Jean-françois doucet : « les rencontres avec des grands professionnels ont ete un declic »

Autres informations / 22.11.2012

Jean-françois doucet : « les rencontres avec des grands professionnels ont ete un declic »

Jean-François Doucet, 31 ans, est installé depuis cinq ans sur le centre d’entraînement de Senonnes. De nombreux professionnels des courses comme Mathieu Offenstadt ou encore John Hammond lui font confiance et il réalise, cette année, sa meilleure saison : dix-neuf victoires avec seulement treize chevaux.

JOUR DE GALOP. – VOUS AVEZ ETE JOCKEY AVANT D’EXERCER LE METIER D’ENTRAINEUR. POUVEZ-VOUS REVENIR SUR CETTE PERIODE ?

Jean-François Doucet. – J’ai commencé en tant qu’apprenti chez Pascal Bary, à Chantilly, chez qui je suis ensuite resté cinq ans. Ce fut une très bonne expérience. J’ai eu la chance de monter et de gagner pour de grandes casaques comme celles de la famille Niarchos, du Cheikh Abdullah ou encore pour l’élevage Lagardère. Je suis parti de chez Pascal Bary avec soixante gagnants à mon palmarès. Puis, je suis revenu dans l’Ouest, dont je suis originaire, pour rentrer au service d’Henri-Alex Pantall.

VOTRE CARRIERE DE JOCKEY A ALORS CONNU UN COUP D’ARRET ?

Oui, en effet. J’ai eu un grave accident en 2002. Cela ne faisait qu’une semaine que j’étais entré au service de Monsieur Pantall, et je me suis accidenté en course, sur l’hippodrome d’Ecommoy. Ce sont plusieurs opérations du genou qui s’en sont suivies, avec deux ans d’arrêt environ.

EST-CE A CE MOMENT QUE LA PERSPECTIVE DE DEVENIR ENTRAINEUR VOUS EST VENUE ?

Non, pas particulièrement. J’ai toujours eu cette idée dans un coin de ma tête. Mais je voulais commencer par remonter en course. Je suis alors reparti chez Pascal Bary, que je connaissais bien et à qui j’avais demandé de me reprendre pour me remettre en confiance. C’était à la fin de l’année 2004. J’ai gagné quelques courses, je suis parti en meeting à Cagnes-sur-Mer, et je suis revenu pour la seconde fois dans l’Ouest, chez Florent Monnier. Après un an chez lui, je suis entré au service de Joël Boisnard, chez qui j’ai passé ma licence d’entraîneur, en 2008. Au début, j’ai même monté, et gagné, pour mon propre entraînement sous les couleurs de mon père, avec une jument qui s’appelait Rose Star (Passing Sale). Cela reste un beau souvenir.

LE PROJET D’UNE VIE VOYAIT DONC ENFIN LE JOUR ?

C’est exactement ça. J’ai commencé avec seulement deux ou trois chevaux. Un qui m’appartenait, un autre qui évoluait sous les couleurs de mon père, qui est également éleveur, et un autre sous la propriété de Franz Labonne, un de mes fidèles propriétaires, pour qui j’avais également monté en tant que jockey. À ce moment-là, je louais des boxes sur le centre d’entraînement. Puis, la zone équi-pôle a vu le jour, et j’ai pu acheter une parcelle. Aujourd’hui,  nous disposons d’un barn de douze boxes, d’un marcheur et de nombreux paddocks. Mais l’écurie s’agrandit, puisque cinq autres boxes sont en cours de construction. POURQUOI AVOIR CHOISI LE CENTRE D’ENTRAINEMENT DE SENONNES, ALORS QUE VOUS ETIEZ, A PRIORI, HABITUE AUX PISTES D’ENTRAINEMENT PARISIENNES ?

Tout d’abord, je suis originaire de cette région que j’aime beaucoup. Ensuite, en tant que jeune entraîneur, s’installer à Paris suggère des investissements considérables qui représentent un risque tout aussi important. Je ne voulais pas non plus d’une piste privée et le centre de Senonnes bénéficiait déjà d’une solide renommée. Le choix fut vite fait.

DES PROFESSIONNELS DE RENOM VOUS FONT CONFIANCE DEPUIS VOS DEBUTS. CELA VOUS A-T-IL BEAUCOUP AIDE ?

Évidemment, c’est une chance que j’ai toujours su mesurer. Dans un premier temps, travailler aux côtés de Pascal Bary, qui a toujours eu de nombreux bons chevaux, sans parler des résultats, vous influence forcément dans votre façon de travailler. Bien sûr, il faut savoir s’adapter car les pistes de Senonnes ne sont pas celles des Aigles, et les chevaux ne sont pas les mêmes. Mais cela vous donne une bonne ligne de conduite. J’ai pris un peu de tout partout où je suis passé. Tout le monde fait pareil. Ensuite, j’ai toujours eu de bons rapports avec Mathieu Offenstadt, qui m’avait contacté suite à une interview sur Equidia, et pour qui j’ai déjà entraîné quelques chevaux. Il m’a présenté à de grands professionnels comme Rodolphe Collet et John Hammond. Cela a été, en quelque sorte, le déclic. Ils ont commencé à me confier quelques-uns de leurs chevaux pour qui les champs de course parisiens devenaient trop difficiles. Je les ai récupérés alors en province où les engagements étaient plus à leur mesure. Cela a bien fonctionné et nous continuons, d’ailleurs, toujours à travailler de temps en temps ensemble.