L’intervention de bertrand bélinguier lors de la 46e conf.rence internationale des autorités hippiques

Autres informations / 10.10.2012

L’intervention de bertrand bélinguier lors de la 46e conf.rence internationale des autorités hippiques

Succédant

à S.A. Aga Khan, qui avait été invité à s’exprimer en 2011, Bertrand

Bélinguier, Président de France Galop, était l’orateur invité de la 46e

conférence internationale des autorités hippiques. Il a exposé les points forts

de ses credos en matière de courses. En premier lieu, il a insisté sur

l’importance du contrôle des paris dans l’indépendance des courses. « Quand les

autorités des courses tiennent à distance les opérateurs de jeu, ces opérateurs

vont évidemment chercher ce qui est le plus profitable pour eux, a-t-il

expliqué. Il y a donc toujours un risque que les courses ne soient pas leur

priorité. Au contraire, quand un opérateur est sous le contrôle des autorités

des courses, il va travailler à 100 % pour notre sport. Une telle situation

permet aux courses de mener une stratégie à long terme, car elle permet de

garantir des revenus relativement stables chaque année. Je sais que pour des

raisons historiques et parfois politiques, il n’est pas simple pour les courses

de contrôler les paris. Mais si je devais vous donner un seul conseil très

simple, ce serait le suivant : faites au mieux pour contrôler les paris. »

Après avoir rappelé son attachement au système mutuel, Bertrand Bélinguier a

insisté sur le fait qu’il fallait communiquer davantage sur la rigueur des

règles qui régissent les courses, notamment le contrôle anti-dopage, et qu’il

fallait garder comme ligne de conduite : pas de médication, pas de médication

du tout !

REPENSER

L’UTILISATION DES HIPPODROMES

Bertrand

Bélinguier est aussi revenu sur les relations que les autorités hippiques se

devaient d’entretenir avec les autorités politiques. « Notre activité attire la

foule, tout au moins pour les grandes courses. Les hippodromes sont de grands

espaces dédiés à notre sport, parfois pour un nombre limité de jours dans

l’année. Nous devons aussi affronter la pression fiscale et les taxes sur les

paris, et la nécessité pour le gouvernement de contrôler l’activité des jeux en

relation avec les courses. C’est pourquoi il est essentiel d’entretenir de

bonnes relations avec les autorités politiques. Bien sûr, les courses ne

doivent jamais faire de choix politiques. Nous devons prendre les gouvernements

tels qu’ils sont, et nous devons avoir les meilleures relations possibles avec

eux, quelle que soit leur couleur politique. Parfois, nous avons la chance

qu’un ministre soit propriétaire, mais cela n’arrive pas si souvent. Nous ne

devons pas hésiter à faire du lobbying auprès des membres des parlements. Nous

devons avoir des contacts constants avec eux pour leur expliquer l’importance

économique des courses, et à quel point les enjeux financiers sont élevés. Les

conséquences sur l’emploi et les exportations doivent être connues. J’ai

expliqué que nos hippodromes ne sont ouverts que quelques jours par an. Cela

doit nous faire réfléchir sur leur utilisation le reste de l’année. Des

activités complémentaires peuvent y être organisées. Par exemple, le golf et

les courses sont souvent positivement associés. Mais d’autres collaborations

sont possibles. Plus l’hippodrome est intégré à la vie de la ville, meilleur

c’est, y compris pour des raisons économiques. »

TRAVAILLER

SUR LA COMMUNICATION

Un autre

point abordé par Bertrand Bélinguier concerne l’image des courses. « Nous

devons faire face à une forte compétition, à la fois dans le domaine des paris

et dans celui du sport. C’est donc une priorité principale que de faire

connaître au mieux les courses dans les médias. La télévision est clairement ce

qui favorise le plus notre sport, car les images de superbes animaux luttant

dans les meilleures épreuves sont plus spectaculaires que ce que tous les

autres sports peuvent proposer. Les accords avec les chaînes de télévision sont

de plus en plus difficiles à négocier, mais ils sont une priorité. Outre la

télévision, Internet a beaucoup changé nos habitudes. Nous devons convaincre

les jeunes générations de l’excellence de notre sport. Puis-je rappeler qu’en

quelques années, le PMU a été capable de recruter le tiers de ses six millions

de clients en dessous l’âge de 35 ans ? Pourquoi ce qui a été possible dans les

paris ne le serait pas pour le public présent sur les hippodromes ? La même

remarque s’applique aussi aux femmes. Nous devons analyser les particularités

de notre sport comparativement aux autres. Dans la plupart des sports, le

public est occupé durant tout le match. Aux courses, il y a trente minutes

entre chaque événement. Nous devons réfléchir à la meilleure façon d'occuper ce

temps. Nous devons nous montrer innovants et attractifs. »

ENCOURAGER

LE MULTIPROPRIÉTARIAT

Enfin,

Bertrand Bélinguier est revenu sur la question du propriétariat.« Nous savons

tous que posséder un cheval de course est cher et que tout le monde ne peut pas

se permettre une telle dépense mensuelle, sans parler du coût généré par

l’achat ou l’élevage du cheval. Dans le contexte difficile que beaucoup de pays

connaissent, je pense que nous devons encourager l’accès à la multipropriété,

avec l’espoir que les premiers succès encourageront de nouveaux propriétaires à

aller plus loin dans leur investissement. Nous devons donc être présents dans

les salons professionnels en relation avec le cheval, dans les chambres de

commerce, ou plus généralement partout où nous pouvons trouver des personnes

susceptibles d’investir dans les courses. »