Prix de fontainebleau (gr3) : gengis, "yes he khan !

Autres informations / 14.04.2013

Prix de fontainebleau (gr3) : gengis, "yes he khan !

Comme le

Prix de la Grotte (Gr3), le Prix de Fontainebleau (Gr3) a donné lieu à une

petite surprise, ou du moins à une révélation. Favori, le gagnant de Gr1

Morandi (Holy Roman Emperor) a été battu, comme le gagnant du Prix Thomas Bryon

(Gr3), Us Law (Lawman). La victoire est revenue à Gengis (King’s Best). Pour

lui, il n'existe pas de circonstances de course plus favorables que d'autres.

Comme les gagnants de Groupe, il effectuait une rentrée, et dans le parcours,

il a été monté en dernière position. Son jockey, Stéphane Pasquier, a commencé

à y croire à environ trois cents mètres du but et, là, Gengis a placé le

démarrage qu’il fallait pour aller battre Morandi. Dans ce succès, il faut

vraiment souligner le mérite du cheval. À 2ans, il a été capable de gagner sur

1.600m (dans le Prix de Crèvecoeur tout de même), puis sur 1.400m et enfin sur

1.200m à l’occasion du Prix Zeddaan (L). Dimanche, il était de retour sur le

mile, une distance qui n’effrayait pas George Doleuze, son entraîneur, quand

Gengis avait gagné le Prix Zeddaan : « C’est un vrai cheval de course. À 3ans,

il fera le mile sans problème sur bon terrain. » Un vrai cheval de course.

Voilà la bonne façon de qualifier Gengis. Il n’a pas le profil du plus

classique des poulains, mais il avance, ne déçoit jamais, et est capable de

grandes performances.

OBJECTIF

"POULE D’ESSAI"

Comme

Kenhope (Kendargent) dans le Prix de la Grotte, Gengis prend une autre

envergure en vue de la Poule d’Essai. Georges Doleuze a indiqué que c’était

logiquement le prochain objectif du poulain : « J’ai "corné" trois

courses sur le programme : la Poule d’Essai, le Prix Jean Prat et Deauville. La

"Poule", nous y venons et vous suivrons le programme classique

maintenant que Gengis a gagné le "Fontainebleau". Je ne l’avais pas

trop travaillé pour cette rentrée. Nous avons eu du mauvais temps cet hiver et

c’est limite tant mieux. Ça évite d’avoir un cheval trop prêt pour sa rentrée.

Gengis est vraiment un cheval super, très près du sang. Il a gagné sur 1.200m,

1.400m et 1.600m, sur des hippodromes différents, avec des tactiques

différentes et face à des chevaux différents. Avec ce cheval, il n'y a pas

grand-chose à faire. Il faut le laisser agir. J’avais dit à Stéphane d’être

patient dans la course et Gengis a refait beaucoup de terrain, face à des

chevaux de haut niveau. »

MORANDI

REPREND SES MARQUES SUR 1.600M

Il est

amusant de voir que le jumelé de ce Prix de Fontainebleau est constitué d’un

cheval rallongé et d’un autre raccourci. Deuxième, Morandi a plutôt bien couru.

Il a été contraint de venir nez au vent assez tôt, pour ne pas rester dans le

sillage de Princedargent (Kendargent) qui, trop brillant, n’offrait pas la

bonne roue. Beaucoup de chevaux à la place de Morandi auraient logiquement

craqué pour finir. Or, le gagnant du Critérium de Saint-Cloud (Gr1) a réussi à

repartir dans la phase finale après avoir repris un bol d’air. Marc Sillam, le

racing manager de l’écurie Trèves nous a expliqué après cette course de rentrée

: « Le cheval effectue une très bonne rentrée. Il a tiré, a logiquement demandé

à souffler à deux cents mètres puis il est reparti. Il avait besoin de ça,

d'autant plus que c'est un poulain important. Il ne faut pas oublier que c'est

une préparatoire. Nous ne sommes pas inquiets. » Morandi et Gengis s’étaient

déjà rencontrés, lors du Critérium du Fonds Européen de l’Élevage (L) à

Deauville. Morandi avait nettement dominé Gengis, mais l’entraîneur de ce

dernier avait expliqué « qu’il avait fait une bêtise en voulant courir cette

course ». Ils ont également effectué leurs premiers pas à Longchamp le même

jour, le 12 septembre. Gengis gagnant une "B" sur 1.400m et Morandi

s’envolant dans une "E" sur 1.600m.

UN

POTEAU UN PEU TROP LOIN POUR US LAW

Gagnant

du Prix Thomas Bryon (Gr3), Us Law effectuait également sa rentrée. Il a eu le

poids de la course sur les épaules et comme on pouvait le craindre, la distance

de 1.600m est légèrement trop longue pour lui. Pascal Bary avait aussi annoncé

qu’il pouvait manquer d’une vraie course. Néanmoins, le cheval s’est bien

défendu dans la phase finale, luttant longtemps avec Morandi. Pascal Bary nous

a expliqué : « Nous y avons cru, mais il court très bien, c'est une bonne

rentrée… Nous nous doutions que 1.600m serait le bout du monde. Il devrait courir

la "Poule" et peut-être que cette fois, il ne sera pas obligé de

faire tout le travail devant ». Derrière, Pilote (Pivotal) prend la quatrième

place. C’était son premier essai au niveau Groupe et il montre qu’il lui manque

un petit quelque chose pour l’instant pour rivaliser avec ceux qui font office

de leaders dans cette génération.

UN NEVEU

D’ASHKALANI

Le jour

des débuts de Gengis, Marc-Antoine Berghgracht, qui avait signé le bon à 23.000

euros pour acquérir le cheval en octobre 2011, à Arqana, nous avait raconté : «

C’est un achat d’amitié. Georges Doleuze et son fils sont des amis de longue

date. Sa propriétaire, Claire Stephenson, adore les chevaux gris, donc j’avais

pour mission de trouver un poulain de cette robe, dans un budget limité.

Celui-ci est bien né, car sa mère est une soeur d’Ashkalani. » Gengis est issu

d’une souche Aga Khan. Sa mère, Ashiyna (Green Desert) est restée inédite en

compétition, mais c’est une soeur d’Ashkalani (Soviet Star), gagnant de la

Poule d’Essai des Poulains et du Prix du Moulin de Longchamp (Grs1). La

troisième mère du poulain a produit Shafaraz, lauréat du Prix du Cadran (Gr1).