Qu’est-ce que "l'anemie infectieuse des equides" ?

Autres informations / 02.10.2012

Qu’est-ce que "l'anemie infectieuse des equides" ?

Voici

les précisions techniques sur cette maladie, apportées par trois auteurs (I.

Barrier, B. Ferry, F. Grosbois) dont la contribution a été validée par le

RESPE. « L’anémie infectieuse des équidés est une maladie connue depuis le XIXe

siècle et présente dans le monde entier. Il y a encore régulièrement des cas

sporadiques en France. L’AIE est une Maladie Réputée Contagieuse et également

un vice rédhibitoire. Il n’existe aucun traitement et les animaux atteints

doivent être abattus.

VIRUS ET

TRANSMISSION

Le virus

responsable de l’anémie infectieuse des équidés (AIE) est un virus de la

famille des retroviridae (même famille que le virus du sida). Seuls les équidés

y sont sensibles : cheval, âne, mulet, bardot. Il n’est donc pas transmissible

à l’homme. En France, les derniers foyers sont apparus en Ardèche en 2007, dans

le Var en 2009 (27 équidés atteints) et en Dordogne en 2010 (trois chevaux

atteints). En Europe, des foyers ont été déclarés en 2009, en Allemagne,

Italie, Slovénie et Croatie. En 2010, de nouveaux cas étaient diagnostiqués en

Italie, en Allemagne, au Royaume-Uni et en Belgique. La maladie est endémique

en Roumanie qui est à l’origine des derniers foyers confirmés en Belgique et au

Royaume-Uni. La transmission se fait par le sang des animaux malades ou

infectés latents. Elle est donc essentiellement indirecte : piqûres d’insectes,

injections en série sans changer de matériel. Les animaux malades renferment

plus de virus et sont donc plus dangereux.

SYMPTOMES

Incubation

: elle est de quelques jours à plusieurs semaines (moyenne 10-15 jours). Forme

suraiguë : cette forme est rare et atteint surtout les jeunes. Elle se traduit

par une fièvre importante (41°C), un abattement intense et la mort survient en

1 à 3 jours. Forme aiguë : au début les symptômes sont de la fièvre, une

anorexie, des signes locaux oculaires (larmoiement, muqueuse conjonctivale

jaunâtre sur fond rouge). Puis, une aggravation apparaît avec des oedèmes en

régions déclives. La mort survient dans 80 % des cas en une dizaine de jours,

ou bien la maladie passe à une forme chronique ou latente. Forme subaiguë : les

symptômes sont atténués et étalés dans le temps, avec des crises espacées de

phases de rémission. Les principaux sont la fièvre et des oedèmes des parties

déclives nets et une anémie marquée. Les crises peuvent être déclenchées par un

stress (travail intense, chaleur, course, gestation ou administration de

certains traitements). L’évolution est longue et peut aboutir à la mort lors

d’un accès aigu, ou bien passer à la forme chronique. Forme chronique : cette

forme peut succéder à la forme aiguë ou subaiguë, ou survenir d’emblée. Elle

est d’évolution longue, avec des symptômes non spécifiques : amaigrissement,

baisse de forme, légère augmentation de température, augmentation importante de

la fréquence cardiaque à l’effort, muqueuses légèrement jaunâtres ("oeil

gras"), anémie plus ou moins accusée. Des épisodes aigus peuvent survenir.

La mort intervient au bout de plusieurs mois ou années. Forme latente : après

une ou plusieurs crises, l’animal semble guéri mais il continue à héberger le

virus et peut le transmettre. Il existe aussi des animaux porteurs du virus,

apparemment en bonne santé, sans aucune manifestation de symptômes. Cette forme

latente est la plus fréquente en France. Diagnostic et traitement : de par ses

symptômes parfois peu évocateurs, la maladie peut être confondue (selon la

forme) avec d’autres telles la piroplasmose, la leptospirose, des tumeurs, des

maladies septicémiques, … Y penser tout de même lors de maladie aiguë avec

fièvre, conjonctivite, oedèmes, ou lors de méforme chronique ou

d'amaigrissement. L’établissement du diagnostic de certitude se fait par la

recherche des anticorps dans le sang par le "test de Coggins". En

moyenne, les anticorps apparaissent 10 jours après le début de la fièvre sur

l’animal malade, en général au plus tard 30 jours après l’infection. Mais

l’apparition de ces anticorps d’un animal peut aller de 3 jours à 90 jours

environ. Les anticorps persistent toute la vie de l’animal, même s’il semble

guéri. Même chose chez les porteurs sains.

TRAITEMENT

Il

n’existe aucun traitement.

PREVENTION

La

mesure de prévention principale est le dépistage et l'isolement des chevaux

infectés. La prévention passe donc par l’application de mesures de prophylaxie

sanitaire. En milieu indemne : 1) N’introduire que des animaux sains provenant

d’un effectif régulièrement contrôlé. Dans le cas contraire, faire procéder à

un contrôle sérologique (test de Coggins) après 20 jours de quarantaine. 2)

Lutter contre les insectes par des mesures de désinsectisation et d’hygiène. 3)

Ne procéder à des injections qu’avec du matériel à usage unique (aiguille et

seringue neuve pour chaque animal). 4) Demander un test sérologique à l'achat.

REGLEMENTATION

L’anémie

infectieuse des équidés est une Maladie Réputée Contagieuse (MRC) sous sa forme

sérologique (résultat positif au test de Coggins), avec ou sans symptôme(s).

C’est également un vice rédhibitoire, toujours sous sa forme sérologique, avec

un délai de rédhibition de 30 jours (décret du 28 juin 1990 et arrêté du 26

juillet 1990).

MESURES

DE POLICE SANITAIRE

Lorsqu’un

cas est confirmé (test de Coggins), un arrêté préfectoral portant déclaration

d’infection (APPDI) est pris par les services vétérinaires du département

concerné qui fait procéder à une enquête épidémiologique. Cet APPDI entraîne

les mesures suivantes : 1) Mise en interdit de l’établissement hébergeant

l’équidé, c’est à dire interdiction de tout déplacement de chevaux vers et à

partir de cet établissement. 2) Prise d’un arrêté de mise sous surveillance des

établissements hébergeant des équidés ayant été en contact avec lui dans les

mois précédents. 3) Dépistage sur tous les équidés de ces établissements. Ceux

qui se révèlent atteints (résultat positif au test de Coggins) sont isolés, et

abattus dans les 15 jours. La désinfection et désinsectisation des locaux sont

réalisées. Une participation financière de l’État pour la visite du vétérinaire

sanitaire, les examens de laboratoire, indemnités d’abattage, est versée avec

un maximum de 3.050 € par équidé. 4) Contrôles sérologiques tous les mois sur

tout l’effectif, abattage des positifs, jusqu’à obtention de résultats

négatifs. La levée de l’arrêté ne peut être prononcée qu’après résultats

négatifs aux 2 contrôles à 3 mois d’intervalle sur tous les équidés restants,

élimination des équidés infectés, désinfection et désinsectisation des locaux.

IMPORTATION

- EXPORTATION D'EQUIDES

Seuls

les équidés en bonne santé et provenant d’une exploitation indemne d’anémie

infectieuse peuvent être importés en France. Ce statut est également exigé pour

l’exportation vers les USA et certains autres pays. »