« lettre des entraineurs » : le debat se poursuit par mayeul caire

Autres informations / 06.12.2012

« lettre des entraineurs » : le debat se poursuit par mayeul caire

J’ai reçu, suite à mon éditorial d’hier, de nombreux courriers électroniques. Nous en publions quelques-uns ci-dessous. Pardon à ceux dont nous ne reproduisons pas les missives, faute de place. Ces différents échanges m’amènent à faire deux précisions : la première sur les chevaux de petite valeur handicap, et la seconde sur la « régionalisation » potentielle du programme.

« PETITS » CHEVAUX : LA FIN DES ILLUSIONS

Parmi les témoignages reçus au cours de la journée d’hier, plusieurs concernent ma proposition de ne plus organiser de courses pour les chevaux de valeur inférieure à 28 (ce chiffre étant donné à titre indicatif, évidemment). Ce que je voulais dire, je le rappelle, c’est que personne n’a à gagner à conserver des chevaux non rentables dans le circuit : ni les propriétaires, ni les entraîneurs, ni les éleveurs, ni les jockeys. Or, certains de nos lecteurs affirment, exemples à l’appui, que des chevaux de petite valeur peuvent être rentables. J’en suis très heureux pour eux, car ils sont propriétaires d’exceptions. Mais s’il y a "exception", c’est qu’il y a d’abord "règle", et celle-ci est cruelle pour les chevaux les plus modestes, comme le montre le tableau ci-dessous : À 3ans, 4ans ou 5ans et plus, les gains moyens des chevaux de valeur inférieure à 30 varient entre 7.500 € et 8.400 €. On est loin de toute notion de rentabilité. En valeur 30 à 38,5, le ratio double ou triple – en fonction des classes d’âge ! À 21.300 €, on est plus en cohérence avec le taux de couverture par les gains de 50 %. Et à partir de 39, notamment par l’effet "dopant" des Groupes, la moyenne s’envole au-dessus de 50.000 €, voire de 60.000 €…Ce tableau montre clairement que le décrochage de rentabilité existe.

gains moyens en france en 2010

Valeur handicap 3ans 4ans 5ans +

21 – 29,5 7.500 € 7.500 € 8.400 €

30 – 38,5 21.300 € 17.700 € 23.700 €

39 et + 64.100 € 52.600 € 53.600 €

Source : France Galop

On peut aussi, comme le suggère une de nos lectrices, faire sortir des chevaux du système en fonction des gains et non pas en fonction de la valeur handicap. L’idée a le mérite d’instaurer de l’objectivité dans les critères d’élimination.

UN FACTEUR REGIONAL ; PAS UN REGIONALISME

L’autre précision que je souhaite apporter concerne les régions. Certains de mes correspondants agitent (sympathiquement) le drapeau rouge et disent, pour n’en citer qu’un : « Établir un nombre de courses par région en fonction des effectifs correspond à "figer" le programme et, à terme, à vouer à l'échec toute évolution. » Je réponds deux fois non. D’abord parce que ce qui est figé,  c’est la situation actuelle, où il est très difficile de déplacer des réunions ou des courses d’une région à l’autre. Les fédérations régionales veillent sur leur enveloppe. Si bien que, d’une année sur l’autre, la question du programme ressemble au vote du budget à l’Assemblée nationale : on s’étripe sur les quelques (maigres) pourcentages de latitude, alors que l’immense majorité du budget (à commencer par le traitement des agents de la Fonction publique et le remboursement de la dette publique) est largement figée dans le marbre d’une année sur l’autre et ne permet aucune évolution ou presque. La seconde chose, c’est que je n’ai pas écrit qu’il fallait que tout le programme soit à 100 % décidé en fonction des effectifs à l’entraînement région par région. En revanche, je pense que, pour le programme "alimentaire" (celui qui ne concerne que de très loin la sélection et sert surtout à alimenter la machine à partants demandée par le P.M.U.), il faut privilégier des réunions "low cost ". Or, quels sont les leviers financiers sur lesquels nous pouvons agir ? Si on ne touche pas aux allocations (difficile à envisager) et que l’on ne court pas à huis clos (pour faire l’économie d’une partie du personnel de l’hippodrome), il ne reste que deux variables d’ajustement : les frais de transport et les frais de séjour des employés d’écurie. En organisant des réunions de courses à Chantilly, à Pau, à Deauville ou à Lyon, il est facile de comprendre que les frais de transport et de séjour seront en baisse significative, même si certains viendront de loin pour courir. C’est une simple question de logique. Et cela ne veut pas dire qu’il faut que toutes les réunions de l’hiver aient lieu à Chantilly.