Plus de cent chevaux à newmarket auraient pu être traités au stanozolol

Autres informations / 29.04.2013

Plus de cent chevaux à newmarket auraient pu être traités au stanozolol

Quelques

jours après l'annonce de la suspension de Mahmood Al Zarooni pour utilisation

de stéroïdes anabolisants, un autre entraîneur basé à Newmarket a avoué avoir

utilisé des substances prohibées, le stanozolol plus précisément, sous forme de

médicament. Il s'agit de Gerard Butler, entraîneur notamment d'Elusive city

(Elusive Quality) et de compton Admiral (Suave Dancer). Dans un entretien à The

Independent, l'entraîneur a expliqué avoir traité plusieurs de ses chevaux au

Sungate, par infiltration intra-articulaire. Ce médicament est utilisé pour

traiter les blessures aux articulations et contient donc du stanozolol. Gerard

Butler a avoué avoir commis « une terrible erreur » en acceptant l'injection de

ce médicament, prescrit par ses vétérinaires. La première aurait eu lieu en

juin 2012. Les vétérinaires lui auraient assuré que le Sungate était

régulièrement utilisé dans les écuries pour traiter les problèmes articulaires.

L'entraîneur a par ailleurs fait suivre ses livrets médicaux à la Bristish

Horseracing Association (B.H.A.), mentionnant bien l'utilisation du Sungate. La

B.H.A. n'aurait pas réagi. « Cela ne m'a jamais traversé l'esprit qu'il puisse

y avoir un problème avec ce médicament. Et, si l'on juge le fait que la B.H.A

n'a pas réagi non plus après l'avoir lu les livrets médicaux, cela n'a pas

traversé l'esprit de ses responsables non plus. Little Black Book [le cheval

traité en juin 2012, ndlr] a couru le 4 août et a gagné quelques semaines plus

tard : il était donc à l'entraînement à ce moment-là, c'est on ne peut plus

clair. Dans le relevé médical, j'ai signalé que j'avais autorisé l'utilisation

de ce médicament et mon vétérinaire l'a signé. Le Sungate a été régulièrement

utilisé par les vétérinaires avec de très bons résultats pour soigner les

blessures articulaires. » La B.H.A. n'ayant pas réagi suite à cette utilisation

du Sungate, Gerard Butler a utilisé le traitement sur cinq de ses pouliches.

Suite à un contrôle surprise de son écurie, le 20 février, la B.H.A a informé

l'entraîneur qu'un prélèvement avait été contrôlé positif. Gerard Butler a de

suite précisé que cinq de ses pouliches avaient reçu le même traitement, le 16

février. Tous les détails auraient bien été consignés dans les relevés

médicaux. Cependant, l'entraîneur a avoué s'être aussi procuré du Sungate et l'avoir

injecté à quatre poulains, entre décembre et janvier, sans l'indiquer dans ses

relevés médicaux. « Je ne l'ai pas enregistré car je savais que j'avais tort

d'établir seul un diagnostique et de soigner moi-même les

chevaux.

C'est un mauvais jugement, impardonnable, effectué simplement dans le but de

limiter les frais d'un traitement qui coûte très cher. J'ai été honnête avec la

B.H.A., puisque je les ai informés de ce que j'avais fait. Je n'essaye pas de

me justifier, juste d'expliquer ce qu'il s'est passé. Et je dois souligner que

j'ai été informé en toute bonne foi par mes vétérinaires. » Suite à cela, les

vétérinaires auraient expliqué que le Sungate aurait été utilisé sur une

centaine de chevaux à Newmarket. Ce traitement s'injecte au niveau de l'articulation

et non pas en intramusculaire (pour donner de la masse musculaire). La B.H.A

aurait par ailleurs passé, il y a un mois, un mot dans la lettre d'information

de la National Trainer's Federation, informant que le Sungate contenait du

stanozolol. Gerard Butler, qui risque une suspension de licence pour

utilisation de substance prohibée, conclut : « Je sais que je suis obligé de me

renseigner sur la conformité de tous les traitements utilisés et j'ai échoué

dans ce cas précis. Mais je suis certain que ce médicament a mal été défini par

bien d'autres personnes. » L'affaire Al Zarooni, décrite par le Times of London

comme l'affaire Armstrong des courses anglaises, semble devoir développer un

effet boule de neige. Les questions qui se posent désormais sont : combien de

chevaux se sont vu administrer du stanozolol sous forme de traitement médical ?

Combien d'entraîneurs sont concernés, à Newmarket et ailleurs ? Cela a-t-il eu

des conséquences sur les performances ? Les contrôles et vérifications des

dossiers médicaux par la B.H.A. sont-ils fiables ? Et bien d'autres encore.