Decidement, les courses vont mal en italie

Autres informations / 30.01.2013

Decidement, les courses vont mal en italie

Vendredi

1er février à Rome toutes les associations des socioprofessionnels des courses

italiennes, avec le renfort des représentants des hippodromes, vont organiser

une manifestation devant les ministères de l’Agriculture et de l’Économie. Les

"sociopros" demandent tout simplement à être payés pour leur travail,

c’est-à-dire encaisser les allocations des courses. Walter Scarinci, le

secrétaire de l’UIF, l’association des jockeys, explique : « Les jockeys ont

reçu en novembre les pourcentages sur les montes du mois de juin. Depuis lors,

plus un centime n’a été versé. C’est pareil pour les propriétaires, les

entraîneurs et les éleveurs. Je suis en contact avec mes associés et il y en a

plusieurs qui n’arrivent plus à s’en sortir ». Les socioprofessionnels

demandent aussi des garanties pour le futur. Le gouvernement, qui avait promis

des financements pour arriver à un budget 2012 de 240 millions d’euros

(allocations des courses et contributions aux hippodromes), n’a pas encore

sorti l’argent de ses caisses. Il faut savoir que l’ASSI, la nouvelle société

mère créée en 2011, a disparu depuis le mois d’août 2012 suite à la loi sur le

spending review et ses attributions sont désormais reléguées à un simple bureau

au ministère de l’Agriculture…qui est encore en attente d’une subvention. Dans

les coulisses des ministères, il se murmure que dans les prochains jours seront

payées les allocations du mois de juillet et de la première quinzaine d’août,

c’est-à-dire jusqu’au moment où l’ASSI était encore en activité. L’autre partie

de l’argent serait gardée "au chaud dans un tiroir" du ministère de

l’Économie, en attente d’une signature du ministre Grilli. Le ministre de

l’Agriculture, Mario Catania, ancien commissaire des courses, a brillé par son

absence sur le sujet courses jusqu’à présent, mais, lundi, il a repris du

courage et a déclaré : « Le ministère de l’Économie, avec une attitude que je

trouve incompréhensible, ne nous donne pas l’argent déjà prévu dans le budget

de l’État pour le monde des courses. Pourtant, il ne s’agit pas d’un crédit

supplémentaire et c’est pour cela que c’est surprenant. Le secteur des courses

se retrouve en très grande difficulté à cause de cela ». À un moment donné, l’argent

sortira bien des caisses, mais la crise du monde hippique italien sera tout de

même bien loin d'être terminée, même si l’État a garanti pour 2013 un budget

égal à celui de l’année précédente. L’année 2013 a également démarré avec

d’autres mauvaises nouvelles. L’hippodrome de Naples (trot et galop) est fermé

suite à des problèmes de gestion. Le trot à San Siro est, lui, annulé suite à

la décision de la société des courses de renoncer aux épreuves pour reconvertir

les terrains dans l’immobilier. Tor di Valle, l’hippodrome de trot de Rome, a

arrêté son activité avant le week-end dernier et, avec la bénédiction de la

mairie, sera construit prochainement sur ses terrains le nouveau stade de

football de la Roma…Les socioprofessionnels demandent une réforme du secteur et

une révision du système des paris hippiques. Depuis 2007, les enjeux sur les

courses ont connu une baisse catastrophique et sont passés de 2,7 milliards à

1,08 milliards d’euros. Le prélèvement est beaucoup trop haut (26 % sur les

jeux simples) et les formules proposées aux parieurs n’ont pas la cote. Une

révision des prélèvements et des changements sur les paris combinés sont à

l’étude depuis quelques années mais l’AAMS (l’agence du ministère de l’Économie

chargée de tous les enjeux) n’a pas encore sorti son projet. Pourtant, le monde

hippique italien ne peut pas se payer le luxe d’attendre encore.