Dans les berceaux français de toronado

Autres informations / 04.05.2013

Dans les berceaux français de toronado

L’Angleterre

va donner le coup d’envoi de la saison classique, samedi à Newmarket, avec les

2.000 Guinées (Gr1). Le cofavori de la course, Toronado (High Chaparral), a été

élevé par Paul Nataf. Il a grandi entre le Haras d’Angeville et celui d’Omméel,

en Normandie. Nous avons retracé sa jeunesse, avec les témoignages de Paul

Nataf, Guillaume Girard (Haras d’Angeville) et Hubert Honoré (Haras d’Omméel).

Retour sur l’histoire d’un poulain de grande classe.

GUILLAUME

GIRARD : « FOAL, TORONADO ETAIT DEJA AU-DESSUS DU LOT »

Toronado

(High Chaparral) est né en Irlande, mais a grandi ensuite en France, au Haras

d’Angeville. Guillaume Girard, l’un des propriétaires de ce haras situé à Reux,

dans le Calvados, nous parle du poulain : « Toronado est né en 2010, et nous

avions eu beaucoup de beaux foals cette année-là, au haras. Mais, physiquement,

il était au-dessus du lot. C’était un très beau foal : grand, athlétique, avec

beaucoup d’os. Il était très signé High Chaparral, avec cependant une

particularité. Ce qui nous avait marqué, à l’époque, c’est qu’il avait déjà une

avant-main très éclatée pour un produit de High Chaparral. Ce dernier donne

souvent des poulains avec un poitrail assez étroit. Cela n’était pas le cas de

Toronado. » C’est en effet avant tout physiquement que Toronado faisait

impression. « Foal, il avait déjà du caractère, il était très joueur, comme

beaucoup de poulains. Mais c’est vraiment physiquement qu’il nous a marqués. Il

est arrivé chez nous avec sa mère. Nous l’avons sevré, et ensuite, le 1er

décembre, il est parti pour le Haras d’Omméel. »

ANGEVILLE

: COMMENT ÇA "MARCHE" ?

Le Haras

d’Angeville s’étend sur trente-cinq hectares, avec vingt boxes à disposition. «

Nous sommes un petit haras, explique Guillaume Girard. Nous ne sommes pas dans

une dimension commerciale. Notre objectif est de remplir nos boxes. Ce qui est

très important, pour nous, c’est la qualité de nos terres. On répartit nos

effectifs au mieux pour qu’elles restent saines. Nous menons beaucoup

d’analyses pour offrir les meilleurs pâturages possibles à nos chevaux et

combler nos éventuelles carences. Nous avons aussi des paddocks avec de longues

lignes droites pour que les jeunes chevaux puissent bien bouger. D’ailleurs,

nous avons la réputation de donner des chevaux solides, qui gagnent ensuite en

compétition. Nous avons aussi beaucoup fait pour l’alimentation des chevaux ne

prenant que de l’avoine, de l’orge et des compléments minéraux. Que du naturel.

»

MONTARE

ET KRUGUYROVA, PARMI LES CHEVAUX LES PLUS CELEBRES PASSES A ANGEVILLE

Parmi

les chevaux ayant grandi au Haras d’Angeville, on peut en effet citer montare

(Montjeu). « Toronado est parti de chez nous alors qu’il était encore foal.

Montare a grandi au haras et est resté jusqu’à la moitié de son année de

yearling. C’était justement une jument très solide et très bonne : elle a

notamment gagné le Prix Royal Oak (Gr1). Nous nous sommes aussi occupés de

Kruguyrova (Muhtathir), qui s’est illustrée en obstacles. Et il y en a eu

d’autres... » Le Haras d’Angeville a été acheté par Michel Girard en 1982. «

Mon père était auparavant éleveur sans terre. Il a acheté le Haras d’Angeville

en 1982. Paul Nataf, l’éleveur de Toronado, travaillait déjà avec mon père

avant. C’est donc une affaire familiale que ses enfants gèrent aujourd’hui.

Nous sommes naturellement venus à nous intéresser à l’élevage et aux courses.

Je suis assureur. Nous avons deux personnes qui travaillent ici à temps plein,

et depuis longtemps. » Guillaume Girard ne pourra pas être à Newmarket pour

voir Toronado courir. « Je ne serai pas là-bas, mais je vais évidemment suivre

sa course à la télévision. J’espère qu’il y aura un beau duel entre Toronado et

Dawn Approach. Allez Toronado et allez la France ! »