L’union des acteurs du galop : soyez ambitieux et a la hauteur des defis a relever

Autres informations / 12.12.2012

L’union des acteurs du galop : soyez ambitieux et a la hauteur des defis a relever

« Dans un discours prononcé à Deauville, le président du Syndicat des éleveurs a le mérite d'être clair et direct. Qu'on en partage toutes les analyses ou les options ou pas, il faut reconnaître et saluer l'absence de langue de bois. Certains des débats déterminants pour l'avenir du galop ont été ouverts, sur des sujets qui, évidemment ne peuvent laisser indifférent et sans réactions les P.P., association qui représente– au gré des élections et avec ses alliés AQPS et Permis d'entraîner – un bon quart des propriétaires et des éleveurs français. Le point d'accord le plus évident que je veux souligner dans ce discours est de placer (enfin) le propriétaire au sommet de l'échelle des priorités. C'est bien ce qui a inspiré, il y a 23 ans, les créateurs de l'association P.P., lorsqu'une spirale de récession menaçait la filière. Ils voulurent regrouper au sein d'une seule association les propriétaires et les éleveurs, rédiger et défendre un programme commun, tant il était déjà évident que nous sommes dans le même bateau. Celui de la croissance que nous avons su retrouver hier, celui de la crise qui se manifeste aujourd'hui. Comment ne pas se féliciter alors de cette démarche ? Ce n'est qu'unis que nous ferons face aux difficultés et aux nouvelles données économiques. Je crois faire oeuvre utile en proposant ici au président du Syndicat des éleveurs d'être plus ambitieux encore. Les circonstances l'exigent. Organiser un "pont" entre le Syndicat des éleveurs et des propriétaires ? Pourquoi ne pas aller plus loin sans tarder en regroupant les différentes associations de propriétaires représentées à France Galop (les P.P. avec leurs alliés au sein de l'Union pour le galop français et les entraîneurs-propriétaires qui ont prouvé leur audience lors des élections il y a un an), mais aussi et surtout les représentants des entraîneurs. Ces derniers ne sont pas que des prestataires de services. Ils sont les interlocuteurs naturels des propriétaires (et de beaucoup d'éleveurs), et souvent des prescripteurs. C'est avec eux qu'il faudra construire le nouveau modèle économique que nous devons définir rapidement. C'est pourquoi je propose la constitution d'un groupe de travail rassemblant les acteurs du Galop qui regrouperait, par exemple deux interlocuteurs de chaque association, gommant les risques d'esprit de clan et toute velléité d'hégémonie. Une nouvelle structure ? Non, une union informelle mais ambitieuse, facile à mettre en oeuvre dès la semaine prochaine! Elle serait le lieu naturel pour peser sans conteste dans les instances de France Galop, pour mettre en place des actions communes peut-être nécessaires. Comment ne pas remarquer que c'est une association d'éleveurs qui propose curieusement une grève des courses et donc pour l'essentiel un blocage du circuit financier des propriétaires et, par répercussion des entraîneurs ? Chacun doit l'admettre : une coordination entre nous serait bienvenue ! Le débat fondamental des objectifs financiers offert aux propriétaires est évoqué par Loïc Malivet. Un propriétaire préfère avoir de bons chevaux que des médiocres. L'évidence peut être rappelée. Un propriétaire préfère amortir plus vite son investissement et limiter les frais si le cheval se révèle mauvais. Exact encore. Mais au-delà des rappels, la question ne peut être ni caricaturée, ni simplifiée à l'excès. D'autres critères, parfois irrationnels, que le retour financier immédiat entrent évidemment en jeu. Sans en faire ici le détail, il faut quand même rappeler que nous avons besoin de ces chevaux d'âge qui nous permettent d'organiser nos "événements" et donc de faire de la recette. Et affirmer qu'en amenant les propriétaires à se séparer de leurs "vieux" chevaux de 5ans pour réinvestir, c'est faire peu de cas de la psychologie du propriétaire qui ne se débarrassera pas ainsi d'un fidèle serviteur qui lui procure encore du plaisir pour acheter à tous coûts en vente un hypothétique yearling. Et l'y forcer par le programme, c'est le pousser plus vite vers la sortie définitive. Ce qui est en revanche certain, c'est que le chiffre d'affaires doit être une priorité, et que toutes les décisions doivent être pesées en fonction du risque de retour d'une spirale récessive pour le galop. On ne peut pas raisonner sur une répartition des allocations sur la base des niveaux actuels sans organiser, d'abord et via les programmes, le maintien d'effectifs permettant d'assurer cette recette du PMU qui finance le tout. C'est sur les acteurs français du galop, avec leurs forces et en surmontant leurs faiblesses, que nous devrons appuyer le nouveau modèle. Briser des équilibres peut être un choix, mais il doit être pesé très sérieusement. Pour avancer, je le propose à nouveau, créons ce groupe de travail rassemblant les acteurs du galop. Les avis, les ressentis de tous sont nécessaires. Un exemple : dans son discours, le Syndicat des "leveurs prône d'aller « plus vite, plus juste ». Les deux propositions n'embrassent pas l'ensemble du galop. Concentrées sur les ambitions d'une partie des propriétaires de plat, elles ignorent celles des passionnés de l'obstacle, concernés aussi bien évidemment. Inviter l'obstacle dans le débat, ce sera une conséquence de cette union ambitieuse que nous proposons à tous. Ces débats sont importants. Ils ne sont pas nouveaux et engagent l'avenir de notre passion. La vérité ne se décrète pas. Comme l'union de tous, elle se construit. »

Hubert Tassin

Président Association P.P. (Province Paris pour le galop français)