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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Messieurs les professionnels, chapeau bas !

Autres informations / 30.03.2013

Messieurs les professionnels, chapeau bas !

Marine

Thévenet, reporter à Jour de Galop depuis 2011. Femme de cheval, femme de

jockey, mais aussi journaliste à Jour de Galop, je profite de ce numéro 2000

pour vous tirer mon chapeau à vous, jockeys, entraîneurs, éleveurs et

propriétaires. Vous qui faites vivre ce monde que nous aimons tant, les

courses. Récemment touchée par un drame qui aurait pu être fatal lorsque mon

ami, David Berra, jockey d’obstacles, a chuté à Pau, je me suis rendu compte,

plus que jamais, des risques de ce métier. Si cela ne tenait qu’à lui, je pense

que David serait déjà à cheval. Mais pourquoi, alors qu’il est passé si près du

point de non-retour ? La passion. L’envie de toujours faire mieux, de toujours

faire plus. Je ne sais pas ce que David décidera, mais il n’est pas le seul

dans ce cas. Malgré cela, la vie continue, les courses continuent. Les jockeys

tombent, retombent, mais gagnent aussi. Ils nous font vibrer, et même rêver.

Mais à quel prix ? Certains ont trouvé la mort, d’autres ont perdu l’usage de

leurs membres, d’autres, et fort heureusement, ont réussi à arrêter leur

carrière sans trop de dommages. Malgré cela, en toute conscience du danger,

beaucoup continuent. Je leur dis « Chapeau, et merci ! Votre passion entretient

la nôtre. » Au fil des années, j’ai pu côtoyer de nombreux éleveurs et

entraîneurs. Leur tâche n’est pas des plus faciles non plus. Heureusement, la

passion est là pour les aider à se lever chaque matin. Mais quel déchirement

quand, pour une raison quelconque, le petit champion de l’écurie tombe malade à

quelques jours de l’échéance. Malgré tout, ils font face. Les entraîneurs

continuent à faire leur liste, à établir le programme de leurs élèves, parfois

deux mois à l’avance, à aller à la piste observer les nouvelles recrues. Les

éleveurs, eux, continuent à élever leurs poulains, à penser à de futurs

croisements et à prendre soin de leur cheptel. Tout ça en rêvant à de grandes

choses, une nouvelle fois. Oui, les jockeys ont du mérite, mais n’oublions pas

les premiers maillons de la chaîne. Ceux qui ont la responsabilité, ô combien

importante, de valoriser, par leurs résultats, notre système à travers l’Europe

et le monde. Au milieu, il y a les propriétaires. Comme chacun sait, les

chevaux de course ne sont pas une source de revenus infaillible et le principe

ressemblerait plus à une gigantesque loterie qu’à autre chose. Pourtant, malgré

une conjoncture peu reluisante, ils sont là. Certains essaient de trouver des

solutions, d’autres continuent en espérant être épargnés par l’épée de Damoclès

qui menace en ce moment notre monde. Mais pourquoi, encore une fois ? Toujours

le même dénominateur commun, la passion. La passion de voir leurs couleurs

briller ou, parfois, juste de les voir franchir le poteau final. La passion de

se retrouver entre amis sur un hippodrome, quel qu’il soit. La passion de

vibrer au rythme des foulées et des cris du public. Pour eux aussi, le rêve

joue un rôle important dans leur investissement. Mesdames et Messieurs les

professionnels, je vous tire mon chapeau, et merci.