pourquoi faut-il augmenter les allocations par frederic danloux, president de l’association des entraineurs proprietaires

Autres informations / 20.11.2012

pourquoi faut-il augmenter les allocations par frederic danloux, president de l’association des entraineurs proprietaires

« Avant tout, il faut savoir que la vocation même de France Galop Association à but non lucratif est de distribuer des "encouragements à l’élevage". De plus, n’oublions pas que notre système de courses en France est financé par deux catégories de personnes : les propriétaires et les parieurs. Sans l’une ou l’autre de ces catégories, point de courses, point d’allocations et point d’élevage. Ceci étant, quel doit être l’objectif de France Galop ? Les propriétaires doivent pouvoir entretenir les chevaux qui sont confiés aux entraîneurs pour leur carrière de course et également renouveler leur cheptel en achetant régulièrement des jeunes chevaux. Les allocations sont donc là pour permettre à nos propriétaires de rémunérer les professionnels de la filière (entraîneurs, jockeys, éleveurs). Le coût de l’entraînement et de l’élevage d’un cheval de course ne cessant d’augmenter, il est logique d’augmenter les allocations. Mais le plus important est l’arbitrage pour définir ceci : vers quelles catégories de propriétaires faut-il verser ces allocations? Le but à atteindre est de contenter la grande majorité de nos propriétaires pour qu’ils n’aient pas l’impression d’être considérés comme des "vaches à lait". Notre système "mutualiste" a ceci de particulier que ce sont les chevaux de moyennes et petites catégories qui financent l’ensemble de la filière, permettant à nos courses de sélection d’être parmi les plus prestigieuses et les mieux rémunérées du monde. C’est pour cela qu’il faut encourager en priorité ces catégories de chevaux et leurs propriétaires afin qu’ils ne disparaissent pas et puissent ainsi continuer à assurer le financement de la vitrine de notre élevage, les courses d’élite. Tout le monde sait que seules les courses réunissant plus de 12 partants génèrent suffisamment d’enjeux pour assurer le financement de toute la filière. Or seules les courses de petites et moyennes catégories sont capables de rassembler autant de partants tout au long de l’année. C’est pourquoi depuis l’augmentation de l’offre, ce sont ces courses-là dont le nombre a le plus augmenté. Il y aura toujours 80 % de chevaux de moyenne ou petite catégorie dans une génération. À partir de ces constats, il faut cesser de faire de l’idéologie ; faut-il qu’une "B" soit mieux rémunérée qu’un handicap, qu’un "réclamer" soit mieux ou moins bien rémunéré qu’une "F" ou une "G", qu’une Listed soit mieux ou moins rémunérée qu’une épreuve support de Quinté Plus. Il est beaucoup plus important de savoir combien il faut de partants par an pour assurer de la croissance à la filière, combien faut-il de chevaux pour assurer ce nombre de partants, combien cela coûte de faire naître et entraîner ces chevaux. Cela s’appelle établir un business model. À partir de là seulement, il sera possible d’établir une répartition équitable et réaliste des allocations. Il ne faudrait pas en arriver à un clivage entre ceux qui assurent la recette et les autres ; cela pourrait mener à une maxime simple : "chaque filière doit assurer son propre financement" et risquerait de conduire à l’effondrement de l’élevage de renom français. Il faut donc assurer à tous les moyens de vivre de son métier et permettre à tous les propriétaires d’être considérés comme des financeurs de l’institution et non comme des "perdants à coup sûr". On ne peut pas laisser sur le bord du chemin près de 80 % des professionnels. N’oublions pas que c’est par la racine que les arbres grandissent. Si la racine est coupée, non seulement l’arbre ne pousse plus mais il meurt. Alors, de grâce, cessons ces querelles de chapelles et mettons-nous autour de la table afin de définir une véritable politique à moyen terme avec de vrais objectifs et des indicateurs afin de vérifier que ces objectifs soient atteints. »