La solidarite a sens unique par eric pechadre

Autres informations / 18.01.2013

La solidarite a sens unique par eric pechadre

 « Propriétaire depuis 32 ans, élu

socioprofessionnel P.P. au Comité régional de Ouest-Anjou-Maine, élu à la

Fédération ouest et du conseil d'administration de la Société des courses de

Pornichet, je souhaite réagir au triste dossier "T.V.A." Le

propriétaire est, me semble-t-il par nature, un optimisteforcené. Il croit à la

prochaine victoire, trouve volontiers des excuses pour justifier une

performance médiocre, scrute le livre des engagements en rêvant à des jours

meilleurs…Comme beaucoup de petits propriétaires (une dizaine de chevaux en

direct et/ou en association chez Alex Pantall), j'aborde pourtant cette année

2013 avec inquiétude. Malgré les sollicitations de France Galop et des

associations représentatives, les pouvoirs publics semblent nous avoir laissés

tomber face à Bruxelles, ignorants de la réalité de notre économie. Nos

prochaines factures seront donc plus élevées en valeur T.T.C. et le nombre de

chevaux à l'entraînement sera pour beaucoup la variable d'ajustement... Or,

voilà qu'en même temps, nos cousins des centres équestres tirent mieux leur

épingle du jeu, conservant le taux de T.V.A. réduit à 7 %. Depuis quelques

années, au nom d'une stratégie réfléchie, les Courses se sont comportées en

grand frère, leader naturel du monde du cheval avec pour corollaire une

contribution volontaire au financement du monde du cheval hors courses, à

travers le fonds éperon puis à travers la création d'une Equidia "2"

consacrée aux autres facettes du monde du cheval :

 - plus de 10 millions à travers les fonds

éperon et les aides aux Conseils des chevaux,

-

quelques millions de plus à travers la production nécessaire pour alimenter

Equidia Life.

 Cette stratégie avait sans doute un sens si

elle visait à souder le monde du cheval, à faire comprendre notre force et

notre unité à Bruxelles. Mais en cette période de retournement de la

conjoncture, il faut faire un bilan de cette stratégie. Or ce bilan s'impose

comme une évidence :

 - Bruxelles, à travers le dossier T.V.A., se

moque complètement de l'équilibre économique de notre filière. - Pire, à

travers la remise en cause du niveau de la taxe affectée, Bruxelles remet en

cause l'esprit de la loi sur l'ouverture du marché des jeux au mépris du

législateur.

- Quand

à la belle solidarité du monde du cheval, elle a vite montré ses limites, le

monde de l'équitation ayant préféré négocier – avec succès – de son côté.

Mais on

ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Vouloir profiter des mannes

célestes de nos circuits financiers et "jouer perso" face aux

pouvoirs publics. Lorsque nous étions en période de croissance, nous pouvions

tendre la main à l'ensemble des sports équestres. La crise nous oblige à revoir

nos priorités, à parer au plus pressé, c'est-à-dire à nos allocations, pour

préserver le tissu indispensable des propriétaires et des éleveurs avec les

emplois qui vont avec. Une remise en cause des sommes en jeu à travers les

fonds éperon, les subventions diverses et Equidia, doit permettre plus de 10

millions d'euros d’économie par an à redistribuer prioritairement en

allocations, au trot comme au galop. Nos amis des sports équestres ont, pendant

les années de croissance, pu profiter de notre esprit d'équipe. Maintenant

qu'ils trouvent, à travers les dispositions fiscales, un avantage important,

ils comprendront certainement que nos circuits financiers s'adaptent à la

nouvelle donne, tant il est vrai que la solidarité ne peut fonctionner à sens

unique.