiva

et Antoine Hamelin m'ont demandé de les aider. C'est parti comme cela et, au

début, ce n'était pas facile...

 

Comment concevez-vous votre métier ?

Le métier d'agent de jockeys présente plusieurs facettes.

D'abord, avec la multiplication des courses, les jockeys ont eu besoin de nous

pour organiser leurs journées. Il est im portant qu'ils aient la confiance

régulière de plusieurs en traîneurs et qu'ils montent quasiment tous leurs

chevaux. Il faut fidéliser leur clientèle. On dit souvent que l'agent casse la

relation entre le jockey et l'entraîneur. Je pense au contraire que nous

complétons ce contact. Si le jockey a un peu perdu l'habitude de communiquer

avec l'entraîneur, nous sommes là pour recentrer le travail et combler ce manque.

Je crois aussi qu'il faut "manager" des gens en qui l'on croit et

dont on est fier. Mais être agent de jockeys, c'est aussi apporter un soutien

aux entraîneurs. Ils doivent pou voir se reposer sur nous. S'ils ne peuvent pas

être présents sur l'hippodrome, j'y suis tous les jours et peux les aider.

Quand ils hésitent sur un engagement, nous sommes aussi là pour leur apporter

un conseil.