Polemique apres la 64e ceremonie : faut-il supprimer la soiree

Autres informations / 06.04.2013

Polemique apres la 64e ceremonie : faut-il supprimer la soiree

PAR LA

REDACTION DE JOUR DE GALOP, AYANT SUIVI LA CEREMONIE DANS LA SALLE ET DEVANT

EQUIDIA

Il est

plutôt rare que nous recevions beaucoup de courriers en dehors des débats que

nous lançons dans les colonnes de Jour de Galop. C’est pourtant ce qui s’est

passé à la suite de 64e Cérémonie des Cravaches d’Or. Globalement, nos

lecteurs– qui l’ont majoritairement suivie devant leur poste –ont été déçus. Du

côté des gens qui étaient dans la salle, on trouve des avis plus positifs. Mais

qu’est-ce qui compte le plus : les deux cent mille téléspectateurs ayant vécu

la Cérémonie à distance… ou les quelques centaines de personnes présentes dans

la salle ? Un jugement cruel de la part de nombreux téléspectateurs « Je tiens

à vous faire part de ma consternation devant la médiocrité de la mise en scène

et de l’animation de la soirée des cravaches d’or. Les récipiendaires

méritaient mieux que ce duo d’animateurs qui n’avaient manifestement qu’un

impératif: bâcler cette soirée en une heure. Passons sur leurs tenues

vestimentaires d’un goût douteux, notamment celle de Julien Courbet… tout le

monde n’a pas un sens aigu de l’élégance.

POLEMIQUE

Mais ce

n’est pas une raison pour passer pratiquement toute la soirée avachi sur la

table haute, d’être incapable de dire trois mots sans lire ses fiches et donc

sans regarder le public, de brailler dans le micro, de poser des questions ou

de se permettre des commentaires stupides, voire déplacés, de laisser le

récipiendaire en plan au milieu de la scène, etc. Le monde des courses a besoin

d’être promu et méritait mieux que cette mascarade. Dommage pour les

récipiendaires et les parrains ou marraines qui ont pourtant tous su rester

dignes et élégants, autant dans leur attitude que dans leurs propos. Ce qui

aurait dû être une soirée de prestige à la gloire de notre passion s’est

transformé en une animation de comice agricole. Je commence à comprendre André

Fabre ! » Le courrier que nous venons de reproduire dans son intégralité nous a

été adressé par un lecteur de Nantes. Certains vont plus loin que lui, comme ce

professionnel deauvillais : « Hier soir, j’ai regardé la première partie de

l’émission de la remise des Cravaches d’Or. Quelle déception ! Les animateurs,

Julien Courbet et France Pierron, ont fait preuve de condescendance vis-à-vis

des jockeys et du monde des courses, Julien Courbet osant même appeler les

jockeys « Monsieur » avec une ironie non dissimulée. Ces animateurs, ignares

des courses, ont passé toute la soirée leur nez collé dans leurs fiches aux

textes inintéressants… » Sur un thème proche, voici un autre témoignage émanant

d’un propriétaire ayant des chevaux à l’entraînement à Calas : « Que dire de la

maladresse de France Pierron, qui lit sa fiche entièrement consacrée à Valyra

devant une Princesse Zahra manifestement très peinée en repensant à la jument

qu’elle a perdue l’an dernier. Était-il nécessaire d’insister aussi lourdement

sur ce sujet ? C’était à la fois maladroit et cela n’apportait strictement

rien. » Finissons avec un message mail qui résume un peu tous les autres : « Je

croyais que cette soirée était une fête des courses au galop. Nada ! Pour moi,

ce gala a été un flop ! »

UNE

BONNE IDEE MAL EXPLOITEE

L’idée

de cette "Cérémonie" est, en soi, excellente. Les courses au galop

ont besoin d’exister médiatiquement et organiser une soirée de gala à Paris

constitue une occasion idéale de faire parler de l’hippisme. C’est dans cet

objectif que, cette année, la "Cérémonie" était retransmise à la fois

par L’Équipe 21 et par Equidia Live. Malheureusement, beaucoup de gens ont été

déçus. La faute en revient principalement aux deux présentateurs, qui donnaient

à la fois l’impression de ne pas avoir préparé l’émission et de ne pas connaître

du tout les courses. Cela étant, comme le signalait un de nos lecteurs, que

dire des textes qu’ils étaient condamnés à lire ? Leurs fiches auraient pu –

auraient dû ? – sauver Julien Courbet et France Pierron; ce ne fut pas le cas.

Le fond du puits fut atteint quand France Pierron parla à la Princesse Zahra de

Valyra comme si cette dernière était simplement entrée au haras, alors que la

pouliche s’est tuée à Deauville l’été dernier…Même constat pour les petits

films de présentation des lauréats. Aucune émotion, aucun relief, rien qui

mette en avant la spécificité ou la beauté de notre sport.

RENDEZ-NOUS

MANUELA JOLLIVET ET PHILIPPE BOUCHARA

Pourquoi

ne pas avoir fait appel à de vrais spécialistes des courses ? À ce titre, on

regrettera particulièrement l’absence de Manuela Jollivet sur la scène, elle

qui avait apporté son amour des courses et son professionnalisme à la cérémonie

de l’an dernier, ou même de Philippe Bouchara, que l’on a connu très en verve

dans ce genre d’occasions, où son aisance et sa connaissance des courses

faisaient merveille. Les courses sont parfois un peu masochistes :

imaginerait-on les organisateurs du Ballon d’Or confier leur grande soirée à

des gens qui ne connaissent rien au football ?

QUEL

BENEFICE POUR LES COURSES ?

Quand on

y réfléchit, pour tenter de trouver des pistes pour l’avenir, le problème

principal est que la Cérémonie n’avait ni ton ni style. Prenons l’exemple des

Césars : l’Académie du 7e Art joue la carte, depuis plusieurs années, de

l’humour et de l’élégance. Et cela fonctionne. De son côté, quelle carte joue

la Cérémonie des Cravaches d’Or ? Aucune, à part celle de la vitesse… ou plutôt

de la précipitation, en tenant d’expédier en une heure ce qui ne pouvait faire

moins d’une heure trente. La Cérémonie des Cravaches d’Or n’est ni chic  (pourquoi avoir renoncé au smoking, qui

contribue au succès de la « vraie » soirée de remise des cravaches d’or à

Deauville, en août, et donne une image haut de gamme de notre sport ?), ni

drôle, ni intéressante (qu’apprend-on sur le sport courses ?). Nous évoquions

plus haut les petits films consacrés aux lauréats. Pourquoi ne pas avoir, tout

simplement, proposé au public les mille derniers mètres de la plus belle course

de l’année pour chaque lauréat ? Là, tout le monde aurait vibré, tout le monde

aurait "poussé" avec le gagnant, et tout le monde aurait ressenti ce

qui fait la beauté de notre sport. Aussi bien dans la salle que devant la

télévision. Si j’aime les courses, je veux voir des courses !!! Pourtant,

France Galop connaît la formule magique, puisque le soir du dîner de

"l’Arc", elle diffuse sur écran géant les images des courses

préparatoires. Pourquoi ne pas s’en être inspiré ?

TROIS

SCENARIOS POUR L’AVENIR

Bref, si

cette soirée doit servir à la promotion des courses au galop, notamment auprès

du public novice de L’Équipe 21, il faut la repenser de fond en comble. Ou bien

prendre la décision de l’arrêter, en réemployant sagement les moyens consacrés

à cette soirée à d’autres causes tout aussi porteuses médiatiquement, comme la

retraite des chevaux…Ou encore décider, une fois pour toutes, que cette soirée

est à usage interne (objectif : faire plaisir aux invités dans la salle, ce qui

a relativement été le cas cette année) mais, dans cette hypothèse, il vaut

mieux éviter de donner un triste spectacle en pâture à des téléspectateurs qui

aimeraient se laisser séduire par les courses.