Christiane head-maarek : candidate au conseil d’administration de france galop

Autres informations / 13.04.2013

Christiane head-maarek : candidate au conseil d’administration de france galop

Christiane

Head-Maarek, présidente de l’Association des entraîneurs de galop, a choisi de

se présenter à la succession de Frédéric Danloux au conseil d’administration de

France Galop. Elle qui s’exprime rarement dans la presse en explique les

raisons et dévoile sa vision du galop français en 2013.

JOUR DE

GALOP. – POURQUOI VOUS PORTEZ-VOUS CANDIDATE A LA SUCCESSION DE FREDERIC

DANLOUX AU CONSEIL D’ADMINISTRATION DE FRANCE GALOP ?

Christiane

Head-Maarek. – L’association des entraîneurs de galop est largement majoritaire

au niveau national. Notre légitimité au Conseil d’administration est évidente :

l’association que je préside regroupe plus de 70 % des entraîneurs Elle fournit

un travail de fond indispensable à l’ensemble de la profession. Notre quotidien

est fait de la gestion des problèmes sociaux, fiscaux et juridiques des

entraîneurs auprès des instances hippiques et des ministères de tutelle. Nous

accompagnons les entraîneurs de la France entière dans toutes leurs démarches

et leurs difficultés. Nous nous réunissons régulièrement pour étudier ensemble

le programme et préparer l’avenir. Notre secrétariat gère les demandes de tous,

quelle que soit leur situation géographique. Défendre et représenter un

groupement de chefs d’entreprises exige une organisation solide et efficace,

dans l’intérêt général. Nous avons obtenu le statut agricole après vingt ans de

bagarre… De ce statut ont découlé beaucoup d’avancées: la fin de la taxe

professionnelle, la TVA à 5,5 % pour les pensions des propriétaires jusqu’en

2012, l’exonération de la taxe foncière sur le bâti (écuries), etc.

L’Association des entraîneurs, avec le Syndicat des éleveurs, est allée à Bruxelles

pour empêcher les bookmakers d’entrer en France ! Nous travaillons sans répit à

défendre notre profession. Et notre long combat pour le versement de la TVA sur

le pourcentage des entraîneurs vient d’aboutir. À la différence des autres

candidats, je pense représenter un vrai groupe structuré et cohérent.

LES

ENTRAINEURS N’ONT OFFICIELLEMENT QU’UNE VOIX AU CONSEIL D’ADMINISTRATION DE

FRANCE GALOP. MAIS, DANS LES FAITS, PLUSIEURS D’ENTRE EUX SIEGENT AU COMITE EN

AYANT ETE ELUS DANS DES COLLEGES DIFFERENTS (PROPRIETAIRES OU ELEVEURS). EST-CE

LE SIGNE QUE LES PLACES RESERVEES AUX ENTRAINEURS NE SONT PAS SUFFISANTES A

FRANCE GALOP ?

J’ai

connu une époque où il n’y avait aucun « sociopro » au Comité ! Au fil des

années, beaucoup d’entraîneurs sont devenus propriétaires eux-mêmes pour

pallier le manque de propriétaires… et éleveurs par amour du cheval. Et plus il

y aura de professionnels au Comité et mieux les décideurs seront informés des

réalités de terrain. Enfin, l’entraîneur qui siège au Conseil d’administration

porte une grande responsabilité à l’égard de l’ensemble de notre profession,

car il est seul pour tous nous représenter. POUVEZ-VOUS REVENIR SUR LA

POLEMIQUE DONT VOUS AVEZ INDIRECTEMENT ETE A L’ORIGINE, A LA SUITE DE VOTRE

INTERVENTION A L’AG DU SYNDICAT DES ELEVEURS, L’ETE DERNIER ?

Mes

propos ont été déformés J’ai simplement expliqué qu’à Paris les prix de pension

étaient plus élevés qu’en province, car nous avons plus de personnel. Ce sont

les chiffres de l’AFASEC : à Paris, il y a en moyenne un employé pour 2,76

chevaux, alors que le ratio est d’un employé pour 4,61 chevaux en régions.

AUJOURD’HUI,

QUAND CERTAINS VOUS REPROCHENT DE TRAVAILLER EN PRIORITE POUR LES CANTILIENS,

QUE LEUR OPPOSEZ- VOUS ?

Que

d’autres me reprochent exactement l’inverse ! Quand je travaille pour les

entraîneurs, je travaille pour tous les entraîneurs. Certes, nous exerçons un

métier individualiste et axé sur la compétition, mais il faut savoir prendre du

recul et agir pour l’intérêt général, en restant objectif. J’ai toujours agi

dans ce sens. J’ai la fibre associative, je donne beaucoup de mon temps et je

l’ai toujours fait – sans contrepartie, évidemment. J’ai défendu comme

beaucoup,  l’idée d’avoir des courses sur

P.S.F. l’hiver, à Chantilly. C’est logique, non ? Mon projet est même beaucoup

plus large : je souhaite que, pendant les trois mois d’hiver, France Galop

mette au point un programme parallèle à Cagnes et Pau, qui comprendra des

courses sur P.S.F. à Marseille-Vivaux, Pornichet, Lyon, Chantilly et Deauville.

Il est fini le temps où l’on pouvait se permettre de ne pas courir pendant

trois mois. Cela n’enlèvera rien à Cagnes et Pau (dont nous avons défendu les

P.S.F. à leur création).

LE HARAS

DU QUESNAY EST L’UN DES RARES GRANDS HARAS A NE PAS AVOIR QUITTE LE SYNDICAT

DES ELEVEURS AU MOMENT DU DEBAT SUR LES PRIMES. POUR QUELLE RAISON ?

Je pense

que l’on est plus fort en étant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Au Quesnay,

nous avons des principes. J’ai été élevée comme cela. Je pensais aussi que

cette querelle était stérile. Le Président de France Galop et son conseil

d’administration ont choisi une voie. Si on veut la contester, il faut siéger.

Mais plusieurs grands éleveurs ou propriétaires ne le souhaitent pas. C’est

dommage. Pour critiquer, il faut faire partie des instances.

COMMENT

ANALYSEZ-VOUS LA SITUATION DU GALOP FRANÇAIS, AVEC D’UN COTE LA BONNE SANTE DU

P.M.U., DE L’AUTRE LA CRISE QUI SECOUE LES PROFESSIONNELS ?

Un

cheval de course coûte cher, avec des charges incompressibles. Les bons chevaux

sont la vitrine des courses à l’international, alors que les chevaux moyens

font fonctionner le jeu et peuvent s’avérer également rentables pour leurs

propriétaires. Aujourd’hui, beaucoup de gens qui ont des chevaux sont à la

limite d’en avoir les moyens. Auparavant, le propriétaire payait pour un

cheval. À présent, dans beaucoup de cas, c’est le cheval qui doit payer pour le

propriétaire, et cela met les entraîneurs en danger. Pour aider les

propriétaires, France Galop a mis en place de bonnes choses, comme les indemnités

de transport. Le problème, c’est qu’avec l’explosion des courses partout, elles

représentent désormais un budget de onze millions d’euros ! Mais je suis pour

leur maintien ; en revanche, je suis contre l’idée de la prime au partant, car

c’est encourager la médiocrité.