La t.v.a. et la passion par mayeul caire, directeur de jdg

Autres informations / 29.01.2013

La t.v.a. et la passion par mayeul caire, directeur de jdg

C’est un

mal très français que de craindre les foudres du Trésor public. Et je dirais

que dans des périodes de resserrement fiscal, comme celle que nous vivons,

chacun se sent d’autant moins serein face à l’impôt. À chaque carrefour, on

croit entendre le "hululement du percepteur" cher à Raymond Devos

(qui pourtant était Belge)… Voilà pourquoi, après avoir évoqué hier les démarches

menées auprès de l’État par France Galop, c’est aussi sous l’angle

"psychologique" qu’il faut envisager la question de la T.V.A. C’est

une chose d’obtenir des avantages à Bercy ; c’en est une autre d’aller les

réclamer s’ils existent un jour ! Admettons en effet que les propriétaires

aujourd’hui non assujettis obtiennent le droit de récupérer la taxe sur la

valeur ajoutée. Je pose la question : qui aura le courage, en fin d’année,

d’écrire à son Centre des impôts pour demander le remboursement de quelques

centaines d’euros avancés à l’État sous forme de T.V.A. ? Hum… Les services

fiscaux sont comme les services de police : nous avons beau avoir besoin d’eux,

nous avons beau avoir toute confiance en eux, nous préférons généralement nous

tenir à distance réglementaire de ces représentants de la force publique. Ces

demi-plaisanteries mises à part, un lecteur de JDG m’a contacté pour me faire

une remarque : l’augmentation va pénaliser les propriétaires non assujettis ;

dans leur immense majorité, il s’agit de petits propriétaires qui, en général,

ont un cheval ou moins à l’entraînement ; selon son calcul, un petit

propriétaire ayant un cheval entraîné en province au prix de 40 euros H.T./jour

lui coûtera 1.839,60 euros supplémentaires chaque année en pensions.

+ TVA à 7 %              +TVA

à 19,6 %                      Différence

Tarif

pension base                 

40

€H.T./jour (annuel H.T.) = 14.600 €

                                               1.022

                      2.861,60 €                              + 1.839,60 €

Toute la

question est de savoir si ce surcoût est de nature à le dégoûter d’avoir un

cheval de course. Un euro est, certes, un euro… mais si le cheval avance un

peu, que vaudront ces 1.800 euros ? Même s’ils seront très désagréables à

reverser, ces 1.800 euros représentent moins qu’une quatrième place (avec

primes) dans un petit "réclamer" pour vieux chevaux. Ce lecteur est

lui-même petit propriétaire et il a fait ses comptes. Du tableau qu’il nous a

transmis, il tire une morale personnelle pleine d’humour et de passion : « Je

n’arrêterai pas pour 2.000 euros annuels de différence alors que chaque année,

j’espère avoir dans les boxes un gagnant d’“Arc” ! » L’humour est comme les

essuie-glaces : il n’arrête pas la pluie, mais il permet de continuer à avancer

!