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Jour de Galop

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Philippe sogorb : la fin d’une histoire, le début d’une autre

Autres informations / 19.02.2013

Philippe sogorb : la fin d’une histoire, le début d’une autre

À 38

ans, et deux ans après qu’il s’est installé comme entraîneur, Philippe Sogorb a

décidé, avec le succès de Show Gorb dans le Prix de la Principauté de Monaco

(B), lundi à Cagnes, de raccrocher ses bottes. L’occasion de revenir avec lui

sur plus de vingt années passées en tant que jockey et d’évoquer son nouveau

métier.

Jdg. –

Pourquoi Avoir Décidé D’arrêter Votre Carrière De Jockey Sur Ce Succès ?

Philippe

Sogorb. – Depuis que j’ai une vingtaine d’années, j’avais décidé d’arrêter

entre 36 et 38 ans. Je n’ai donc pas pris cette décision sur un coup de tête.

J’avais failli arrêter il y a un an et demi. En début d’année, je me suis dit

que mon premier gagnant serait mon dernier. Mon effectif en tant qu’entraîneur

a pris de l’importance et j'ai une douzaine de salariés ; il me faut donc gérer

mon entreprise. J’ai d’autres soucis que ceux de jockey. C’était donc le bon

moment pour arrêter, avec ce succès de Show Gorb, une pouliche que j’aime

énormément. Je ne suis pas triste car je sais que c’est le début d’une autre

aventure. Et je n’avais surtout pas envie de monter la course de trop.

POUVEZ-VOUS

RETRACER VOTRE CARRIERE ?

Je suis

devenu jockey par passion pour les chevaux. Personne dans la famille ne

travaillait dans ce milieu. J’ai été apprenti chez Élie Lellouche à partir de

1988, et j’ai débuté en course pour lui en 1992. J’ai perdu ma décharge assez

rapidement, puis je suis devenu son troisième jockey, après Olivier Peslier et

Dominique Boeuf. C’était donc assez difficile, et début 1996, la marquise de

Moratalla m’a proposé de devenir son premier jockey, donc de partir dans le

Sud-Ouest. Élie Lellouche m’a conseillé d’accepter et je l’en remercie. Je me

suis donc installé à Mont-de-Marsan, chez Robert Litt. Dès le début de ma

carrière de jockey, je savais que je voulais devenir entraîneur. Cela m’a amené

à m’intéresser de près à la carrière des chevaux, à leurs engagements…Cela a

sans doute orienté ma façon de monter également.

QUELS

SONT LES CHEVAUX QUI VOUS ONT MARQUE ?

Il y a

d’abord eu Nombre Premier, qui m’a offert ma première victoire de Gr3, en 1996.

Puis vertigineux, avec qui j’ai gagné le Prix du Muguet (Gr2) et qui m’a permis

de voyager à Dubaï et Ascot, a vraiment marqué ma carrière. Dabirsim est celui

qui m’a le plus impressionné. Avec lui, j’ai eu des sensations que je n’avais

jamais ressenties auparavant. C’était un phénomène. Il était tellement

au-dessus des autres ! Et enfin, il y a Show Gorb…

IL A

DEUX ANS, VOUS FRANCHISSIEZ LE CAP ET DECIDIEZ DE VOUS INSTALLER COMME

ENTRAINEUR…

J’avais

36 ans et c’était la suite logique de ma carrière. Robert Litt projetait de

prendre sa retraite et je savais que je pourrais récupérer certains de ses

chevaux. Je me suis installé avec cinq pensionnaires. vous avez choisi de

rester à Mont-de-Marsan.

POUR

QUELLES RAISONS ?

Jamais

je n’ai pensé à aller ailleurs, en région parisienne par exemple. La province

n’a plus à rougir face aux Parisiens. Je connais parfaitement les pistes de

l’hippodrome sur lequel j’entraîne, ce qui est un plus. J’ai fait construire

mon écurie et j’y suis bien. J’apprécie la qualité de vie dans le Sud-Ouest et

pour l’entraînement, le climat nous permet d’être prêts plus tôt que les

autres.

COMMENT

SE COMPOSE VOTRE ECURIE ACTUELLEMENT ?

J’ai

maintenant 45 chevaux environ, dont quelques 2ans intéressants. La marquise de

Moratalla, qui a fait ma carrière en tant que jockey puisque je lui dois près

de 400 victoires sur les 900 que comptent mon palmarès, me fait confiance en

tant qu’entraîneur. J’ai près de 25 propriétaires différents, ce qui est très

important. J’entraîne également des pur-sang arabes appartenant à la famille

Niarchos, le Sud-Ouest étant

le berceau

de cette race…

POUVEZ-VOUS

NOUS PARLER UN PEU PLUS DE SHOW GORB ?

C’est

une pouliche que j’ai toujours estimée. À 2ans, sa seule mauvaise course, dans

le Critérium du Béquet, comporte des excuses, car elle n’était pas au mieux un

peu avant sa course. Et quand elle a été deuxième, c’est parce qu’elle s’est un

peu arrêtée une fois devant. Même dans le Prix Miesque, si j’avais pu me faire

emmener plus loin, gagner aurait été une possibilité. Après cette sortie, je

l’ai ralentie pendant deux mois, avant de la reprendre en vue de cette course.

Avec elle, tout est planifié longtemps à l’avance. Il lui faut également un peu

de temps entre deux courses, c’est pour cette raison que nous irons directement

sur le Prix Imprudence sans courir le Prix Ronde de Nuit (L). Elle ne sera pas

dérangée par l’allongement de la distance car elle est très facile à monter. On

peut rêver à la Poule d’Essai.

A

CAGNES, VOUS AVEZ AUSSI EMMENE GRIRAZ…

Je suis

venu à Cagnes pour Griraz, qui adore cet hippodrome. Le cheval est au top et va

participer au Grand Prix du Conseil Général des Alpes-Maritimes (L). Ensuite,

nous suivrons le Défi du Galop, avec l’étape de Pise dans un premier temps.

QUELS

SONT VOS OBJECTIFS EN TANT QU’ENTRAINEUR ?

Je

souhaite avoir une carrière à l'image de celle que j'ai eue en tant que jockey,

c’est-à-dire marquée par la régularité et la longévité. Comme jockey, je n’ai

travaillé que pour deux personnes, Élie Lellouche et Robert Litt. Gagner un Gr1

et rien derrière ne m’intéresse pas.