Rencontre avec andre de ganay, proprietaire de style vendome

Autres informations / 10.04.2013

Rencontre avec andre de ganay, proprietaire de style vendome

Le

gagnant du Prix Djebel (Gr3), Style Vendôme (Anabaa), défend des couleurs

historiques (bouton d’or, toque épinard), qui sont aujourd’hui celles du comte

André de Ganay, installé en Argentine. Cet héritier d’une longue tradition

hippique est un grand passionné.

 

JOUR DE

GALOP. – JEUDI, VOTRE REPRESENTANT STYLE VENDOME A GAGNE LE PRIX DJEBEL.

AVEZ-VOUS PU VOIR LA COURSE EN DIRECT ? COMMENT L’AVEZ-VOUS VECUE ?

André de

Ganay. – J’ai vu la course plusieurs fois, de mon bureau, au moyen d’Internet,

et j’ai été très impressionné par son accélération finale.

AVEZ-VOUS

DESORMAIS UNE PREFERENCE ENTRE LES 2.000 GUINEES DE NEWMARKET ET LA POULE

D’ESSAI ?

Je

laisse la décision finale à Nicolas Clément, qui est beaucoup plus qualifié que

moi.

ACTUELLEMENT,

COMBIEN DE CHEVAUX AVEZ-VOUS A L’ENTRAINEMENT ? COMMENT LES ACHETEZ-VOUS ?

ETES-VOUS

ELEVEUR

?

J’ai

cinq chevaux à l’entraînement chez Nicolas Clément, en association avec

Christian Baillet. Nous achetons tous les ans trois poulains à Deauville. Et en

Argentine, j’ai aussi une dizaine de chevaux à l’entraînement

VOTRE

CASAQUE (JAUNE, TOQUE VERTE… OU PLUTOT BOUTON D’OR, TOQUE EPINARD !) EST

HISTORIQUE. QUELLE EST SON HISTOIRE ? QUEL MEMBRE DE VOTRE FAMILLE L’A CREEE ?

Mes

couleurs datent de la fin du XIXe siècle. Je crois que c’est le frère de mon

grand-père qui les a choisies.

COMMENT

AVEZ-VOUS CONNU VOTRE ASSOCIE CHRISTIAN BAILLET ?

Christian

est un vieil ami qui, comme moi, est un passionné de chevaux. Il était axé sur

les chevaux de concours hippique. Je l’ai persuadé de s’intéresser aussi aux

chevaux de course.

VOTRE

NOM EST ASSOCIE A LA CELEBRE BIERE QUILMES EN ARGENTINE. QUE REPRESENTE CETTE

MARQUE EN AMERIQUE

DU SUD ?

Quilmes

est la plus grande et traditionnelle brasserie d’Argentine. Elle a été créée

par mon grand-père maternel.

JEAN DE

GANAY A ETE PRESIDENT DE LA SOCIETE D’ENCOURAGEMENT, L’ANCETRE DE FRANCE GALOP.

QUELS SONT VOS LIENS DE PARENTE ?

Jean de

Ganay est mon grand-père. Il a gagné en 1911 le Grand Prix de Paris avec As

d’Atout.

VOUS

VIVEZ EN ARGENTINE. AVEZ-VOUS L’OCCASION DE VENIR EN FRANCE VOIR VOS CHEVAUX ?

Je me

rends deux fois par an en France et je compte bien venir voir courir Style

Vendôme au mois de mai.

UNE

BONNE POULICHE A COURU EN 2012 SOUS VOS COULEURS, YELLOW AND GREEN. QUE

REPRESENTE-T-ELLE POUR

VOUS ?

Yellow

and Green nous a donné d’énormes satisfactions. C’est de loin la meilleure

pouliche que nous ayons eue.


 

CHRISTIAN

BAILLET : « UN ESPRIT D’EQUIPE AVEC ANDRE DE GANAY ET NICOLAS CLEMENT »

Christian

Baillet est associé dans la propriété de Style Vendôme. Il est propriétaire en

France depuis de longues années, en association avec le comte André de Ganay.

Il nous a expliqué comment fonctionnait leur équipe et comment il vit leur

aventure avec Style Vendôme.

JOUR DE

GALOP. – OU ETIEZ-VOUS LE JOUR DE LA VICTOIRE DE STYLE VENDOME DANS LE PRIX

DJEBEL ?

Christian

Baillet. – J’étais en Argentine ! Mais, bien qu’à l’étranger, j’ai pu suivre la

course en direct. La victoire est une chose, mais je retiens surtout la

manière. C’est aussi important que le succès, surtout dans des préparatoires comme

le Prix Djebel. J’ai discuté ensuite avec Nicolas Clément et Thierry Thulliez.

Le cheval n’a pas eu une course dure et a bien récupéré. Ce n’était pas une

victoire acquise dans la douleur. Dans le "Djebel" comme dans le

"Montenica",il a eu l’ouverture tard, mais à chaque fois il a pu

passer et faire parler son accélération.

VOTRE

ASSOCIE ANDRE DE GANAY NOUS A DIT LAISSER NICOLAS CLEMENT CHOISIR ENTRE LES

2.000 GUINEES DE NEWMARKET OU LA POULE D’ESSAI. ET VOUS, QUELLE EST VOTRE

PREFERENCE?

Chaque

course est possible, mais j’ai une légère préférence pour Newmarket. Pour deux

raisons. Les conditions de parcours et de terrain lui seront sans doute plus

favorables à Newmarket. Et, également, à Longchamp, on s’expose à une épreuve

avec beaucoup de partants avec les ennuis de parcours que cela implique et des

numéros à la corde qui ont une grande importance. A priori, en Angleterre, nous

n’aurons pas ce type de problème.

DEPUIS

QUAND ETES-VOUS PROPRIETAIRE ET COMBIEN DE CHEVAUX AVEZ-VOUS A L’ENTRAINEMENT ?

Cela

fait maintenant douze ans que je suis propriétaire, en association avec le

comte André de Ganay. Chaque année, nous avons entre deux et cinq chevaux à

l’entraînement. Nous avons eu un peu de réussite ces dernières années, avec

Yellow and Green notamment, qui a gagné un Gr2 pour nous et qui a été vendue

avant de courir l'“Arc”. Nous avons également eu du succès avec Vaniloquio et

Saturnine, qui ont gagné au niveau Listed.

COMMENT

LES ACHETEZ-VOUS ?

Nous

avons presque toujours acheté aux ventes d’août à Deauville. Je m’intéresse de

près aux pedigrees et nous faisons une sélection sur le catalogue avec André de

Ganay. Ensuite, nous proposons entre dix à quinze yearlings à Nicolas Clément

qui va les inspecter et effectue sa sélection parmi ceux-là. Jamais nous

n’avons acheté un cheval qui ne convient pas à Nicolas. Nous sommes également

contre le chèque en blanc qui consisterait à donner un budget à l’entraîneur qui

achètera seul. Nous souhaitons être associés au choix des chevaux que nous

achetons. Nous ne faisons pas de folie, même si nous achetons à des prix assez conséquents.

Notre méthodologie se base sur l’étude du "papier" et aussi sur

l’oeil de Nicolas Clément, qui est reconnu par beaucoup pour savoir acheter les

chevaux.

ETES-VOUS

ELEVEUR ?

De

chevaux de course, non. Je n’ai jamais passé le cap. En revanche, ma première

passion est le jumping et les chevaux de sport. Dans ce domaine, j’ai mon haras,

m’investis dans des compétitions et je suis également éleveur.

QUELS

SONT VOS LIENS AVEC ANDRE DE GANAY ?

Nous

n’avons pas de liens familiaux, mais des liens d’amitié et professionnels. Mes

activités dans la finance m’ont amené à gérer certains de ses actifs ou à

présider dans des conseils d’administrations de groupes avec lesquels il avait

un lien.

COMMENT

S'EFFECTUE LA REPARTITION DES CHEVAUX ENTRE LES COULEURS DU COMTE DE GANAY ET

LES VOTRES ?

Il n’y a

pas vraiment de règle. Il arrive que certains de nos chevaux courent sous mes

couleurs, comme ce fut le cas de Vaniloquio. Mais en règle générale, ils sont

sous les couleurs d’André de Ganay. Il possède des couleurs historiques et

classiques et c’est important pour lui que nos chevaux soient sous ses

couleurs.

ON VOIT

RAREMENT VOS CHEVAUX DEBUTER A 2ANS. EST-CE UNE VOLONTE DE VOTRE PART ?

Oui, car

nous privilégions une carrière à 3ans. Quand on voit la qualité de Yellow and

Green, on se dit qu’elle aurait presque pu débuter à 2ans, mais son entraîneur

estimait qu’elle n’était pas encore mature pour ça. Ce n’était pas nécessaire

pour nous de courir juste pour débuter à 2ans. Parfois, nous faisons des

exceptions, comme avec Vaniloquio, qui a couru neuf épreuves à 2ans. Mais

Vaniloquio était un cheval avec de la précocité, qui n’avait aucun souci de

santé ou de récupération. Alors, avec lui, nous avons pas mal couru à 2ans ; en

plus de la santé, il avait du moral.

VOUS

AVEZ PEU DE CHEVAUX D’AGE. EST-CE VOULU ?

Oui,

mais plus par pragmatisme que par conviction. Il y a quelques années, j’ai

gardé des chevaux d’âge à l’entraînement. Dans un cas général, j’ai été plutôt

déçu qu’autre chose. L’idée de développer un cheval sur plusieurs années est

statistiquement difficile. Nous nous focalisons sur l’année de 3ans, quitte à

ne pas courir à 2ans et sans viser dans la durée.

ENFIN,

COMMENT FONCTIONNE VOTRE EQUIPE AVEC NICOLAS CLEMENT?

Nous

sommes opposés aux changements d’équipe (entraîneur, jockey) au moindre

problème. En cas de souci, nous préfèrons en parler et régler cela avec les

gens concernés, en harmonie. Nous avons toujours eu des chevaux chez Nicolas

Clément et, actuellement, nous avons une bonne réussite. Nous jouons également

à fond la carte de la France. Sans figurer dans les premiers top prices, nous achetons

à des prix conséquents, à Deauville, sur le marché sélectif du mois d’août.

Nous avons toujours investi dans le haut de gamme, dans de bonnes lignées.

C’est un effort financier, mais qui permet de temps en temps, sans avoir

beaucoup de chevaux, de tomber sur un cheval qui sort vraiment de l’ordinaire.