Le destin extraordinaire de lagunak

Autres informations / 06.11.2012

Le destin extraordinaire de lagunak

Propriétaire

de Lagunak (Mansonnien), vainqueur du Prix La Haye Jousselin (Gr1), dimanche à

Auteuil, Charles-Hubert de Chaudenay nous a raconté l’histoire de Lagunak, mais

aussi la naissance de sa passion pour les courses et l’élevage.

JOUR DE

GALOP : VINGT-QUATRE HEURES APRES LA VICTOIRE DE LAGUNAK DANS LE PRIX LA HAYE

JOUSSELIN, COMMENT VOUS SENTEZ-VOUS ?

Charles-hubert

de Chaudenay: Je suis sur un nuage ! Si, au début de l’année, on m’avait dit

que je gagnerais mon premier Gr1 avec Lagunak… Il y a à peine un an, je suis

allé le voir dans les prés. On le destinait alors à devenir cheval de chasse

plutôt qu’à redevenir cheval de course. D’autant que, à 8ans, nous nous étions

dit que nous allions arrêter les frais. Mais il était bien et j’ai appelé

Nicolas Madamet pour qu’il le voie, ensuite nous lui avons fait faire des

échographies, chez le docteur Gabeur, pour voir l’état de ses jambes. Cela nous

a confortés dans l’idée de le faire courir de nouveau.

AVANT

L’EPREUVE, PENSIEZ-VOUS POUVOIR GAGNER ?

S’il n’y

avait pas d’incidents, qu’il ne tombait pas, j’étais convaincu qu’il pouvait

finir dans les trois premiers. Il avait levé l’incertitude sur le terrain lourd

dans le Prix Heros XII (Gr3). Il avait une belle action ce jour-là, il était

"plein de gaz" au moment de sa chute. J’étais confiant sur le fait

qu’il pouvait être dans les trois premiers. De là à gagner… Mais il est vrai

qu’après le rail ditch il allait très facilement.

COMMENT

AVEZ-VOUS VECU LA COURSE ?

J’étais

très heureux. Mais, paradoxalement, l’émotion était plus forte dans le Prix des

Drags (Gr2). C’était ma première victoire de Groupe. Nous partions avec des

ambitions, mais sans véritables certitudes. Dimanche, nous savions que nous

avions un bon cheval pour la course. Après, j’ai vécu ce Prix La Haye Jousselin

comme chaque course d’obstacle, avec émotion à chaque saut, en retenant mon

souffle.

DE

QUELLE FAÇON ETES-VOUS ARRIVE DANS LE MONDE DES COURSES ?

Je suis

tombé dedans quand j’étais petit. J’ai hérité cette passion de mon grand-père

et de mon arrière-grand-père. J’ai longtemps logé dans l’ancienne chambre de

mon arrière-grand-père et c’était un passionné d’élevage. Il y avait sur son

bureau beaucoup de notes ayant trait à sa passion. Ensuite, mon grand-père m’a

transmis ses couleurs. Il m’a dit : « Je te donne mes couleurs, mais si tu veux

des chevaux de courses, à toi de te les financer. » Il a vendu ses poulinières

et ses chevaux. De mon côté, j’ai acheté mon premier yearling lorsque j’ai

commencé à travailler. D’ailleurs, j’ai d’abord acheté mon cheval puis, lorsque

j’ai fait ma demande de couleurs à la Société d’Encouragement, mon grand-père

m’a dit qu’il me donnait ses couleurs. Mon premier cheval a été Samildo, il

était entraîné par Noël Pelat. Lorsque ce dernier a cessé d’entraîner, je suis

passé chez Nicolas Madamet. Puis, celui-ci a levé le pied il y a quelques

années. Il m’a présenté Yannick Fouin et j’ai des chevaux chez lui depuis cinq

ou six ans. Je suis quelqu’un de très fidèle et j’aime coopérer avec des gens

en qui j’ai entière confiance.

VOUS

ETES EGALEMENT ELEVEUR. OU ELEVEZ-VOUS ?

J’élève

dans l’Indre, je dois d’ailleurs être l’un des rares, sinon le seul, à élever

dans ce département. J’ai une dizaine de poulinières. Mais nous ne faisons pas

naître les produits chez nous. Les poulinières pleines vont chez Pierre de

Maleyssie-Melun pour pouliner. Généralement, elles restent neuf mois à la

maison. Nous faisons également du débourrage, du pré-entraînement, avec

Pascaline Hervieu. Après, les chevaux partent chez Nicolas Madamet et nous

décidons ensuite s’ils vont chez Yannick Fouin ou pas, mais il est très rare

que ce ne soit pas le cas. Lagunak, en revanche, je ne l’ai pas élevé. Je l’ai

acheté foal à six mois. C’est Nicolas Madamet qui m’a dit à l’époque qu’il

avait vu un cheval qui lui plaisait.

COMMENT

FONCTIONNEZ-VOUS POUR VOS CROISEMENTS ?

Je suis

très intuitif. Je regarde le papier, j’essaie de sélectionner les étalons qui

vont apporter de la vitesse et de l’influx, quand il s’agit de poulinières pour

l’obstacle. C’est comme cela que nous sommes allés à la saillie de Trempolino,

Sinndar, qui m’a donné la bonne Quart de Pêche, laquelle est malheureusement

morte à Auteuil. Elle avait une grande valeur pour l’élevage. J’ai sa propre

sœur à l’élevage, elle est âgée de 2ans. La victoire de Lagunak a beaucoup

compensé les "dégâts" que nous avons connus cette année.

PLUSIEURS

PRODUITS DE VOTRE ELEVAGE ONT UN NOM COMMENÇANT PAR QUART DE… A QUOI EST-CE DU

?

Cette

appellation revient souvent pour les produits de Wells Vision (Monsun), ma

meilleure poulinière [mère de Quart de Lino, Quart de Pêche et Quart de Tune,

ndlr]. C’était déjà le thème de mon grand-père. J’essaie donc, le plus souvent,

de mettre la lettre Q dans le nom de mes chevaux, sauf dans le cas des AQPS

pour lesquels cela est plus compliqué.