« la prime a l’eleveur est devenue le rmi de la profession »

Autres informations / 07.11.2012

« la prime a l’eleveur est devenue le rmi de la profession »

Cette

double victoire de Breeders’ Cup est aussi l’occasion pour Éric puerari de

s’interroger sur le système d’encouragement de France Galop. « pour ces deux

victoires, nous n’avons pas reçu un centime de prime à l’éleveur. Alors que le

même jour, à Compiègne, un cheval de notre élevage a remporté une course

modeste, et nous avons touché 2.500 €. La prime à l’éleveur devrait être un

encouragement à bien produire, or c’est devenu une prime au partant.

Finalement, même un cheval de moindre valeur qui court pendant plusieurs années

finit par rapporter 20.000 € à son éleveur, alors qu’un cheval de qualité, qui

court à l’étranger ou est vendu là-bas, s’il n’est pas par un étalon français,

ne rapporte rien. Il est injuste de créer une ségrégation entre ceux qui

produisent 100 % français et les autres car le but de l’éleveur est de choisir les

croisements appropriés pour ses juments, quel que soit le lieu de stationnement

de l’étalon. La deuxième chose que j’aimerais souligner, c’est que compte tenu

du niveau actuel du marché français des yearlings, dont dépendent les prix de

saillie des étalons, je doute qu’avec la meilleure volonté, les étalonniers

français soient compétitifs pour acheter des étalons de première pointure.

D’ailleurs, à part Redoute’s Choice qui est un cas à part, nous n’avons pas eu

d’annonce d’arrivée d’un étalon de tout premier plan en France… Je ne vois que

peu de signes d’espoir dans les évolutions actuelles. presque toutes les

mesures prises visent à atténuer les effets de la compétition. Je crois

sincèrement que cette vision ne peut à terme qu’appauvrir la profession, y

compris les salariés qui travaillent dans les élevages ou les écuries de

course, pour la simple raison que personne ne veut payer de frais si l’on ne

produit pas de valeur. Regardons le bilan de l’élevage français : au mieux, le

ratio entre le prix de vente et le coût de l’élevage est nul. Les primes sont

donc devenues le RMI de la profession. Nous avons besoin d’un électrochoc pour

retrouver de l’espoir. L’élevage français ne peut se contenter d’être un simple

fournisseur du PMU. Il doit garder son âme.»